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Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie de César

Chapitre 29

  Chapitre 29

[29] Ἐκ τούτου Καῖσαρ ὑπατείαν ἐμνᾶτο πέμπων καὶ χρόνον ὁμοίως τῶν ἰδίων ἐπαρχιῶν. τὸ μὲν οὖν πρῶτον Πομπηΐου σιωπῶντος, οἱ περὶ Μάρκελλον καὶ Λέντλον ἠναντιοῦντο, μισοῦντες ἄλλως Καίσαρα καὶ τοῖς ἀναγκαίοις οὐκ ἀναγκαῖα προστιθέντες εἰς ἀτιμίαν αὐτοῦ καὶ προπηλακισμόν. Νεοκωμίτας γὰρ ἔναγχος ὑπὸ Καίσαρος ἐν Γαλατίᾳ κατῳκισμένους ἀφῃροῦντο τῆς πολιτείας, καὶ Μάρκελλος ὑπατεύων ἕνα τῶν ἐκεῖ βουλευτῶν εἰς Ῥώμην ἀφικόμενον ᾐκίσατο ῥάβδοις, ἐπιλέγων ὡς ταῦτα τοῦ μὴ Ῥωμαῖον εἶναι παράσημα προστίθησιν αὐτῷ, καὶ δεικνύειν ἀπιόντα Καίσαρι κελεύει. μετὰ δὲ Μάρκελλον, ἤδη Καίσαρος τὸν Γαλατικὸν πλοῦτον ἀρύεσθαι ῥύδην ἀφεικότος πᾶσι τοῖς πολιτευομένοις, καὶ Κουρίωνα μὲν δημαρχοῦντα πολλῶν ἐλευθερώσαντος δανείων, Παύλῳ δ´ ὑπατεύοντι χίλια καὶ πεντακόσια τάλαντα δόντος, ἀφ´ ὧν καὶ τὴν βασιλικὴν ἐκεῖνος, ὀνομαστὸν ἀνάθημα, τῇ ἀγορᾷ προσεκόσμησεν, ἀντὶ τῆς Φουλβίας οἰκοδομηθεῖσαν, οὕτω δὴ φοβηθεὶς τὴν σύστασιν Πομπήϊος ἀναφανδὸν ἤδη δι´ ἑαυτοῦ καὶ τῶν φίλων ἔπραττεν ἀποδειχθῆναι διάδοχον Καίσαρι τῆς ἀρχῆς, καὶ πέμπων ἀπῄτει τοὺς στρατιώτας οὓς ἔχρησεν αὐτῷ πρὸς τοὺς Κελτικοὺς ἀγῶνας. δ´ ἀποπέμπει, δωρησάμενος ἕκαστον ἄνδρα πεντήκοντα καὶ διακοσίαις δραχμαῖς. οἱ δὲ τούτους Πομπηΐῳ κομίσαντες εἰς μὲν τὸ πλῆθος οὐκ ἐπιεικεῖς οὐδὲ χρηστοὺς κατέσπειραν λόγους ὑπὲρ τοῦ Καίσαρος, αὐτὸν δὲ Πομπήϊον ἐλπίσι κεναῖς διέφθειραν, ὡς ποθούμενον ὑπὸ τῆς Καίσαρος στρατιᾶς, καὶ τὰ μὲν ἐνταῦθα διὰ φθόνον πολιτείας ὑπούλου μόλις ἔχοντα, τῆς δ´ ἐκεῖ δυνάμεως ἑτοίμης ὑπαρχούσης αὐτῷ, κἂν μόνον ὑπερβάλωσιν εἰς Ἰταλίαν, εὐθὺς ἐσομένης πρὸς ἐκεῖνον· οὕτως γεγονέναι τὸν Καίσαρα πλήθει στρατειῶν λυπηρὸν αὐτοῖς καὶ φόβῳ μοναρχίας ὕποπτον. ἐπὶ τούτοις Πομπήϊος ἐχαυνοῦτο, καὶ παρασκευῆς μὲν ἠμέλει στρατιωτῶν, ὡς μὴ δεδοικώς, λόγοις δὲ καὶ γνώμαις κατεπολιτεύετο τῷ δοκεῖν Καίσαρα καταψηφιζόμενος· ὧν ἐκεῖνος οὐδὲν ἐφρόντιζεν, ἀλλὰ καὶ λέγεταί τινα τῶν ἀφιγμένων παρ´ αὐτοῦ ταξιάρχων, ἑστῶτα πρὸ τοῦ βουλευτηρίου καὶ πυθόμενον ὡς οὐ δίδωσιν γερουσία Καίσαρι χρόνον τῆς ἀρχῆς, „ἀλλ´ αὕτηφάναιδώσει“, κρούσαντα τῇ χειρὶ τὴν λαβὴν τῆς μαχαίρας. [29] (1) Ces décrets du sénat déterminèrent César à demander le consulat, et une pareille prolongation des années de ses gouvernements. Pompée d'abord garda le silence. Mais Marcellus et Lentulus, ennemis déclarés de César, proposèrent de rejeter ses demandes : et pour faire outrage à César, à une démarche nécessaire ils en ajoutèrent qui ne l'étaient pas. (2) Ils privèrent du droit de cité les habitants de Novum Comum, que César avait établis depuis peu dans la Gaule. Marcellus, pendant son consulat, fit battre de verges un de leurs sénateurs qui était venu à Rome, et lui dit que, n'étant pas citoyen romain, il lui imprimait cette marque d'ignominie, qu'il pouvait aller montrer à César. (3) Après le consulat de Marcellus, César laissa puiser abondamment dans les trésors qu'il avait amassés en Gaule tous ceux qui avaient quelque part au gouvernement. Il acquitta les dettes du tribun Curion, qui étaient considérables ; et donna quinze cents talents au consul Paulus, qui les employa à bâtir sur la place publique cette fameuse basilique qui a remplacé celle de Fulvius. (4) Pompée, craignant cette espèce de ligue, agit ouvertement, soit par lui-même, soit par ses amis, pour faire nommer un successeur à César ; il lui fit redemander les deux légions qu'il lui avait prêtées pour la guerre des Gaules, et que César lui renvoya sur-le-champ après avoir donné à chaque soldat deux cent cinquante drachmes. (5) Les officiers qui les ramenèrent à Pompée répandirent parmi le peuple des bruits très défavorables à César, et contribuèrent à corrompre de plus en plus Pompée, en le flattant de la vaine espérance que l'armée de César désirait l'avoir pour chef ; que si à Rome l'opposition de ses envieux, et les vices d'un gouvernement vicieux, mettaient des obstacles à ses desseins, l'armée des Gaules était toute disposée à lui obéir ; qu'à peine elle aurait repassé les monts, qu'elle serait toute à lui ; tant, disaient-ils, César leur était devenu odieux par le grand nombre d'expéditions dont il les accablait ! tant la crainte qu'on avait qu'il n'aspirât à la monarchie l'avait rendu suspect ! (6) Ces propos enflèrent tellement le coeur de Pompée qu'il négligea de faire des levées, croyant n'avoir rien à craindre, et se bornant à combattre les demandes de César par des discours et des opinions (7) dont César s'embarrassait fort peu. On assure qu'un de ses officiers qu'il avait envoyé à Rome, et qui se tenait à la porte du conseil, ayant entendu dire que le Sénat refusait à César la continuation de ses gouvernements : « Celle-ci la lui donnera », dit-il en mettant la main sur la garde de son épée.


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Dernière mise à jour : 29/03/2005