| [4] Ἐπανελθὼν δ´ ἀπὸ τῆς Ἑλλάδος εἰς Ῥώμην, Δολοβέλλαν
ἔκρινε κακώσεως ἐπαρχίας, καὶ πολλαὶ τῶν
πόλεων μαρτυρίας αὐτῷ παρέσχον. ὁ μὲν οὖν Δολοβέλλας
ἀπέφυγε τὴν δίκην, ὁ δὲ Καῖσαρ, ἀμειβόμενος
τὴν Ἑλλάδα τῆς προθυμίας, συνηγόρευσεν αὐτῇ Πόπλιον
Ἀντώνιον διωκούσῃ δωροδοκίας ἐπὶ Λευκούλλου Μάρκου
τοῦ Μακεδονίας στρατηγοῦ. καὶ τοσοῦτον ἴσχυσεν, ὥστε
τὸν Ἀντώνιον ἐπικαλέσασθαι τοὺς δημάρχους, σκηψάμενον
οὐκ ἔχειν τὸ ἴσον ἐν τῇ Ἑλλάδι πρὸς Ἕλληνας.
Ἐν δὲ Ῥώμῃ πολλὴ μὲν ἐπὶ τῷ λόγῳ περὶ τὰς συνηγορίας
αὐτοῦ χάρις ἐξέλαμπε, πολλὴ δὲ τῆς περὶ τὰς δεξιώσεις
καὶ ὁμιλίας φιλοφροσύνης εὔνοια παρὰ τῶν δημοτῶν
ἀπήντα, θεραπευτικοῦ παρ´ ἡλικίαν ὄντος. ἦν δέ τις καὶ
ἀπὸ δείπνων καὶ τραπέζης καὶ ὅλως τῆς περὶ τὴν δίαιταν
λαμπρότητος αὐξανομένη κατὰ μικρὸν αὐτῷ δύναμις εἰς
τὴν πολιτείαν. ἣν τὸ πρῶτον οἱ φθονοῦντες οἰόμενοι
ταχὺ τῶν ἀναλωμάτων ἐπιλιπόντων ἐξίτηλον ἔσεσθαι,
περιεώρων ἀνθοῦσαν ἐν τοῖς πολλοῖς· ὀψὲ δ´ ᾔσθοντο,
μεγάλης καὶ δυσανατρέπτου γενομένης καὶ βαδιζούσης
ἄντικρυς ἐπὶ τὴν τῶν ὅλων μεταβολήν, ὡς οὐδεμίαν
ἀρχὴν πράγματος 〈οὕτως〉 ἡγητέον μικράν, ἣν οὐ ταχὺ
ποιεῖ μεγάλην τὸ ἐνδελεχές, ἐκ τοῦ καταφρονηθῆναι τὸ
μὴ κωλυθῆναι λαβοῦσαν. ὁ γοῦν πρῶτος ὑπιδέσθαι δοκῶν
αὐτοῦ καὶ φοβηθῆναι τῆς πολιτείας ὥσπερ θαλάττης τὰ
διαγελῶντα καὶ τὴν ἐν τῷ φιλανθρώπῳ καὶ ἱλαρῷ κεκρυμμένην
δεινότητα τοῦ ἤθους καταμαθὼν Κικέρων ἔλεγε
τοῖς ἄλλοις ἅπασιν ἐπιβουλεύμασιν αὐτοῦ καὶ πολιτεύμασι
τυραννικὴν ἐνορᾶν διάνοιαν· „ἀλλ´ ὅταν“ ἔφη „τὴν
κόμην οὕτω διακειμένην περιττῶς ἴδω, κἀκεῖνον ἑνὶ
δακτύλῳ κνώμενον, οὔ μοι δοκεῖ πάλιν οὗτος ἅνθρωπος
εἰς νοῦν ἂν ἐμβαλέσθαι τηλικοῦτον κακόν, ἀναίρεσιν τῆς
Ῥωμαίων πολιτείας“. ταῦτα μὲν οὖν ὕστερον.
| [4] (1) De retour à Rome, il accusa Dolabella de concussions dans le
gouvernement de sa province, et trouva dans les villes de la Grèce un grand
nombre de témoins qui déposèrent contre l'accusé. (2) Cependant Dolabella
fut absous ; et César, pour reconnaître la bonne volonté des Grecs, plaida
contre Antoine, qu'ils accusaient de malversations, devant Marcus Lucullus,
préteur de la Macédoine. (3) Il parla avec tant d'éloquence qu'Antoine, qui
craignit d'être condamné, en appela aux tribuns du peuple, sous prétexte
qu'il ne pourrait obtenir justice contre les Grecs dans la Grèce même. (4)
À Rome, les grâces de son éloquence brillèrent au barreau, et lui acquirent
une grande faveur. En même temps que son affabilité, sa politesse,
l'accueil gracieux qu'il faisait à tout le monde, qualités qu'il possédait
à un degré au-dessus de son âge, lui méritaient l'affection du peuple ; (5)
d'un autre côté, la somptuosité de sa table, et sa magnificence dans toute
sa manière de vivre, accrurent peu à peu son influence et son pouvoir dans
le gouvernement. (6) D'abord ses envieux, persuadés que, faute de pouvoir
suffire à cette dépense excessive, il verrait bientôt sa puissance
s'éclipser, firent peu d'attention aux progrès qu'elle faisait parmi le
peuple. (7) Mais, quand elle se fut tellement fortifiée qu'il n'était plus
possible de la renverser, et qu'elle tendait visiblement à ruiner la
république, ils sentirent, mais trop tard, qu'il n'est pas de commencement
si faible qui ne s'accroisse promptement par la persévérance, lorsqu'en
méprisant ses premiers efforts on n'a pas mis obstacle à ses progrès. (8)
Cicéron paraît avoir été le premier à soupçonner et à craindre la douceur
de sa conduite politique, qu'il comparait à la bonace de la mer, et à
reconnaître la méchanceté de son caractère sous ces dehors de politesse et
de grâce dont il la couvrait. (9) « J'aperçois, disait cet orateur, dans
tous ses projets et dans toutes ses actions des vues tyranniques ; mais
quand je regarde ses cheveux si artistement arrangés, quand je le vois se
gratter la tête du bout des doigts, je ne puis croire qu'un tel homme
puisse concevoir le dessein si noir de renverser la république. » Mais cela
ne fut dit que longtemps après.
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