| [9] Οὐ μὴν ἀπέβη τι ταραχῶδες ἀπ´ αὐτῆς, ἀλλὰ καὶ
τύχη τις ἄχαρις τῷ Καίσαρι συνηνέχθη περὶ τὸν οἶκον.
Πόπλιος Κλώδιος ἦν ἀνὴρ γένει μὲν εὐπατρίδης καὶ
πλούτῳ καὶ λόγῳ λαμπρός, ὕβρει δὲ καὶ θρασύτητι τῶν
ἐπὶ βδελυρίᾳ περιβοήτων οὐδενὸς δεύτερος. οὗτος ἤρα
Πομπηΐας τῆς Καίσαρος γυναικός, οὐδ´ αὐτῆς ἀκούσης,
ἀλλὰ φυλακαί τε τῆς γυναικωνίτιδος ἀκριβεῖς ἦσαν, ἥ τε
μήτηρ τοῦ Καίσαρος Αὐρηλία γυνὴ σώφρων περιέπουσα
τὴν νύμφην ἀεὶ χαλεπὴν καὶ παρακεκινδυνευμένην αὐτοῖς
ἐποίει τὴν ἔντευξιν.
Ἔστι δὲ Ῥωμαίοις θεὸς ἣν Ἀγαθὴν ὀνομάζουσιν,
ὥσπερ Ἕλληνες Γυναικείαν, καὶ Φρύγες μὲν οἰκειούμενοι
Μίδα μητέρα τοῦ βασιλέως γενέσθαι φασί, Ῥωμαῖοι δὲ
νύμφην δρυάδα Φαύνῳ συνοικήσασαν, Ἕλληνες δὲ τῶν
Διονύσου μητέρων τὴν ἄρρητον. ὅθεν ἀμπελίνοις τε τὰς
σκηνὰς κλήμασιν ἑορτάζουσαι κατερέφουσι, καὶ δράκων
ἱερὸς παρακαθίδρυται τῇ θεῷ κατὰ τὸν μῦθον. ἄνδρα δὲ
προσελθεῖν οὐ θέμις οὐδ´ ἐπὶ τῆς οἰκίας γενέσθαι τῶν
ἱερῶν ὀργιαζομένων, αὐταὶ δὲ καθ´ ἑαυτὰς αἱ γυναῖκες
πολλὰ τοῖς Ὀρφικοῖς ὁμολογοῦντα δρᾶν λέγονται περὶ
τὴν ἱερουργίαν. ὅταν οὖν ὁ τῆς ἑορτῆς καθήκῃ χρόνος,
ὑπατεύοντος ἢ στρατηγοῦντος ἀνδρός, αὐτὸς μὲν
ἐξίσταται καὶ πᾶν τὸ ἄρρεν, ἡ δὲ γυνὴ τὴν οἰκίαν παραλαβοῦσα
διακοσμεῖ. καὶ τὰ μέγιστα νύκτωρ τελεῖται,
παιδιᾶς ἀναμεμειγμένης ταῖς παννυχίσι, καὶ μουσικῆς
ἅμα πολλῆς παρούσης.
| [9] (1) Cependant il ne s'éleva point de trouble ; au contraire, il
éprouva lui-même une aventure domestique qui lui fut très désagréable. (2)
Il y avait à Rome un jeune praticien nommé Publius Clodius, distingué par
ses richesses et par son éloquence ; mais qui, en insolence et en audace,
ne le cédait à aucun des hommes les plus fameux par leur scélératesse. (3)
Il aimait Pompéia, femme de César, qui, elle-même, avait du goût pour lui ;
mais son appartement était gardé avec le plus grand soin : Aurélia, mère de
César, femme d'une grande vertu, veillait de si près sur sa belle-fille que
les occasions de la voir et de lui parler étaient pour Clodius aussi
difficiles que dangereuses. (4) Les Romains adorent une divinité qu'ils
nomment la Bonne-Déesse, comme les Grecs ont leur Gynécée, ou la déesse des
femmes. Les Phrygiens, qui veulent se l'approprier, disent qu'elle était
mère du roi Midas ; les Romains prétendent que leur Bonne-Déesse est une
nymphe dryade, qui eut commerce avec le dieu Faune ; et les Grecs veulent
que ce soit celle des mères de Bacchus qu'il n'est pas permis de nommer :
(5) aussi, quand les femmes célèbrent sa fête, elles couvrent leurs tentes
de branches de vignes ; et, suivant la Fable, un dragon sacré se tient aux
pieds de la statue de la déesse. (6) Tant que ses mystères durent, il n'est
permis à aucun homme d'entrer dans la maison où on les célèbre. Les femmes,
retirées dans un lieu séparé, pratiquent plusieurs cérémonies conformes à
celles qu'on observe dans les mystères d'Orphée. (7) Lorsque le temps de la
fête est venu, le consul ou le préteur (car c'est toujours chez l'un ou
l'autre qu'elle est célébrée) sort de chez lui, avec tous les hommes qui
habitent dans sa maison. La femme, qui en est restée la maîtresse, l'orne
avec la décence convenable ; (8) les principales cérémonies se font la
nuit, et ces veillées sont mêlées de divertissements et de concerts.
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