| [2] Πρῶτον μὲν οὖν αἰτηθεὶς ὑπ´ αὐτῶν λύτρα εἴκοσι
τάλαντα, κατεγέλασεν ὡς οὐκ εἰδότων ὃν ᾑρήκοιεν, αὐτὸς
δ´ ὡμολόγησε πεντήκοντα δώσειν· ἔπειτα τῶν περὶ αὐτὸν
ἄλλον εἰς ἄλλην διαπέμψας πόλιν ἐπὶ τὸν τῶν χρημάτων
πορισμόν, ἐν ἀνθρώποις φονικωτάτοις Κίλιξι μεθ´ ἑνὸς
φίλου καὶ δυοῖν ἀκολούθοιν ἀπολελειμμένος, οὕτω
καταφρονητικῶς εἶχεν, ὥστε πέμπων ὁσάκις ἀναπαύοιτο
προσέταττεν αὐτοῖς σιωπᾶν. ἡμέραις δὲ τεσσαράκοντα
δυεῖν δεούσαις, ὥσπερ οὐ φρουρούμενος ἀλλὰ δορυφορούμενος
ὑπ´ αὐτῶν, ἐπὶ πολλῆς ἀδείας συνέπαιζε καὶ
συνεγυμνάζετο, καὶ ποιήματα γράφων καὶ λόγους τινὰς
ἀκροαταῖς ἐκείνοις ἐχρῆτο, καὶ τοὺς μὴ θαυμάζοντας
ἄντικρυς ἀπαιδεύτους καὶ βαρβάρους ἀπεκάλει, καὶ σὺν
γέλωτι πολλάκις ἠπείλησε κρεμᾶν αὐτούς· οἱ δ´ ἔχαιρον,
ἀφελείᾳ τινὶ καὶ παιδιᾷ τὴν παρρησίαν ταύτην νέμοντες.
ὡς δ´ ἧκον ἐκ Μιλήτου τὰ λύτρα καὶ δοὺς ἀφείθη, πλοῖα
πληρώσας εὐθὺς ἐκ τοῦ Μιλησίων λιμένος ἐπὶ τοὺς λῃστὰς
ἀνήγετο, καὶ καταλαβὼν ἔτι πρὸς τῇ νήσῳ ναυλοχοῦντας,
ἐκράτησε τῶν πλείστων. καὶ τὰ μὲν χρήματα λείαν
ἐποιήσατο, τοὺς δ´ ἄνδρας ἐν Περγάμῳ καταθέμενος εἰς
τὸ δεσμωτήριον, αὐτὸς ἐπορεύθη πρὸς τὸν διέποντα τὴν
Ἀσίαν Ἴουγκον, ὡς ἐκείνῳ προσῆκον ὄντι στρατηγῷ
κολάσαι τοὺς ἑαλωκότας. ἐκείνου δὲ καὶ τοῖς χρήμασιν
ἐποφθαλμιῶντος (ἦν γὰρ οὐκ ὀλίγα), καὶ περὶ τῶν
αἰχμαλώτων σκέψεσθαι φάσκοντος ἐπὶ σχολῆς, χαίρειν
ἐάσας αὐτὸν ὁ Καῖσαρ εἰς Πέργαμον ᾤχετο, καὶ προαγαγὼν
τοὺς λῃστὰς ἅπαντας ἀνεσταύρωσεν, ὥσπερ αὐτοῖς
δοκῶν παίζειν ἐν τῇ νήσῳ προειρήκει πολλάκις.
| [2] (1) Ces pirates lui demandèrent vingt talents pour sa rançon ; il se
moqua d'eux de ne pas savoir quel était leur prisonnier, et il leur en
promit cinquante. (2) Il envoya ceux qui l'accompagnaient dans différentes
villes pour y ramasser cette somme, et ne retint qu'un seul de ses amis et
deux domestiques, avec lesquels il resta au milieu de ces corsaires
ciliciens, les plus sanguinaires des hommes ; il les traitait avec tant de
mépris que, lorsqu'il voulait dormir, il leur faisait dire de garder un
profond silence. (3) Il passa trente-huit jours avec eux ; moins comme leur
prisonnier que comme un prince entouré de ses gardes. Plein de sécurité, il
jouait et faisait avec eux ses exercices, composait des poèmes et des
harangues qu'il leur lisait ; et lorsqu'ils n'avaient pas l'air de les
admirer, il les traitait, sans ménagement, d'ignorants et de barbares :
quelquefois même il les menaçait, en riant, de les faire pendre. Ils
aimaient cette franchise, qu'ils prenaient pour une simplicité et une
gaieté naturelles. (4) Quand il eut reçu de Milet sa rançon, et qu'il la
leur eut payée, il ne fut pas plutôt en liberté qu'il équipa quelques
vaisseaux dans le port de cette ville, et cingla vers ces pirates, qu'il
surprit à l'ancre dans la rade même de l'île (5) ; il en prit un grand
nombre et s'empara de tout leur butin. De là il les conduisit à Pergame, où
il les fit charger de fers, et alla trouver Junius, à qui il appartenait,
comme préteur d'Asie, de les punir. (6) Junius ayant jeté un oeil de
cupidité sur leur argent, qui était considérable, lui dit qu'il examinerait
à loisir ce qu'il devait faire de ces prisonniers. César, laissant là le
préteur, et retournant à Pergame, fit pendre tous ces pirates, comme il le
leur avait souvent annoncé dans l'île, où ils prenaient ses menaces pour
des plaisanteries.
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