HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Alexandre

Chapitre 9

  Chapitre 9

[9] Φιλίππου δὲ στρατεύοντος ἐπὶ Βυζαντίους, ἦν μὲν
ἑκκαιδεκέτης Ἀλέξανδρος, ἀπολειφθεὶς δὲ κύριος ἐν
Μακεδονίᾳ τῶν πραγμάτων καὶ τῆς σφραγῖδος, Μαίδων
τε τοὺς ἀφεστῶτας κατεστρέψατο, καὶ πόλιν ἑλὼν αὐτῶν,
τοὺς μὲν βαρβάρους ἐξήλασε, συμμείκτους δὲ κατοικίσας,
Ἀλεξανδρόπολιν προσηγόρευσεν.
Ἐν δὲ Χαιρωνείᾳ τῆς πρὸς τοὺς Ἕλληνας μάχης παρὼν
μετέσχε, καὶ λέγεται πρῶτος ἐνσεῖσαι τῷ ἱερῷ λόχῳ τῶν
Θηβαίων. ἔτι δὲ καὶ καθ´ ἡμᾶς ἐδείκνυτο παλαιὰ παρὰ
τὸν Κηφισὸν Ἀλεξάνδρου καλουμένη δρῦς, πρὸς ἣν τότε
κατεσκήνωσε, καὶ τὸ πολυάνδριον οὐ πόρρω τῶν Μακεδόνων
ἐστίν. ἐκ μὲν οὖν τούτων ὡς εἰκὸς Φίλιππος ὑπερηγάπα
τὸν υἱόν, ὥστε καὶ χαίρειν τῶν Μακεδόνων Ἀλέξανδρον
μὲν βασιλέα, Φίλιππον δὲ στρατηγὸν καλούντων.
Αἱ δὲ περὶ τὴν οἰκίαν ταραχαί, διὰ τοὺς γάμους καὶ
τοὺς ἔρωτας αὐτοῦ τρόπον τινὰ τῆς βασιλείας τῇ γυναικωνίτιδι
συννοσούσης, πολλὰς αἰτίας καὶ μεγάλας διαφορὰς
παρεῖχον, ἃς τῆς Ὀλυμπιάδος χαλεπότης, δυσζήλου
καὶ βαρυθύμου γυναικός, ἔτι μείζονας ἐποίει, παροξυνούσης
τὸν Ἀλέξανδρον. ἐκφανεστάτην δ´ Ἄτταλος
παρέσχεν ἐν τοῖς Κλεοπάτρας γάμοις, ἣν Φίλιππος
ἠγάγετο παρθένον, ἐρασθεὶς παρ´ ἡλικίαν τῆς κόρης.
θεῖος γὰρ ὢν αὐτῆς Ἄτταλος, ἐν τῷ πότῳ μεθύων
παρεκάλει τοὺς Μακεδόνας αἰτεῖσθαι παρὰ θεῶν γνήσιον
ἐκ Φιλίππου καὶ Κλεοπάτρας γενέσθαι διάδοχον τῆς
βασιλείας. ἐπὶ τούτῳ παροξυνθεὶς Ἀλέξανδρος καὶ
εἰπών? "ἡμεῖς δέ σοι κακὴ κεφαλὴ νόθοι δοκοῦμεν;"
ἔβαλε σκύφον ἐπ´ αὐτόν. δὲ Φίλιππος ἐπ´ ἐκεῖνον
ἐξανέστη σπασάμενος τὸ ξίφος, εὐτυχίᾳ δ´ ἑκατέρου διὰ
τὸν θυμὸν καὶ τὸν οἶνον ἔπεσε σφαλείς. δ´ Ἀλέξανδρος
ἐφυβρίζων "οὗτος μέντοι" εἶπεν "ἄνδρες εἰς Ἀσίαν ἐξ
Εὐρώπης παρεσκευάζετο διαβαίνειν, ὃς ἐπὶ κλίνην ἀπὸ
κλίνης διαβαίνων ἀνατέτραπται". μετὰ ταύτην τὴν παροινίαν
ἀναλαβὼν τὴν Ὀλυμπιάδα καὶ καταστήσας εἰς
Ἤπειρον, αὐτὸς ἐν Ἰλλυριοῖς διέτριβεν. ἐν τούτῳ δὲ
Δημάρατος Κορίνθιος, ξένος ὢν τῆς οἰκίας καὶ παρρησίας
μετέχων, ἀφίκετο πρὸς Φίλιππον. μετὰ δὲ τὰς
πρώτας δεξιώσεις καὶ φιλοφροσύνας ἐπερωτῶντος τοῦ
Φιλίππου, πῶς ἔχουσιν ὁμονοίας πρὸς ἀλλήλους οἱ Ἕλληνες,
"πάνυ γοῦν" ἔφη "σοι προσήκει Φίλιππε κήδεσθαι
τῆς Ἑλλάδος, ὃς τὸν οἶκον τὸν σεαυτοῦ στάσεως τοσαύτης
καὶ κακῶν ἐμπέπληκας". οὕτω δὴ συμφρονήσας Φίλιππος
ἔπεμψε καὶ κατήγαγε πείσας διὰ τοῦ Δημαράτου
τὸν Ἀλέξανδρον.
[9] IX. Quum Philippus aduersum Byzantinos expeditionem fecisset, Alexander annum tum agens decimum sextum, rerum Macedonicarum sigillique curator relictus, Maedos, qui defecerant, subegit, urbemque eorum captam, barbaris eiectis, conuenis habitandam tradidit et Alexandropolin nominauit. (2) Pugnae contra Graecos Chaeronensi interfuit, primusque perhibetur in sacram Thebanorum cohortem impetum fecisse; atque etiamnum antiqua quercus apud Cephisum ostenditur, quae Alexandri dicitur, quod ibi tum tetenderit, neque procul inde Macedonum sunt sepulcra. (3) Propter haec Philippus, uti par fuit, Alexandrum summopere amabat, ut ganderet etiam hunc a Macedonibus regem, se ducem appellari. (a) Sed domesticae ob nuptias et amores Philippi turbae, quum regno etiam nonnihil contagium gynaecei morbosi noceret, multas offensas grauiaque dissidia excitarunt, quae ipsa Olympias, iracunda et pellicis impatientissima mulier, morositate sua maiorem in modum auxit, Alexandrum irritando. (5) Manifestissimam iurgii causam in nuptiis Cleopatrae, quam puellam intempestiuo amore captus duxerat Philippus, Attalus sponsae auunculus praebuit, in conuiuio per ebrietatem Macedonas iubens a diis poscere, ut legitimum ex Philippo et Cleopatra regni heredem nasci sinerent. Eo dicto commotus Alexander, Ergo, ingnit, nos tibi spurii uidemur, sceleste? simulque scyphum in eum coniecit. Philippus stricto gladio in Alexandrum tendens, bona utriusque fortuna prae ira et uino lapsus concidit. Et Alexander insultans ei : En, inquit, uiri, qui ex Europa in Asiam molitur expeditionem, a lecto ad lectum transiturus corruit! Post hanc insolentiam Olympiadem in Epirum traduxit, atque ipse in Illyrico uersatus est. (6) Sub idem tempus Demaratus Corinthius patria exsul, Philippum, ad quem ei liber accessus patebat, inuisit; quumque hic post primam salutationem quaereret, quaenam esset Graecorum inter sese concordia : Nimirum, ait, Philippe, Graeciae res te curare conuenit, qui tanto tuam domum dissidio totque malis impleueris! Ita Philippus recta rem uia tandem reputans, Alexandro ut rediret, Demarati opera persuasit. [9] IX. Pendant que Philippe faisait la guerre aux Byzantins, Alexandre, qu'il avait laissé en Macédoine, chargé seul du gouvernement et dépositaire du sceau royal, quoiqu'il n'eût alors que seize ans, soumit les Médares qui s'étaient révoltés, prit leur ville capitale, les en chassa, mit à leur place de nouveaux habitants tirés de divers peuples, et donna à la ville le nom d'Alexandropolis. Il se trouva à la bataille que Philippe livra contre les Grecs à Chéronée, et ce fut lui, dit-on, qui chargea le premier le bataillon sacré des Thébains. On voyait encore de mon temps, près du Céphise, un vieux chêne près duquel on avait tendu son pavillon, et qu'on appelait le chêne d'Alexandre. Ce fut dans le voisinage de ce lieu qu'on enterra les Macédoniens qui avaient péri à cette bataille. Tous ces exploits ne pouvaient qu'inspirer à Philippe un grand amour pour son fils; et il était ravi d'entendre les Macédoniens donner à Alexandre le nom de roi, et à Philippe celui de général. Mais les troubles que causèrent à la cour les amours de Philippe et les nouveaux mariages qu'il contracta, la jalousie de ces femmes entre elles; maladie qui se communiqua en quelque sorte à tout le royaume, excitèrent entre lui et son fils de fréquents débats et des divisions violentes, que l'humeur hautaine d'Olympias, naturellement jalouse et vindicative, fomentait encore, en aigrissant Alexandre. Attalus lui donna lieu de faire éclater son ressentiment aux noces de Cléopâtre, dont Philippe était devenu passionnément amoureux, et qu'il épousa toute jeune, malgré la disproportion de l'âge. Attalus, oncle de cette princesse, ayant bu, dans le festin, avec excès, exhorta les Macédoniens à demander aux dieux qu'il naquît de Philippe et de Cléopâtre un héritier légitime du trône de Macédoine, «Scélérat, lui dit Alexandre, furieux de cet outrage, me prends-tu donc pour un bâtard?» et en même temps il lui jette sa coupe à la tête. Philippe, se levant de table, alla sur lui l'épée nue à la main; mais, par bonheur pour l'un et pour l'autre, la colère et l'ivresse le firent tomber. Alexandre, insultant à sa chute : «Macédoniens, s'écria-t-il, voilà cet homme qui se préparait à passer d'Europe en Asie et qui, en passant d'une table à une autre, se laisse tomber." Après cette insulte, faite dans la chaleur du vin, il prit sa mère Olympias, qu'il conduisit en Épire, et se retira lui-même chez les Illyriens. Dans ce même temps Démarate le Corinthien, qui, lié d'hospitalité avec Philippe, lui parlait ordinairement avec beaucoup de liberté, étant venu en Macédoine, Philippe, après les premiers témoignages d'amitié, lui demanda si les Grecs vivaient entre eux en bonne intelligence : "Vraiment, Philippe, lui répondit Démarate, c'est bien à vous à vous inquiéter de la Grèce, quand vous avez rempli votre maison de dissensions et de troubles! Philippe, que ce reproche fit rentrer en lui-même, envoya Démarate auprès d'Alexandre, qui, à sa persuasion, retourna chez son père.


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Dernière mise à jour : 8/02/2005