| [1] Τὴν Κίννα τοῦ μοναρχήσαντος θυγατέρα Κορνηλίαν
ὡς ἐπεκράτησε Σύλλας οὔτ´ ἐλπίσιν οὔτε φόβῳ δυνηθεὶς
ἀποσπάσαι Καίσαρος, ἐδήμευσε τὴν φερνὴν αὐτῆς.
αἰτία δὲ Καίσαρι τῆς πρὸς Σύλλαν ἀπεχθείας ἡ πρὸς
Μάριον οἰκειότης ἦν· Ἰουλίᾳ γὰρ πατρὸς ἀδελφῇ Καίσαρος
ὁ πρεσβύτερος συνῴκει Μάριος, ἐξ ἧς ἐγεγόνει Μάριος
ὁ νεώτερος, ἀνεψιὸς ὢν Καίσαρος. ὡς δ´ ὑπὸ πλήθους
φόνων ἐν ἀρχῇ καὶ δι´ ἀσχολίας ὑπὸ Σύλλα παρορώμενος
οὐκ ἠγάπησεν, ἀλλὰ μετιὼν ἱερωσύνην εἰς τὸν δῆμον
προῆλθεν οὔπω πάνυ μειράκιον ὤν, ταύτης μὲν ἐκπεσεῖν
αὐτὸν ὑπεναντιωθεὶς Σύλλας παρεσκεύασε· περὶ δ´
ἀναιρέσεως βουλευόμενος, ἐνίων λεγόντων ὡς οὐκ ἔχοι
λόγον ἀποκτιννύναι παῖδα τηλικοῦτον, οὐκ ἔφη νοῦν ἔχειν
αὐτούς, εἰ μὴ πολλοὺς ἐν τῷ παιδὶ τούτῳ Μαρίους ἐνορῶσι.
ταύτης τῆς φωνῆς ἀνενεχθείσης πρὸς Καίσαρα, συχνὸν μέν
τινα χρόνον πλανώμενος ἐν Σαβίνοις ἔκλεπτεν ἑαυτόν·
ἔπειτα δι´ ἀρρωστίαν εἰς οἰκίαν ἑτέραν μετακομιζόμενος
κατὰ νύκτα, περιπίπτει στρατιώταις τοῦ Σύλλα διερευνωμένοις
ἐκεῖνα τὰ χωρία καὶ τοὺς κεκρυμμένους συλλαμβάνουσιν.
ὧν τὸν ἡγεμόνα Κορνήλιον πείσας δυσὶ ταλάντοις,
ἀφείθη, καὶ καταβὰς εὐθὺς ἐπὶ θάλατταν ἐξέπλευσεν
εἰς Βιθυνίαν πρὸς Νικομήδην τὸν βασιλέα. παρ´ ᾧ διατρίψας
χρόνον οὐ πολύν, εἶτ´ ἀποπλέων, ἁλίσκεται περὶ
τὴν Φαρμακοῦσσαν νῆσον ὑπὸ πειρατῶν, ἤδη τότε στόλοις
μεγάλοις καὶ σκάφεσιν ἀπλέτοις κατεχόντων τὴν θάλατταν.
| [1] (1) Sylla, devenu maître de Rome, et n'ayant pu, ni par ses promesses,
ni par ses menaces, déterminer César à répudier Cornélie, fille de Cinna,
celui qui avait exercé la souveraine puissance, confisqua la dot de sa
femme. (2) La parenté de César avec le vieux Marius fut la cause de son
inimitié pour Sylla. Marius avait épousé Julie, soeur du père de César, et
en avait eu le jeune Marius, qui par là était cousin germain de César. (3)
Dans les commencements des proscriptions, Sylla, distrait par beaucoup
d'autres soins et par le grand nombre de victimes qu'il immolait chaque
jour, ne songea pas à César, qui, au lieu de se laisser oublier, se mit sur
les rangs pour le sacerdoce, et se présenta devant le peuple pour le
briguer, quoiqu'il fût dans la première jeunesse. Sylla, par son
opposition, fit rejeter sa demande ; (4) il voulut même le faire mourir. Et
comme ses amis lui représentaient qu'il n'y aurait pas de raison de
sacrifier un si jeune enfant : « Vous êtes vous-mêmes, leur répondit-il,
bien peu avisés de ne pas voir dans cet enfant plusieurs Marius. » (5)
César, à qui cette parole fut rapportée, crut devoir se cacher, et il erra
longtemps dans le pays des Sabins. (6) Un jour qu'il était malade, et qu'il
fut obligé de se faire porter pour changer de maison, il tomba la nuit
entre les mains des soldats de Sylla, qui faisaient des recherches dans ce
canton, et emmenaient tous ceux qui s'y trouvaient cachés. (7) Il donna
deux talents à Cornélius, leur capitaine, qui, à ce prix, favorisa son
évasion. Il gagna aussitôt les bords de la mer ; et s'étant embarqué, il se
retira en Bithynie, auprès du roi Nicomède. (8) Après y avoir séjourné peu
de temps, il se remit en mer, et fut pris auprès de l'île de Pharmacuse par
des pirates, qui, ayant déjà des flottes considérables et un nombre infini
de petits vaisseaux, s'étaient rendus maîtres de toute cette mer.
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