[1] Τὸν Ἀλεξάνδρου τοῦ βασιλέως βίον καὶ τὸν Καίσαρος,
ὑφ´ οὗ κατελύθη Πομπήϊος, ἐν τούτῳ τῷ βιβλίῳ γράφοντες,
διὰ τὸ πλῆθος τῶν ὑποκειμένων πράξεων οὐδὲν
ἄλλο προεροῦμεν ἢ παραιτησόμεθα τοὺς ἀναγινώσκοντας,
ἐὰν μὴ πάντα μηδὲ καθ´ ἕκαστον ἐξειργασμένως τι τῶν
περιβοήτων ἀπαγγέλλωμεν, ἀλλ´ ἐπιτέμνοντες τὰ πλεῖστα,
μὴ συκοφαντεῖν. (2) οὔτε γὰρ ἱστορίας γράφομεν, ἀλλὰ
βίους, οὔτε ταῖς ἐπιφανεστάταις πράξεσι πάντως ἔνεστι
δήλωσις ἀρετῆς ἢ κακίας, ἀλλὰ πρᾶγμα βραχὺ πολλάκις
καὶ ῥῆμα καὶ παιδιά τις ἔμφασιν ἤθους ἐποίησε μᾶλλον
ἢ μάχαι μυριόνεκροι καὶ παρατάξεις αἱ μέγισται καὶ
πολιορκίαι πόλεων. (3) ὥσπερ οὖν οἱ ζῳγράφοι τὰς ὁμοιότητας
ἀπὸ τοῦ προσώπου καὶ τῶν περὶ τὴν ὄψιν εἰδῶν
οἷς ἐμφαίνεται τὸ ἦθος ἀναλαμβάνουσιν, ἐλάχιστα τῶν
λοιπῶν μερῶν φροντίζοντες, οὕτως ἡμῖν δοτέον εἰς τὰ
τῆς ψυχῆς σημεῖα μᾶλλον ἐνδύεσθαι, καὶ διὰ τούτων
εἰδοποιεῖν τὸν ἑκάστου βίον, ἐάσαντας ἑτέροις τὰ μεγέθη
καὶ τοὺς ἀγῶνας.
| [1] I. Alexandri regis et Caesaris (eius qui Pompeium euertit)
uitas hoc libro perscripturos ipsa rerum propositarum
magnitudo iubet nihil aliud praefari, quam uti a lectore petamus,
si non omnia hominum sermonibus celebrata facta,
neque singula accurate, sed pleraque compendio exponemus,
ut ne id uitio nobis det. (2) Non enim historias, sed uitas
scribimus; neque semper clarissimis factis uirtutis aut uitii
insunt indicia, quia imo saepe exigua quaedam res dictumue
aut iocus plus de ingenio alicuius documenti praebet, quam
immensa hostium strages edita, maximae pugnae, urbiumue
oppugnationes. (3) Itaque sicuti pictores uultu et habitu externo
faciei ex quibus potissimum natura hominis apparet
similitudines exprimunt, minima reliquarum partium habita
ratione; ita nobis quoque concedendum est, ut signa
animi colligentes, iis uitam uniuscuiusque depingamus,
aliis magnitudinem factorum et certamina relinquentes.
| [1] I. La vie d'Alexandre, roi de Macédoine, et celle de César, le vainqueur de Pompée, que je me propose
d'écrire dans ce volume , m'offrent un si grand nombre de faits importants, que, pour toute préface
à cet ouvrage, je prierai mes lecteurs de ne pas me faire un crime si, au lieu de raconter en
détail toutes ces actions célèbres, je me contente d'en rapporter en abrégé la plus grande partie. Je
n'écris pas des histoires, mais des vies ; d'ailleurs ce n'est pas toujours dans les actions les plus
éclatantes que se montrent davantage les vertus ou les vices des hommes. Une action ordinaire, une
parole, un badinage font souvent mieux connaître le caractère d'un homme que des batailles sanglantes,
des siéges et des actions mémorables. Les peintres prennent la ressemblance de leurs portraits
dans les yeux et les traits du visage, où le naturel et les moeurs éclatent plus sensiblement; ils
soignent beaucoup moins les autres parties du corps.
Qu'il me soit de même permis de pénétrer dans les plus secrets replis de l'âme, afin d'y saisir les
traits les plus marqués du caractère, et de peindre, d'après ces signes, la vie de ces deux grands hommes,
en laissant à d'autres le détail des combats et des actions les plus éclatantes.
|