HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Alexandre

Chapitre 77

  Chapitre 77

[77] Τούτων τὰ πλεῖστα κατὰ λέξιν ἐν ταῖς ἐφημερίσιν
οὕτως γέγραπται. Φαρμακείας δ´ ὑποψίαν παραυτίκα
μὲν οὐδεὶς ἔσχεν, ἕκτῳ δ´ ἔτει φασὶ μηνύσεως γενομένης τὴν
Ὀλυμπιάδα πολλοὺς μὲν ἀνελεῖν, ἐκρῖψαι δὲ τὰ λείψανα τοῦ
Ἰόλα τεθνηκότος, ὡς τούτου τὸ φάρμακον ἐγχέαντος. οἱ δ´
Ἀριστοτέλην φάσκοντες Ἀντιπάτρῳ σύμβουλον γεγενῆσθαι
τῆς πράξεως καὶ ὅλως δι´ ἐκείνου κομισθῆναι
τὸ φάρμακον Ἁγνόθεμίν τινα διηγεῖσθαι λέγουσιν ὡς
Ἀντιγόνου τοῦ βασιλέως ἀκούσαντα? τὸ δὲ φάρμακον
ὕδωρ εἶναι ψυχρὸν καὶ παγετῶδες, ἀπὸ πέτρας τινὸς ἐν
Νωνάκριδιοὔσης ἣν ὥσπερ δρόσον λεπτὴν ἀναλαμβάνοντες
εἰς ὄνου χηλὴν ἀποτίθενται? τῶν γὰρ ἄλλων
οὐδὲν ἀγγείων στέγειν, ἀλλὰ διακόπτειν ὑπὸ ψυχρότητος
καὶ δριμύτητος. οἱ δὲ πλεῖστοι τὸν λόγον ὅλως οἴονται
πεπλάσθαι τὸν περὶ τῆς φαρμακείας, καὶ τεκμήριον
αὐτοῖς ἐστιν οὐ μικρόν, ὅτι τῶν ἡγεμόνων στασιασάντων
ἐφ´ ἡμέρας πολλὰς ἀθεράπευτον τὸ σῶμα κείμενον ἐν
τόποις θερμοῖς καὶ πνιγώδεσιν οὐδὲν ἔσχε τοιαύτης
φθορᾶς σημεῖον, ἀλλ´ ἔμεινε καθαρὸν καὶ πρόσφατον.
δὲ ?ωξάνη κύουσα μὲν ἐτύγχανε καὶ διὰ τοῦτο
τιμωμένη παρὰ τοῖς Μακεδόσι? δυσζήλως δ´ ἔχουσα πρὸς
τὴν Στάτειραν, ἐξηπάτησεν αὐτὴν ἐπιστολῇ τινι πεπλασμένῃ
παραγενέσθαι, καὶ προσαγαγοῦσα μετὰ τῆς ἀδελφῆς
ἀπέκτεινε καὶ τοὺς νεκροὺς εἰς τὸ φρέαρ κατέβαλε καὶ
συνέχωσεν, εἰδότος ταῦτα Περδίκκου καὶ συμπράττοντος.
ἦν γὰρ ἐκεῖνος εὐθὺς ἐν δυνάμει μεγίστῃ, τὸν Ἀρριδαῖον
ὥσπερ δορυφόρημα τῆς βασιλείας ἐφελκόμενος, γεγονότα
μὲν ἐκ γυναικὸς ἀδόξου καὶ κοινῆς Φιλίννης, ἀτελῆ
δὲ τὸ φρονεῖν ὄντα διὰ σώματος νόσον, οὐ μὴν φύσει προσπεσοῦσαν
οὐδ´ αὐτομάτως, ἀλλὰ καὶ πάνυ φασὶ παιδὸς
ὄντος αὐτοῦ διαφαίνεσθαι χάριεν ἦθος καὶ οὐκ ἀγεννές,
εἶτα μέντοι φαρμάκοις ὑπ´ Ὀλυμπιάδος κακωθέντα διαφθαρῆναι τὴν διάνοιαν.
[77] LXXVII. Haec fere ita ad uerbum in diariis habentur. Veneni suspicio tunc quidem nemini incidit. Sexto post anno, uti traditum est, Olympias, re per indicium comperta, multos occidit, Iolaeque ante defuncti reliquias dissipauit, quod is uenenum miscuisset. Qui Aristotelis consilio Antipatrum rem eam egisse aiunt, atque illius omnino opera uenenum allatun, Hagnothemin quendam, qui ex rege Antigono audiuisset, narrasse tradunt; uenenum autem fuisse aquam gelidissimam, ex rupe quadam Nonacridis sumptam ueluti rorem tenuem et in asini ungula repositam, quod nullo alio uase contineri posset, uerum sua frigiditate et acrimonia omnia perrumperet. (2) Plerique totam ueneficii narrationem confictam existimant. Quibus haud leue testimonium perhibetur eo, quod principibus per multos dies de summa rerum contendentibus, interim cadauer Alexandri insepultum iacens in aestuoso loco, nullum tamen huiusmodi corruptionis signum habuit, sed purum atque ueluti recens permansit. (3) Roxane autem uterum tunc ferebat, ideoque in honore a Macedonibus habebatur. Ea studio aemulationis incensa Statiram cum sorore fictis litteris euocauit, ambasque occidit et earum cadauera in puteum abiecit atque obruit, conscio et adiuuante Perdicca. Is enim statim magnam est adeptus potentiam, Arridaeum ueluti regni obtinendi satellitium sibi adiungens. Fuit is Arridaeus Philippo et ignobili scorto Philinna prognatus, mentis non plane compos, quod corporis morbo ei eueniebat. Verum is morbus non naturae uitio aut casu aliquo accidisse, quinimo in puero eo satis bona atque ingenua indoles apparuisse dicitur, sed postmodo uenenis ab Olympiade corruptus, sanae mentis iacturam fecisse. [77] La plupart de ces particularités sont consignées mot pour mot dans ses éphémérides. Personne alors ne soupçonna du poison. Ce fut, dit-on, six ans après, que, sur quelques indices, Olympias fit mourir un grand nombre de personnes, et jeter au vent les cendres d'lolaüs, qui était mort, et qu'elle accusait d'avoir versé le poison dans la coupe. Ceux qui imputaient à Aristote d'avoir conseillé ce crime à Antipater et d'avoir porté lui-même le poison, disaient le tenir d'un certain Agnothémis, qui assurait l'avoir souvent entendu dire au roi Antigonus. Ils ajoutent que ce poison était une eau froide et glacée, qui distille d'une roche, dans le territoire de Nonacris, et qu'on recueille comme une rosée légère dans une corne de pied d'âne; on ne peut la conserver dans aucun autre vaisseau; elle les brise tous par son froid extrême et sa violente acrimonie. Mais la plupart des historiens regardent comme une fable tout ce qu'on dit de cet empoisonnement; et la plus forte preuve qu'ils en donnent, c'est qu'après sa mort la division s'étant mise parmi ses capitaines, et ayant duré plusieurs jours, son corps, qui pendant tout ce temps-là fut laissé sans aucun soin, dans un pays très chaud et où l'air est étouffant, ne donna aucune marque de l'altération que produit toujours le poison, et se conserva parfaitement sain. Au moment de sa mort, Roxane se trouva grosse, et reçut, par cette raison, les hommages des Macédoniens. Mais comme elle était jalouse de Statira, elle la trompa par une lettre supposée qu'elle lui écrivit au nom d'Alexandre, pour la faire venir; dès qu'elle fut arrivée, elle la fit mourir avec sa soeur qui l'avait accompagnée, et ordonna qu'on jetât leurs corps dans un puits, qu'elle fit combler ensuite; elle eut Perdiccas pour confident et pour complice de ce crime. Ce fut de tous les capitaines d'Alexandre celui qui, aussitest après sa mort, eut la plus grande autorité, parce qu'il traînait avec lui le jeune Aridée, comme la sauvegarde de la puissance royale qu'il exerçait sous le nom de ce prince. Aridée était fils de Philippe et d'une courtisane de basse extraction, qui se nommait Philina. Mais il avait eu l'esprit affaibli par une grande maladie, qui n'était l'effet ni du hasard, ni d'un vice de constitution : comme dans son enfance il annonçait un caractère aimable et un esprit élevé, Olympias lui donna des breuvages qui altérèrent son tempérament et troublèrent sa raison.


Recherches | Texte | Lecture | Liste du vocabulaire | Index inverse | Menu | F. L. SCHOELL, Le Plutarque latin de Xylander |

 
UCL | FLTR | Hodoi Elektronikai | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Ingénierie Technologies de l'Information : B. Maroutaeff - C. Ruell - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 8/02/2005