HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Alexandre

Chapitre 2

  Chapitre 2

[2] Ἀλέξανδρος ὅτι τῷ γένει πρὸς πατρὸς μὲν ἦν
Ἡρακλείδης ἀπὸ Καράνου, πρὸς δὲ μητρὸς Αἰακίδης
ἀπὸ Νεοπτολέμου, τῶν πάνυ πεπιστευμένων ἐστί. λέγεται
δὲ Φίλιππος ἐν Σαμοθρᾴκῃ τῇ Ὀλυμπιάδι συμμυηθείς,
αὐτός τε μειράκιον ὢν ἔτι κἀκείνης παιδὸς ὀρφανῆς γονέων
ἐρασθῆναι, καὶ τὸν γάμον οὕτως ἁρμόσαι, πείσας τὸν
ἀδελφὸν αὐτῆς Ἀρύββαν. (2) μὲν οὖν νύμφη πρὸ τῆς
νυκτός, συνείρχθησαν εἰς τὸν θάλαμον, ἔδοξε βροντῆς
γενομένης ἐμπεσεῖν αὐτῆς τῇ γαστρὶ κεραυνόν, ἐκ δὲ
τῆς πληγῆς πολὺ πῦρ ἀναφθέν, εἶτα ῥηγνύμενον εἰς φλόγας
πάντῃ φερομένας διαλυθῆναι. δὲ Φίλιππος ὑστέρῳ
χρόνῳ μετὰ τὸν γάμον εἶδεν ὄναρ αὑτὸν ἐπιβάλλοντα
σφραγῖδα τῇ γαστρὶ τῆς γυναικός? δὲ γλυφὴ τῆς
σφραγῖδος ὡς ᾤετο λέοντος εἶχεν εἰκόνα. (3) τῶν δ´ ἄλλων
μάντεων ὑφορωμένων τὴν ὄψιν, ὡς ἀκριβεστέρας φυλακῆς
δεομένων τῷ Φιλίππῳ τῶν περὶ τὸν γάμον, Ἀρίστανδρος
Τελμησσεὺς κύειν ἔφη τὴν ἄνθρωπον? οὐθὲν γὰρ
ἀποσφραγίζεσθαι τῶν κενῶν? καὶ κύειν παῖδα θυμοειδῆ
καὶ λεοντώδη τὴν φύσιν. (4) ὤφθη δέ ποτε καὶ δράκων κοιμωμένης
τῆς Ὀλυμπιάδος παρεκτεταμένος τῷ σώματι, καὶ
τοῦτο μάλιστα τοῦ Φιλίππου τὸν ἔρωτα καὶ τὰς φιλοφροσύνας
ἀμαυρῶσαι λέγουσιν, ὡς μηδὲ φοιτᾶν ἔτι πολλάκις
παρ´ αὐτὴν ἀναπαυσόμενον, εἴτε δείσαντά τινας μαγείας
ἐπ´ αὐτῷ καὶ φάρμακα τῆς γυναικός, εἴτε τὴν ὁμιλίαν ὡς
κρείττονι συνούσης ἀφοσιούμενον. (5) ἕτερος δὲ περὶ τούτων
ἐστὶ λόγος, ὡς πᾶσαι μὲν αἱ τῇδε γυναῖκες ἔνοχοι τοῖς
Ὀρφικοῖς οὖσαι καὶ τοῖς περὶ τὸν Διόνυσον ὀργιασμοῖς ἐκ
τοῦ πάνυ παλαιοῦ, Κλώδωνές τε καὶ Μιμαλλόνες ἐπωνυμίαν
ἔχουσαι, πολλὰ ταῖς Ἠδωνίσι καὶ ταῖς περὶ τὸν
Αἷμον Θρῄσσαις ὅμοια δρῶσιν? ἀφ´ ὧν δοκεῖ καὶ τὸ
θρησκεύειν ὄνομα ταῖς κατακόροις γενέσθαι καὶ περιέργοις
ἱερουργίαις? δ´ Ὀλυμπιὰς μᾶλλον ἑτέρων ζηλώσασα τὰς
κατοχάς, καὶ τοὺς ἐνθουσιασμοὺς ἐξάγουσα βαρβαρικώτερον,
ὄφεις μεγάλους χειροήθεις ἐφείλκετο τοῖς θιάσοις,
οἳ πολλάκις ἐκ τοῦ κιττοῦ καὶ τῶν μυστικῶν λίκνων
παραναδυόμενοι καὶ περιελιττόμενοι τοῖς θύρσοις τῶν
γυναικῶν καὶ τοῖς στεφάνοις, ἐξέπληττον τοὺς ἄνδρας.
[2] II. Extra omnem positum est controuersiam, paternum genus Alexandri per Caranum ab Hercule, maternum ab Aeaco per Neoptolemum tractum fuisse. Philippum in Samothracia adolescentem adhuc sacris initiatum perhibent una cum Olympiade parentibus orba et amore correptum, a fratre eius Arymba coniugium impetrasse. (2) Sponsa ante eam noctem, qua thalamo coniuncti sunt, imaginata est edito tonitru fulmen in uentrem suum incidisse, eoque ex ictu copiosum ignem accensum in flammes passim dissipatas abiisse. Et Philippus aliquanto post nuptias tempore in somnis sibi uisus est uterum uxoris obsignasse annulo, cui leonis esset insculpta imago. (3) Quod insomnium quum in malam partem reliqui harioli acciperent, accuratiusque custodiendam Philippo coniugem dicerent, Aristander Telmesius concepisse eam affirmauit (nihil enim inane obsignari) et parituram filium animosum leonisque ingenio praeditum. (4) Visus quoque ei aliquanto est draco iuxta corpus dormientis Olympiadis porrectus, eoque maxime amorem Philippi et familiaritatem cum uxore diminutam aiunt, minusque eum posthac crebro cum ea concubuisse, siue ab ea fascinationes quasdam et ueneficium metuerit, siue eius, cum qua praestantioris quispiam naturae rem haberet, consuetudinem abominatus sit. (5) Fertur et alius hac de re sermo. Mulieres eius regionis Orphicis omnes Bacchicisque orgiis antiquitus obnoxim Clodonesque et Mimallones cognominatae, multa Edonidum et Thressarum (quae in Thracia apud Haemum montem agunt, unde uidetur ductum ut sacrificiis immodicis et superstitiosis uacare g-threhskeuein dicatur factis germana perpetrant. Huiusmodi furorem prae ceteris affectans Olympias, solennibus hacchationibus barbaricum superaddens horrorem magnos angues cicuratos thiasis addebat, qui saepenumero ex hedera et mystica uanno prorepentes hastasque mulierum et serta circumplicantes, uirus perterrebant. [2] II. Il passe pour constant que du côté paternel Alexandre descendait d'Hercule par Caranus ; et que du côté de sa mère il remontait, par Néoptolème, jusqu'à Achille. On dit que Philippe étant à Samothrace, dans sa première jeunesse, y fut initié aux mystères avec Olympias, alors enfant, et orpheline de père et de mère. Il en devint amoureux ; et après avoir obtenu le consentement d'Arymbas, frère de cette princesse, il l'épousa. La nuit qui précéda celle de leur entrée dans la chambre nuptiale, Olympias songea qu'à la suite d'un grand coup de tonnerre, la foudre était tombée sur elle et avait allumé un grand feu, qui, après s'être divisé en plusieurs traits de flamme, se dissipa promptement. Philippe, de son côté, quelque temps après son mariage, songea qu'il scellait le sein de sa femme, et que le cachet portait l'empreinte d'un lion. Les devins, regardant ce songe comme suspect, conseillèrent à Philippe de veiller avec soin sur sa femme; mais Aristandre de Telmisse dit que ce songe marquait la grossesse de la reine; « car, ajouta-t-il, on ne scelle point des vaisseaux vides; et Olympias porte dans son sein un fils qui aura le courage d'un lion.» On vit aussi, pendant qu'Olympias dormait, un dragon étendu auprès d'elle; et l'on prétend que ce fut surtout cette vision qui refroidit l'amour et les témoignages de tendresse de Philippe, qui depuis n'alla plus si souvent passer la nuit avec elle; soit qu'il craignît de sa part quelques maléfices ou quelques charmes magiques, soit que par respect il s'éloignât de sa couche, qu'il croyait occupée par un être divin. On rapporte à ce sujet une autre tradition : les femmes de cette contrée sont, dit-on, sujettes, de toute ancienneté, à être possédées de l'esprit d'Orphée et de la fureur divine qu'inspire le dieu Bacchus, d'où leur vient le nom de Clodones et de Mimallones ; elles ont à peu près les mêmes pratiques que les femmes édoniennes et thraciennes, qui habitent les environs du mont Hémus. Il semble même que c'est des cérémonies qu'observent ces dernières femmes qu'est dérivé le mot grec g-threhskeuein, qui signifie exercer un culte superstitieux. Olympias, plus livrée que les autres femmes à ces superstitions fanatiques, y mêlait des usages encore plus barbares; et traînait souvent après elle, dans les choeurs de danses, des serpents privés, qui, se glissant hors des corbeilles et des vans mystiques où on les portait, et s'entortillant autour des thyrses de ces bacchantes, jetaient l'effroi parmi les assistants.


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Dernière mise à jour : 8/02/2005