[4] Τὴν μὲν οὖν ἰδέαν τοῦ σώματος οἱ Λυσίππειοι μάλιστα
τῶν ἀνδριάντων ἐμφαίνουσιν, ὑφ´ οὗ μόνου καὶ
αὐτὸς ἠξίου πλάττεσθαι. καὶ γὰρ ὃ μάλιστα πολλοὶ
τῶν διαδόχων ὕστερον καὶ τῶν φίλων ἀπεμιμοῦντο, τήν
τ´ ἀνάτασιν τοῦ αὐχένος εἰς εὐώνυμον ἡσυχῇ κεκλιμένου
καὶ τὴν ὑγρότητα τῶν ὀμμάτων, διατετήρηκεν ἀκριβῶς
ὁ τεχνίτης. Ἀπελλῆς δὲ γράφων αὐτὸν κεραυνοφόρον,
οὐκ ἐμιμήσατο τὴν χρόαν, ἀλλὰ φαιότερον καὶ πεπινωμένον
ἐποίησεν. ἦν δὲ λευκός, ὥς φασιν? ἡ δὲ λευκότης ἐπεφοίνισσεν
αὐτοῦ περὶ τὸ στῆθος μάλιστα καὶ τὸ πρόσωπον.
ὅτι δὲ τοῦ χρωτὸς ἥδιστον ἀπέπνει καὶ τὸ στόμα κατεῖχεν
εὐωδία καὶ τὴν σάρκα πᾶσαν, ὥστε πληροῦσθαι τοὺς
χιτωνίσκους, ἀνέγνωμεν ἐν ὑπομνήμασιν Ἀριστοξενείοις ?
αἰτία δ´ ἴσως ἡ τοῦ σώματος κρᾶσις, πολύθερμος
οὖσα καὶ πυρώδης? ἡ γὰρ εὐωδία γίνεται πέψει τῶν
ὑγρῶν ὑπὸ θερμότητος, ὡς οἴεται Θεόφραστος.
ὅθεν οἱ ξηροὶ καὶ διάπυροι τόποι τῆς οἰκουμένης τὰ
πλεῖστα καὶ κάλλιστα τῶν ἀρωμάτων φέρουσιν? ἐξαιρεῖ
γὰρ ὁ ἥλιος τὸ ὑγρόν, ὥσπερ ὕλην σηπεδόνος ἐπιπολάζον
τοῖς σώμασιν. Ἀλέξανδρον δ´ ἡ θερμότης τοῦ σώματος
ὡς ἔοικε καὶ ποτικὸν καὶ θυμοειδῆ παρεῖχεν.
Ἔτι δ´ ὄντος αὐτοῦ παιδὸς ἥ τε σωφροσύνη διεφαίνετο
τῷ πρὸς τἆλλα ῥαγδαῖον ὄντα καὶ φερόμενον σφοδρῶς ἐν
ταῖς ἡδοναῖς ταῖς περὶ τὸ σῶμα δυσκίνητον εἶναι καὶ μετὰ
πολλῆς πρᾳότητος ἅπτεσθαι τῶν τοιούτων, ἥ τε φιλοτιμία
παρ´ ἡλικίαν ἐμβριθὲς εἶχε τὸ φρόνημα καὶ μεγαλόψυχον.
οὔτε γὰρ ἀπὸ παντὸς οὔτε πᾶσαν ἠγάπα δόξαν, ὡς Φίλιππος
λόγου τε δεινότητι σοφιστικῶς καλλωπιζόμενος, καὶ
τὰς ἐν Ὀλυμπίᾳ νίκας τῶν ἁρμάτων ἐγχαράττων τοῖς
νομίσμασιν, ἀλλὰ καὶ τῶν περὶ αὐτὸν ἀποπειρωμένων, εἰ
βούλοιτ´ ἂν Ὀλυμπίασιν ἀγωνίσασθαι στάδιον, ἦν γὰρ
ποδώκης, "εἴ γε" ἔφη "βασιλεῖς ἔμελλον ἕξειν ἀνταγωνιστάς".
φαίνεται δὲ καὶ καθόλου πρὸς τὸ τῶν ἀθλητῶν
γένος ἀλλοτρίως ἔχων? πλείστους γέ τοι θεὶς ἀγῶνας οὐ
μόνον τραγῳδῶν καὶ αὐλητῶν καὶ κιθαρῳδῶν, ἀλλὰ καὶ
ῥαψῳδῶν θήρας τε παντοδαπῆς καὶ ῥαβδομαχίας, οὔτε
πυγμῆς οὔτε παγκρατίου μετά τινος σπουδῆς ἔθηκεν ἆθλον.
| [4] IV. Corporis figuram statuae Lysippi, a quo etiam solo
fingi uoluit, potissimum exprimant. Multi enim admodum
postea successorum et amicorum imitati sunt Alexandrum
ceruicis leui in sinistram partem inflexione, oculorumque
mollitie, quae artifex accurate effinxit. Apelles autem quum
fulminigerum pingeret, colorem eius non est imitatus, sed
squalidum et subfuscmn fecit. Etenim album fuisse ferunt,
ruboremque in pectore praesertim et facie albedini admixtum
habuisse. (2) Suauissimum odorem ab ore et uniuersa
eius carne exhalasse, ita ut et tunicae fragrantia repletae
inde sint, in Aristoxeni legimus commentariis. Causa fortassis
fuit calidum et igneum corporis temperamentum.
Bonus enim odor, si Theophrasto credimus, exsistit, quum
humores a calore coquuntur. Itaque siccae et torridae orbis
terrarum partes plurima et optima gignunt aromata,
quod sol humorem, qui in summis corporibus ueluti materia
putredinis innatat, exhaurit. Et consentaneum est
Alexandrum ob calorem corporis bihacem iracundumque
fuisse. (3) Quum puer etiamnum esset, modestia in eo
eluxit, quod quum ad alias res magno impetu ferretur, ad
corporis uoluptates neque facile alliciebatur, et modice admodum
iis utebatur. In cupiditate honorum grauitas ei
praeter aetatem et magnanimitas aderat. Non enim quosuis,
neque a quibusuis, honores gratos habebat; secus
quam Philippus, qui rhetoris in morem arte dicendi se
ostentabat, Olympicas curruum uictorias nomismati insculpebat :
quin et familiaribus quaerentibus, uelletne
Olympiae in stadio decurrere (erat enim pedibus uelox),
Si quidem, respondit, reges sint mecum decertaturi.
(4) Videturque omnino animum ab athletico genere alienum
habuisse. Quum enim plurima certamina non tragoedorum
modo, tibicinum citharoedorumque edidisset, sed
rhapsodorum etiam, tum uenationes, et fustuarias pugnas,
nunquam serio praemium pugilibus et pancratio proposuit.
| [4] IV. La forme de son corps n'est nulle part mieux représentée que dans les statues de Lysippe, le seul
statuaire auquel Alexandre eût permis de le jeter en fonte. Plusieurs de ses successeurs et de
ses amis affectèrent bien dans la suite d'imiter les manieres de ce héros ; mais Lysippe fut le seul
qui rendit parfaitement l'attitude de son cou qu'il penchait un peu sur l'épaule gauche, et la douceur
qui paraissait dans ses yeux. Apelle, qui le peignit sous la forme de Jupiter armé de la foudre,
ne sut pas saisir la couleur de son teint; il la fit plus brune et plus sombre qu'elle n'était
naturellement; car Alexandre avait la peau très blanche, et cette blancheur était relevée par une
teinte d'incarnat plus marquée sur son visage et sur sa poitrine que dans le reste du corps. J'ai lu,
dans les Mémoires d'Aristoxène, que sa peau sentait bon; qu'il s'exhalait de sa bouche et de tout son
corps une odeur agréable, qui parfumait ses vêtements. Cela venait peut-être de la chaleur de son
tempérament, qui était tout de feu ; car, selon Théophraste, la bonne odeur est la suite de l'élaboration
parfaite que la chaleur naturelle donne aux humeurs. Aussi les pays les plus secs et les plus
chauds sont ceux qui produisent avec plus d'abondance les meilleurs aromates, parce que le soleil
y pompe toute l'humidité qui, répandue sur la surface des corps, est un principe de corruption.
C'était sans doute de cette chaleur naturelle que venait le courage d'Alexandre et son goût pour le vin.
Il fit connaître dès son enfance qu'il serait tempérant dans les plaisirs; impétueux et ardent
pour tout le reste, il était peu sensible aux voluptés, et n'en usait qu'avec modération : au contraire,
l'amour de la gloire éclatait déjà en lui avec une force et une élévation de sentiments bien supérieures
à son âge. Mais il n'aimait pas toute espèce de gloire, et ne la cherchait pas indifféremment
en tout, comme son père Philippe, qui ambitionnait, avec une vanité de sophiste, celle
de l'éloquence, et faisait graver sur sa monnaie les victoires qu'il avait remportées aux jeux olympiques.
Les amis d'Alexandre lui demandèrent un jour s'il n'irait pas disputer à ces jeux le prix de
la course, à laquelle il était très léger : «Je m'y présenterais, leur dit-il, si je devais avoir des
rois pour rivaux.» En général il eut de l'éloignement pour les exercices des athlètes ; et quoiqu'il
eût souvent fait célébrer des jeux où il proposait des prix pour les poètes tragiques, pour les
joueurs de flûte et de lyre, et même pour les rapsodes (23); quoiqu'il eût donné des combats de
gladiateurs et de toute espèce d'animaux, jamais il ne proposa, du moins avec plaisir, les combats du
ceste et du pancratium (24).
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