| [3] Ἐκ δὲ τούτου τῆς Σύλλα δυνάμεως ἤδη μαραινομένης
καὶ τῶν οἴκοι καλούντων αὐτόν, ἔπλευσεν εἰς
Ῥόδον ἐπὶ σχολὴν πρὸς Ἀπολλώνιον τὸν τοῦ Μόλωνος,
οὗ καὶ Κικέρων ἠκρόατο, σοφιστεύοντος ἐπιφανῶς καὶ
τὸν τρόπον ἐπιεικοῦς εἶναι δοκοῦντος. λέγεται δὲ καὶ
φῦναι πρὸς λόγους πολιτικοὺς ὁ Καῖσαρ ἄριστα καὶ διαπονῆσαι
φιλοτιμότατα τὴν φύσιν, ὡς τὰ δευτερεῖα μὲν
ἀδηρίτως ἔχειν, τὸ δὲ πρωτεῖον, ὅπως τῇ δυνάμει καὶ
τοῖς ὅπλοις πρῶτος εἴη μᾶλλον, ἀσχοληθείς ἀφεῖναι,
πρὸς ὅπερ ἡ φύσις ὑφηγεῖτο τῆς ἐν τῷ λέγειν δεινότητος,
ὑπὸ στρατειῶν καὶ πολιτείας, ᾗ κατεκτήσατο
τὴν ἡγεμονίαν, οὐκ ἐξικόμενος. αὐτὸς δ´ οὖν ὕστερον
ἐν τῇ πρὸς Κικέρωνα περὶ Κάτωνος ἀντιγραφῇ παραιτεῖται,
μὴ στρατιωτικοῦ λόγον ἀνδρὸς ἀντεξετάζειν πρὸς
δεινότητα ῥήτορος εὐφυοῦς καὶ σχολὴν ἐπὶ τοῦτο πολλὴν
ἄγοντος.
| [3] (1) Lorsque la puissance de Sylla eut commencé à s'affaiblir, et que
les amis de César lui eurent écrit de revenir à Rome, il alla d'abord à
Rhodes pour y prendre des leçons d'Apollonius, fils de Molon, celui dont
Cicéron avait été l'auditeur, qui enseignait la rhétorique avec beaucoup de
succès, et qui d'ailleurs avait la réputation d'un homme vertueux. (2) On
dit que César, né avec les dispositions les plus heureuses pour l'éloquence
politique, avait cultivé avec tant de soin ce talent naturel, que, de
l'aveu de tout le monde, il tenait le second rang parmi les orateurs de
Rome ; (3) et il aurait eu le premier, s'il n'eût pas renoncé aux exercices
du barreau, pour acquérir, par les talents militaires, la supériorité du
pouvoir. Détourné par d'autres soins, il ne put parvenir, dans l'éloquence,
à la perfection pour laquelle la nature l'avait fait ; il se livra
uniquement au métier des armes et aux affaires politiques, qui le
conduisirent enfin à la suprême puissance. (4) Aussi, dans la réponse qu'il
fit longtemps après l'éloge que Cicéron avait fait de Caton, il prie les
lecteurs de ne pas comparer le style d'un homme de guerre avec celui d'un
excellent orateur, qui s'occupait à loisir de ces sortes d'études.
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