| [6] Δυεῖν δ´ οὐσῶν ἐν τῇ πόλει στάσεων, τῆς μὲν ἀπὸ
Σύλλα μέγα δυναμένης, τῆς δὲ Μαριανῆς, ἣ τότε κατεπτήχει
καὶ διέσπαστο κομιδῇ ταπεινὰ πράττουσα, ταύτην
ἀναρρῶσαι καὶ προσαγαγέσθαι βουλόμενος, ἐν ταῖς ἀγορανομικαῖς
φιλοτιμίαις ἀκμὴν ἐχούσαις εἰκόνας ἐποιήσατο
Μαρίου κρύφα καὶ Νίκας τροπαιοφόρους, ἃς φέρων
νυκτὸς εἰς τὸ Καπιτώλιον ἀνέστησεν. ἅμα δ´ ἡμέρᾳ τοὺς
θεασαμένους μαρμαίροντα πάντα χρυσῷ καὶ τέχνῃ
κατεσκευασμένα περιττῶς (διεδήλου δὲ γράμμασι τὰ
Κιμβρικὰ κατορθώματα) θάμβος ἔσχε τῆς τόλμης τοῦ
ἀναθέντος (οὐ γὰρ ἦν ἄδηλος), ταχὺ δὲ περιϊὼν ὁ λόγος
ἤθροιζε πάντας ἀνθρώπους πρὸς τὴν ὄψιν. Ἀλλ´ οἱ μὲν
ἐβόων τυραννίδα πολιτεύεσθαι Καίσαρα, νόμοις καὶ δόγμασι
κατορωρυγμένας ἐπανιστάντα τιμάς, καὶ τοῦτο
πεῖραν ἐπὶ τὸν δῆμον εἶναι, προμαλαττόμενον εἰ τετιθάσσευται
ταῖς φιλοτιμίαις ὑπ´ αὐτοῦ καὶ δίδωσι παίζειν
τοιαῦτα καὶ καινοτομεῖν· οἱ δὲ Μαριανοὶ παραθαρρύναντες
ἀλλήλους, πλήθει τε θαυμαστὸν ὅσοι διεφάνησαν
ἐξαίφνης, καὶ κρότῳ κατεῖχον τὸ Καπιτώλιον· πολλοῖς
δὲ καὶ δάκρυα τὴν Μαρίου θεωμένοις ὄψιν ὑφ´ ἡδονῆς
ἐχώρει, καὶ μέγας ἦν ὁ Καῖσαρ ἐγκωμίοις αἰρόμενος, ὡς
ἀντὶ πάντων ἄξιος εἷς ὁ ἀνὴρ τῆς Μαρίου συγγενείας.
συναχθείσης δὲ περὶ τούτων τῆς βουλῆς, Κάτλος Λουτάτιος,
ἀνὴρ εὐδοκιμῶν τότε μάλιστα Ῥωμαίων, ἀναστὰς
καὶ κατηγορήσας Καίσαρος ἐπεφθέγξατο τὸ μνημονευόμενον·
„οὐκέτι“ γὰρ „ὑπονόμοις“ ἔφη „Καῖσαρ, ἀλλ´
ἤδη μηχαναῖς αἱρεῖ τὴν πολιτείαν“. ἐπεὶ δ´ ἀπολογησάμενος
πρὸς ταῦτα Καῖσαρ ἔπεισε τὴν σύγκλητον, ἔτι
μᾶλλον οἱ θαυμάζοντες αὐτὸν ἐπήρθησαν, καὶ παρεκελεύοντο
μηδενὶ τοῦ φρονήματος ὑφίεσθαι· πάντων γὰρ
ἑκόντι τῷ δήμῳ περιέσεσθαι καὶ πρωτεύσειν.
| [6] (1) Rome était alors divisée en deux factions : celle de Sylla,
toujours très puissante, et celle de Marius, qui, réduite à une grande
faiblesse et presque dissipée, osait à peine se montrer. César voulut
relever et ranimer cette dernière : lorsque les dépenses de son édilité lui
donnaient le plus d'éclat dans Rome, il fit faire secrètement des images de
Marius, avec des Victoires qui portaient des trophées ; et une nuit il les
plaça dans le Capitole. (2) Le lendemain, quand on vit ces images tout
éclatantes d'or, et travaillées avec le plus grand art, dont les
inscriptions faisaient connaître que c'étaient les victoires de Marius sur
les Cimbres, on fut effrayé de l'audace de celui qui les avait placées, car
on ne pouvait s'y méprendre. Le bruit qui s'en répandit aussitôt attira
tout le monde à ce spectacle : (3) les uns disaient hautement que César
aspirait à la tyrannie, en ressuscitant des honneurs qui avaient été comme
ensevelis par des lois et des décrets publics : que c'était un essai qu'il
faisait pour sonder les dispositions du peuple, déjà amorcé par sa
magnificence ; et pour voir si, assez apprivoisé par les fêtes publiques
qu'il lui avait données avec tant d'ostentation, il lui laisserait jouer de
pareils jeux, et entreprendre des nouveautés si téméraires. (4) Les
partisans de Marius, de leur côté, enhardis par son audace, se
rassemblèrent en très grand nombre et remplirent le Capitole du bruit de
leurs applaudissements : (5) plusieurs même d'entre eux, en voyant la
figure de Marius, versaient des larmes de joie ; ils élevaient César
jusqu'aux nues, et disaient qu'il était seul digne de la parenté de Marius.
(6) Le Sénat s'étant assemblé, Catulus Lutatius, le plus estimé de tous les
Romains de son temps, se leva, et parlant avec force contre César, il dit
cette parole, si souvent répétée depuis : Que César n'attaquait plus la
république par des mines secrètes, et qu'il dressait ouvertement contre
elle toutes ses batteries. (7) Mais César s'étant justifié auprès du sénat,
ses admirateurs en conçurent de plus hautes espérances ; ils
l'encouragèrent à conserver toute sa grandeur d'âme, et à ne plier devant
personne, en l'assurant que, soutenu de la faveur du peuple, il
l'emporterait sur tous ses rivaux et aurait un jour le premier rang dans
Rome.
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