[7] Καθορῶν δὲ τὴν φύσιν αὐτοῦ δυσνίκητον μὲν οὖσαν,
ἐρίσαντος μὴ βιασθῆναι, ῥᾳδίως δ´ ἀγομένην ὑπὸ λόγου
πρὸς τὸ δέον, αὐτός τε πείθειν ἐπειρᾶτο μᾶλλον ἢ προστάττειν,
καὶ τοῖς περὶ μουσικὴν καὶ τὰ ἐγκύκλια παιδευταῖς
οὐ πάνυ τι πιστεύων τὴν ἐπιστασίαν αὐτοῦ καὶ
κατάρτισιν, ὡς μείζονος οὖσαν πραγματείας καὶ κατὰ τὸν Σοφοκλέα
πολλῶν χαλινῶν ἔργον οἰάκων θ´ ἅμα,
μετεπέμψατο τῶν φιλοσόφων τὸν ἐνδοξότατον καὶ λογιώτατον
Ἀριστοτέλην, καλὰ καὶ πρέποντα διδασκάλια
τελέσας αὐτῷ. τὴν γὰρ Σταγειριτῶν πόλιν, ἐξ ἧς ἦν
Ἀριστοτέλης, ἀνάστατον ὑπ´ αὐτοῦ γεγενημένην συνῴκισε
πάλιν, καὶ τοὺς διαφυγόντας ἢ δουλεύοντας τῶν πολιτῶν
ἀποκατέστησε. σχολὴν μὲν οὖν αὐτοῖς καὶ διατριβὴν τὸ
περὶ Μίεζαν Νυμφαῖον ἀπέδειξεν, ὅπου μέχρι νῦν Ἀριστοτέλους
ἕδρας τε λιθίνας καὶ ὑποσκίους περιπάτους
δεικνύουσιν. ἔοικε δ´ Ἀλέξανδρος οὐ μόνον τὸν ἠθικὸν καὶ
πολιτικὸν παραλαβεῖν λόγον, ἀλλὰ καὶ τῶν ἀπορρήτων
καὶ βαθυτέρων διδασκαλιῶν, ἃς οἱ ἄνδρες ἰδίως ἀκροατικὰς
καὶ ἐποπτικὰς προσαγορεύοντες οὐκ ἐξέφερον εἰς
πολλούς, μετασχεῖν. ἤδη γὰρ εἰς Ἀσίαν διαβεβηκώς, καὶ
πυθόμενος λόγους τινὰς ἐν βιβλίοις περὶ τούτων ὑπ´
Ἀριστοτέλους ἐκδεδόσθαι, γράφει πρὸς αὐτὸν ὑπὲρ φιλοσοφίας
παρρησιαζόμενος ἐπιστολήν, ἧς ἀντίγραφόν ἐστιν?
"Ἀλέξανδρος Ἀριστοτέλει εὖ πράττειν. οὐκ ὀρθῶς ἐποίησας
ἐκδοὺς τοὺς ἀκροατικοὺς τῶν λόγων? τίνι γὰρ δὴ
διοίσομεν ἡμεῖς τῶν ἄλλων, εἰ καθ´ οὓς ἐπαιδεύθημεν
λόγους, οὗτοι πάντων ἔσονται κοινοί; ἐγὼ δὲ βουλοίμην
ἂν ταῖς περὶ τὰ ἄριστα ἐμπειρίαις ἢ ταῖς δυνάμεσι διαφέρειν.
ἔρρωσο". ταύτην μὲν οὖν τὴν φιλοτιμίαν αὐτοῦ
παραμυθούμενος Ἀριστοτέλης ἀπολογεῖται περὶ τῶν λόγων
ἐκείνων, ὡς καὶ ἐκδεδομένων καὶ μὴ ἐκδεδομένων.
ἀληθῶς γὰρ ἡ περὶ τὰ φυσικὰ πραγματεία, πρὸς διδασκαλίαν
καὶ μάθησιν οὐδὲν ἔχουσα χρήσιμον, ὑπόδειγμα
τοῖς πεπαιδευμένοις ἀπ´ ἀρχῆς γέγραπται.
| [7] Vll. Porro autem cernens ingenium Alexandri tale esse,
quod cogentibus reluctaretur, facile autem sermone ad officium
faciendum pertraheretur, ipse etiam suadere potius
quam mandare ei instituit, musicesque et uulgarium artium
doctoribus haud satis institutionem et perfectionem
eius credens, quam rem maioris negotii futuram arbitraretur,
(ut est apud Sophoclem)
Quod fraena multa multaque gubernacula desideraret,
nobilissimum doctissimumque philosophorum Aristotelem
ad id uocauit, eique praemia doctrinae preclara et digna
dedit. (2) Stagira enim, patriam eius, ante a se dirutam,
instaurauit, et ciues qui uel diffugissent uel seruirent, restituit.
Scholam eius destinauit Nymphaeum apud Miezam,
ubi hodieque sedilia Aristotelis saxea et ambulationes
opacae demonstrantur. (3) Videtur autem Alexander non
moralem tantum et ciuilem rationem didicisse, sed et occultas
istas et altiores disciplinas, quas philosophi acroamaticas
et epopticas nominantes nequaquam euulgabant, attigisse.
(4) Iam enim in Asiam profectus quum audiuisset
libros de iis rebus ab Aristotele editos, libere eum philosophiae
nomine obiurgauit, epistola missa, cuius exemplum
hoc est : Alexander Aristoteli S- "Quod acroamaticas edidisti
disputationes, non recte abs te factum est. Qua
enim adhuc nos re praestabimus alios, si ea qua nos eruditi
sumus philosophia omnibus nunc erit communis? Ego
sane mallem optimarum rerum peritia quam potentia
excellere. Vale". (5) Hanc eius ambitionem ut leniret
Aristoteles, excusat se de iis disputationibus, ita editas, uti
non editae si essent, indicans. Etenim reuera philosophiae
primae tractatio ita primum est descripta, ut nihil ad
disciplinam conducere, ac tantum exempli loco eruditis
proposita ab initio uideatur.
| [7] VII. Philippe avait observé que le caractère de son fils était difficile à manier, et qu'il résistait
toujours à la force; mais que la raison le ramenait aisément à son devoir : il s'appliqua donc lui-même
à le gagner par la persuasion, plutôt que d'employer l'autorité. Et comme il ne trouvait pas, dans les
maîtres qu'il avait chargés de lui enseigner la musique et les belles-lettres, les talents nécessaires
pour diriger et perfectionner son éducation, travail si important, et qui selon Sophocle,
Exige plus d'un frein et plus d'un gouvernail; il appela auprès de lui Aristote, le plus savant et
le plus célèbre des philosophes de son temps, et lui donna, pour prix de cette éducation, la récompense
la plus flatteuse et la plus honorable. Il rétablit la ville de Stagire, patrie de ce philosophe,
qu'il avait lui-même ruinée, et la repeupla en y rappelant ses habitants qui s'étaient enfuis,
ou qui avaient été réduits en esclavage. Il assigna, pour les études et les exercices de son fils, un lieu
appelé Nymphéum, près de Miéza, où l'on montre encore des bancs de pierre qu'Aristote y avait
fait placer, et des allées couvertes pour se promener à l'ombre. Il paraît qu'Alexandre apprit de ce
philosophe, non seulement la morale et la politique, mais encore les sciences plus secrètes et plus
profondes, que ses disciples appelaient particulièrement acroamatiques et épodiques, et qu'ils
avaient soin de cacher au vulgaire. Alexandre, après qu'il fut passé en Asie, ayant appris qu'Aristote
avait publié des ouvrages où il traitait de ces sciences, lui écrivit une lettre pleine de liberté, dans
laquelle il se plaignait au nom de la philosophie; elle était conçue en ces termes : «Alexandre à
AristLote, salut. Je n'approuve pas que vous ayez donné au public vos livres des sciences acroamatiques.
En quoi donc serions-nous supérieurs au reste des hommes, si les sciences que vous m'avez
apprises deviennent communes à tout le monde? J'aimerais mieux encore les surpasser
par les connaissances sublimes que par la puissance. Adieu.» Aristote, pour consoler cette
âme ambitieuse et pour se justifier lui-même, lui répondit que ces ouvrages étaient publiés et qu'ils
ne l'étaient pas. Il est vrai que ses traités de métaphysique sont écrits de manière qu'on ne
peut ni les apprendre seul, ni les enseigner aux autres, et qu'ils ne sont intelligibles que pour les
personnes déjà instruites.
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