HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Alexandre

Chapitre 69

  Chapitre 69

[69] Ἐν δὲ Πέρσαις πρῶτον μὲν ἀπέδωκε τὸ νόμισμα
ταῖς γυναιξίν, ὥσπερ εἰώθεισαν οἱ βασιλεῖς, ὁσάκις εἰς
Πέρσας ἀφίκοιντο, διδόναι χρυσοῦν ἑκάστῃ. καὶ διὰ τοῦτό
φασιν ἐνίους μὴ πολλάκις, Ὦχον δὲ μηδ´ ἅπαξ εἰς Πέρσας
παραγενέσθαι, διὰ μικρολογίαν ἀποξενώσαντα τῆς πατρίδος ἑαυτόν.
Ἔπειτα τὸν Κύρου τάφον εὑρὼν διορωρυγμένον, ἀπέκτεινε
τὸν ἀδικήσαντα, καίτοι Πελλαῖος ἦν οὐ τῶν
ἀσημοτάτων πλημμελήσας, ὄνομα Πουλαμάχος. τὴν
δ´ ἐπιγραφὴν ἀναγνούς, ἐκέλευσεν Ἑλληνικοῖς ὑποχαράξαι
γράμμασιν. εἶχε δ´ οὕτως? " ἄνθρωπε, ὅστις εἶ καὶ
ὁπόθεν ἥκεις, ὅτι μὲν γὰρ ἥξεις οἶδα, ἐγὼ Κῦρός εἰμι
Πέρσαις κτησάμενος τὴν ἀρχήν. μὴ οὖν τῆς ὀλίγης μοι
ταύτης γῆς φθονήσῃς τοὐμὸν σῶμα περικαλύπτει". ταῦτα
μὲν οὖν ἐμπαθῆ σφόδρα τὸν Ἀλέξανδρον ἐποίησεν, ἐν νῷ
λαβόντα τῶν πραγμάτων τὴν ἀδηλότητα καὶ μεταβολήν.
δὲ Καλανὸς ἐνταῦθα χρόνον οὐ πολὺν ὑπὸ κοιλίας
ἐνοχληθείς, ᾐτήσατο πυρὰν αὑτῷ γενέσθαι? καὶ κομισθεὶς
ἵππῳ πρὸς αὐτήν, ἐπευξάμενος καὶ κατασπείσας ἑαυτὸν
καὶ τῶν τριχῶν ἀπαρξάμενος, ἀναβαίνων ἐδεξιοῦτο τοὺς
παρόντας τῶν Μακεδόνων καὶ παρεκάλει τὴν ἡμέραν
ἐκείνην ἡδέως γενέσθαι καὶ μεθυσθῆναι μετὰ τοῦ βασιλέως,
αὐτὸν δ´ ἐκεῖνον ἔφη μετ´ ὀλίγον χρόνον ἐν Βαβυλῶνι
ὄψεσθαι. ταῦτα δ´ εἰπών, κατακλιθεὶς καὶ συγκαλυψάμενος,
οὐκ ἐκινήθη τοῦ πυρὸς πλησιάζοντος, ἀλλ´ ἐν
κατεκλίθη σχήματι, τοῦτο διατηρῶν, ἐκαλλιέρησεν
ἑαυτὸν τῷ πατρίῳ νόμῳ τῶν ἐκεῖ σοφιστῶν. τοῦτο πολλοῖς
ἔτεσιν ὕστερον ἄλλος Ἰνδὸς ἐν Ἀθήναις Καίσαρι
συνὼν ἐποίησε, καὶ δείκνυται μέχρι νῦν τὸ μνημεῖον,
Ἰνδοῦ προσαγορευόμενον.
[69] LXIX. In Persis primum pecuniam mulieribus distribuit. Nam mos regibus Persarum fuit, ut quoties in eam regionem uenissent, aureum singulis Persarum mulieribus diuiderent; ideoque ferunt quosdam reges raro, Ochum ne semel quidem uenisse, sed ob tenacitatem uoluntarium sibi a patria exsilium indixisse. (2) Deinde Cyri sepulcrum effossum offendens, auctorem facinoris Polymachum, minime quidem ignobilem hominem Pellaque oriundum, necauit. Inscriptionem quum legisset, Graecis quoque subscribi litteris iussit. Eius haec fuit sententia : «Quicunque ades mortalium, atque undecunque ueneris, (uenturum enim te scio), Cyrus ego sum, qui Persicum regnum constitui. Ne igitur tantillum mihi telluris inuideas, qua corpus meum obtegitur.» Haec res animum Alexandri maiorera in modum perturbauit, incertam rerum uicissitudinem reputantis. (3) Ibidem Calanus quum ex aluo modicum tempus laborasset, rogum sibi exstrui postulauit. Et ad hunc equo aduectus, quum se certis precibus consecrasset, primitiasque crinium iniecisset, ascendit, ac Macedones qui tum aderant salutans, hortatus est ut eam diem hilarem sumerent, ac cum rege compotarent, quem ipse paullo post Babylone esset uisurus. Haec locutus se reclinauit, uestibusque uelauit, neque igne appropinquante se commouit, sed eo quo recubuerat habitu seruato, more eius regionis sophistarum antiquo se ipsum sacrificauit. Hoc idem multis interiectis annis Indus quidam Caesaris assecla Athenis fecit, cuius hodie etiam ostenditur monumentum atque Indi sepulcrum dicitur. [69] LXIX. Son premier soin, en rentrant dans la Perse, fut de se conformer à l'ancienne coutume des rois du pays, chaque fois qu'ils revenaient d'un voyage : c'était de distribuer aux femmes une pièce d'or par tête. Cet usage empêcha plusieurs rois de rentrer souvent en Perse ; Ochus n'y alla jamais, et, par une sordide avarice, il se bannit ainsi lui-même de son pays. Alexandre ayant trouvé le tombeau de Cyrus ouvert et violé, punit de mort l'auteur de ce sacrilége, quoique ce fût un homme assez considérable de la ville de Pella, nommé Polymachus. Après en avoir lu l'épitaphe, il ordonna qu'on gravât au-dessus cette traduction grecque : «O homme, qui que tu sois, et de quelque endroit que tu viennes, car je sais que tu viendras, je suis Cyrus, qui ai conquis aux Perses cet empire : ne m'envie donc pas ce peu de terre qui couvre mon corps.» Ces paroles firent une vive impression sur Alexandre, en lui rappelant l'incertitude et l'instabilité des grandeurs humaines. Cependant Calanus, tourmenté depuis quelque temps d'une colique assez vive, demanda qu'on lui dressât un bûcher; lorsqu'il fut prêt, il s'y rendit à cheval; et après avoir fait sa prière aux dieux, après avoir répandu sur lui-même les libations sacrées, et s'être coupé une touffe de cheveux, comme les prémices de son sacrifice, il fit ses adieux aux Macédoniens qui étaient présents, les invita à passer ce jour-là dans la joie, à boire, à faire bonne chère avec leur roi, assurant qu'il ne tarderait pas à le revoir à Babylone. Son discours fini, il monta sur le bùcher, et, après s'être couché, il se couvrit le visage. Quand il sentit la flamme approcher, il ne fit aucun mouvement, il conserva toujours la même posture, et consomma son sacrifice, suivant la coutume des sages de son pays. Bien des années après, un autre Indien qui accompagnait César se brûla de même à Athènes, où l'on voit encore son tombeau, qu'on appelle le sépulcre de l'Indien.


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Dernière mise à jour : 8/02/2005