HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie de César

Chapitre 5

  Chapitre 5

[5] Τοῦ δὲ δήμου πρώτην μὲν ἀπόδειξιν τῆς πρὸς αὐτὸν εὐνοίας ἔλαβεν, ὅτε πρὸς Γάϊον Ποπίλιον ἐρίσας ὑπὲρ χιλιαρχίας πρότερος ἀνηγορεύθη· δευτέραν δὲ καὶ καταφανεστέραν, ὅτε τῆς Μαρίου γυναικὸς Ἰουλίας ἀποθανούσης, ἀδελφιδοῦς ὢν αὐτῆς, ἐγκώμιόν τε λαμπρὸν ἐν ἀγορᾷ διῆλθε, καὶ περὶ τὴν ἐκφορὰν ἐτόλμησεν εἰκόνας Μαρίων προθέσθαι, τότε πρῶτον ὀφθείσας μετὰ τὴν ἐπὶ Σύλλα πολιτείαν, πολεμίων τῶν ἀνδρῶν κριθέντων. ἐπὶ τούτῳ γὰρ ἐνίων καταβοησάντων τοῦ Καίσαρος, δῆμος ἀντήχησε, λαμπρῷ δεξάμενος κρότῳ καὶ θαυμάσας ὥσπερ ἐξ Ἅιδου διὰ χρόνων πολλῶν ἀνάγοντα τὰς Μαρίου τιμὰς εἰς τὴν πόλιν. τὸ μὲν οὖν ἐπὶ γυναιξὶ πρεσβυτέραις λόγους ἐπιταφίους διεξιέναι πάτριον ἦν Ῥωμαίοις, 〈ἐπὶνέαις δ´ οὐκ ὂν ἐν ἔθει, πρῶτος εἶπε Καῖσαρ ἐπὶ τῆς ἑαυτοῦ γυναικὸς ἀποθανούσης. καὶ τοῦτ´ ἤνεγκεν αὐτῷ χάριν τινα καὶ συνεδημαγώγησε τῷ πάθει τοὺς πολλοὺς ὡς ἥμερον ἄνδρα καὶ περίμεστον ἤθους ἀγαπᾶν. θάψας δὲ τὴν γυναῖκα, ταμίας εἰς Ἰβηρίαν ἑνὶ τῶν στρατηγῶν Βέτερι συνεξῆλθεν, ὃν αὐτόν τε τιμῶν ἀεὶ διετέλεσε, καὶ τὸν υἱὸν αὐτοῦ πάλιν αὐτὸς ἄρχων ταμίαν ἐποίησε. γενόμενος δ´ ἀπὸ τῆς ἀρχῆς ἐκείνης, τρίτην ἠγάγετο γυναῖκα Πομπηΐαν, ἔχων ἐκ Κορνηλίας θυγατέρα τὴν ὕστερον Πομπηΐῳ Μάγνῳ γαμηθεῖσαν. Χρώμενος δὲ ταῖς δαπάναις ἀφειδῶς, καὶ δοκῶν μὲν ἐφήμερον καὶ βραχεῖαν ἀντικαταλλάττεσθαι μεγάλων ἀναλωμάτων δόξαν, ὠνούμενος δὲ ταῖς ἀληθείαις τὰ μέγιστα μικρῶν, λέγεται πρὶν εἰς ἀρχήν τινα καθίστασθαι χιλίων καὶ τριακοσίων γενέσθαι χρεωφειλέτης ταλάντων. ἐπεὶ δὲ τοῦτο μὲν ὁδοῦ τῆς Ἀππίας ἀποδειχθεὶς ἐπιμελητὴς πάμπολλα χρήματα προσανάλωσε τῶν ἑαυτοῦ, τοῦτο δ´ ἀγορανομῶν ζεύγη μονομάχων τριακόσια καὶ εἴκοσι παρέσχε, καὶ ταῖς ἄλλαις περί τε θέατρα καὶ πομπὰς καὶ δεῖπνα χορηγίαις καὶ πολυτελείαις τὰς πρὸ αὐτοῦ κατέκλυσε φιλοτιμίας, οὕτω διέθηκε τὸν δῆμον, ὡς καινὰς μὲν ἀρχάς, καινὰς δὲ τιμὰς ζητεῖν ἕκαστον αἷς αὐτὸν ἀμείψαιντο. [5] (1) César reçut une première marque de l'affection du peuple lorsqu'il se trouva en concurrence avec Caïus Pompilius, pour l'emploi de tribun des soldats ; il fut nommé le premier. (2) Il en eut une seconde encore plus grande quand, à la mort de la femme de Marius, dont il était le neveu, il prononça avec beaucoup d'éclat son oraison funèbre dans la place publique, et qu'il osa faire porter à son convoi les images de Marius, qui n'avaient pas encore paru depuis que Sylla, maître dans Rome, avait fait déclarer Marius et ses partisans ennemis de la patrie. (3) Quelques personnes s'étant récriées sur cette audace, le peuple s'éleva hautement contre elles, et par les applaudissements les plus prononcés témoigna son admiration pour le courage que César avait eu de rappeler, pour ainsi dire, des enfers les honneurs de Marius, ensevelis depuis si longtemps. (4) C'était, de toute ancienneté, la coutume des Romains de faire l'oraison funèbre des femmes qui mouraient âgées ; mais cet usage n'avait pas lieu pour les jeunes femmes. César fut le premier qui prononça celle de sa femme, morte jeune. (5) Cette nouveauté lui fit honneur, lui concilia la faveur publique, et le rendit cher au peuple, qui vit dans cette sensibilité une marque de ses moeurs douces et honnêtes. (6) Après avoir fait les obsèques de sa femme, il alla comme questeur en Espagne sous le préteur Vétus, qu'il honora depuis tant qu'il vécut, et dont il nomma le fils son questeur, quand il fut parvenu lui-même à la préture. (7) Au retour de sa questure, il épousa en troisième noces Pompéia ; il avait de Cornélie, sa première femme, une fille, qui par la suite fut mariée au grand Pompée. (8) Sa dépense, toujours excessive, faisait croire qu'il achetait chèrement une gloire fragile et presque éphémère, mais, dans la vérité, il s'acquérait à vil prix les choses les plus précieuses. On assure qu'avant d'avoir obtenu aucune charge il était endetté de treize cents talents. (9) Mais le sacrifice d'une grande partie de sa fortune, soit dans l'intendance des réparations de la voie Appienne, soit dans son édilité, où il fit combattre devant le peuple trois cent vingt paires de gladiateurs ; la somptuosité des jeux, des fêtes et des festins qu'il donna, et qui effaçaient tout ce qu'on avait fait avant lui de plus brillant, inspirèrent au peuple une telle affection, qu'il n'y eut personne qui ne cherchât à lui procurer de nouvelles charges et de nouveaux honneurs, pour le récompenser de sa magnificence.


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Dernière mise à jour : 29/03/2005