| [59] Ἡ δὲ τοῦ ἡμερολογίου διάθεσις καὶ διόρθωσις
τῆς περὶ τὸν χρόνον ἀνωμαλίας, φιλοσοφηθεῖσα χαριέντως
ὑπ´ αὐτοῦ καὶ τέλος λαβοῦσα, γλαφυρωτάτην παρέσχε
χρείαν. οὐ γὰρ μόνον ἐν τοῖς παλαιοῖς πάνυ χρόνοις
τεταραγμέναις ἐχρῶντο Ῥωμαῖοι ταῖς τῶν μηνῶν
πρὸς τὸν ἐνιαυτὸν περιόδοις, ὥστε τὰς θυσίας καὶ τὰς
ἑορτὰς ὑποφερομένας κατὰ μικρὸν εἰς ἐναντίας ἐκπεπτωκέναι
τοῖς χρόνοις ὥρας, ἀλλὰ καὶ περὶ τὴν τότ´
οὖσαν ἡλικίαν οἱ μὲν ἄλλοι παντάπασι τούτων ἀσυλλογίστως
εἶχον, οἱ δ´ ἱερεῖς μόνοι τὸν καιρὸν εἰδότες
ἐξαίφνης καὶ προῃσθημένου μηδενὸς τὸν ἐμβόλιμον
προσέγραφον μῆνα, Μερκηδόνιον ὀνομάζοντες· ὃν Νομᾶς
ὁ βασιλεὺς πρῶτος ἐμβαλεῖν λέγεται, μικρὰν καὶ
διατείνουσαν οὐ πόρρω βοήθειαν ἐξευρὼν τῆς περὶ τὰς
ἀποκαταστάσεις πλημμελείας, ὡς ἐν τοῖς περὶ ἐκείνου
γέγραπται. Καῖσαρ δὲ τοῖς ἀρίστοις τῶν φιλοσόφων
καὶ μαθηματικῶν τὸ πρόβλημα προθείς, ἐκ τῶν ὑποκειμένων
ἤδη μεθόδων ἔμειξεν ἰδίαν τινὰ καὶ διηκριβωμένην
μᾶλλον ἐπανόρθωσιν, ᾗ χρώμενοι μέχρι νῦν Ῥωμαῖοι
δοκοῦσιν ἧττον ἑτέρων σφάλλεσθαι περὶ τὴν ἀνωμαλίαν.
οὐ μὴν ἀλλὰ καὶ τοῦτο τοῖς βασκαίνουσι καὶ βαρυνομένοις
τὴν δύναμιν αἰτίας παρεῖχε· Κικέρων γοῦν ὁ ῥήτωρ ὡς
ἔοικε, φήσαντός τινος αὔριον ἐπιτελεῖν Λύραν, „ναὶ“
εἶπεν, „ἐκ διατάγματος“, ὡς καὶ τοῦτο πρὸς ἀνάγκην
τῶν ἀνθρώπων δεχομένων.
| [59] (1) Il fut plus heureux dans la réforme du calendrier : il imagina
une correction ingénieuse de l'inégalité qui jetait dans le calcul des
temps beaucoup de confusion ; et cette réforme, heureusement terminée, fut
depuis d'un usage aussi commode qu'agréable. (2) Les Romains, dans les
premiers temps de leur monarchie, n'avaient pas même des périodes fixes et
réglées pour accorder leurs mois avec l'année ; et il en résultait que
leurs sacrifices et leurs fêtes, en reculant peu à peu, se trouvaient
successivement dans des saisons entièrement opposées à celles de leur
établissement. (3) Bien plus, au temps de César, où l'année solaire était
seule en usage, le commun des citoyens n'en connaissait pas la révolution ;
les prêtres, qui seuls avaient la connaissance des temps, ajoutaient tout à
coup, sans qu'on s'y attendît, un mois intercalaire, qu'ils appelaient
Mercédonius, (4) que le roi Numa avait imaginé ; mais qui n'était qu'un
faible remède, dont l'effet avait peu d'influence sur les erreurs qui,
comme on l'a dit dans la vie de ce prince, avaient lieu dans le calcul de
l'année. (5) César ayant proposé cette question aux plus savants
philosophes et aux plus habiles mathématiciens de son temps, publia,
d'après les méthodes déjà trouvées, une réforme particulière et exacte,
dont les Romains font encore usage, et qui prévient une partie des erreurs
auxquelles les autres peuples sont sujets, sur l'inégalité qui a lieu entre
les mois et les années. (6) Cependant ses envieux, et ceux qui ne pouvaient
souffrir sa domination, en prirent sujet de le railler. Cicéron, si je ne
me trompe, ayant entendu dire à quelqu'un que la constellation de la Lyre
se lèverait le lendemain : « Oui, dit-il, elle se lèvera par édit » ; comme
si ce changement même n'avait été reçu que par contrainte.
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