HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

PHILOSTRATE, Vie d'Apollonius de Tyane, livre III

Chapitre 23-34

  Chapitre 23-34

[3,23] Τοιαῦτα διαλεγομένων προσελθὼν τῷ Ἰάρχᾳ ἄγγελος βασιλεὺςἔφηπερὶ δείλην πρώτην ἀφίξεται ξυνεσόμενος ὑμῖν περὶ τῶν ἑαυτοῦ πραγμάτων.“ δὲἡκέτω,“ εἶπεκαὶ γὰρ ἂν καὶ βελτίων ἀπέλθοι γνοὺς ἄνδρα Ἕλληνα.“ καὶ εἰπὼν ταῦτα πάλιν τοῦ προτέρου λόγου εἴχετο. ἤρετο οὖν τὸν Ἀπολλώνιονσὺ δ´ ἂν εἴποιςἔφητὸ πρῶτον σῶμα καὶ ὅστις πρὸ τοῦ νῦν ἦσθα;“ δὲ εἶπενἐπειδὴ ἄδοξον ἦν μοι ἐκεῖνο, ὀλίγα αὐτοῦ μέμνημαι.“ ὑπολαβὼν οὖν Ἰάρχαςεἶτα ἄδοξονἔφηἡγῇ τὸ γενέσθαι κυβερνήτης Αἰγυπτίας νεώς; τουτὶ γάρ σε ὁρῶ γεγονότα.“ „ἀληθῆ μὲνεἶπενλέγεις, Ἰάρχα, τουτὶ γὰρ ἀτεχνῶς ἐγενόμην, ἡγοῦμαι δ´ αὐτὸ οὐκ ἄδοξον μόνον, ἀλλὰ καὶ καταβεβλημένον, καὶ τοσούτου μὲν ἄξιον τοῖς ἀνθρώποις, ὅσου περ τὸ ἄρχειν καὶ τὸ στρατοῦ ἡγεῖσθαι, κακῶς δὲ ἀκοῦον ὑπὸ τῶν καθαπτομένων τῆς θαλάττης. τὸ γοῦν γενναιότατον τῶν ἐμοὶ πραχθέντων οὐδὲ ἐπαίνου τις ἠξίωσε τότε.“ „τί δὲ δὴ γενναῖον εἰργάσθαι φήσεις τὸ περιβεβληκέναι Μαλέαν τε καὶ Σούνιον χαλινώσας ἐκφερομένην τὴν ναῦν, καὶ τὸ κατὰ πρύμναν τε καὶ πρῷραν τῶν ἀνέμων, ὁπόθεν ἐκδοθήσονται, σαφῶς διεγνωκέναι ἑρμάτων τε ὑπερᾶραι τὸ σκάφος ἐν Εὐβοίᾳ κοίλῃ, οὗπερ πολλὰ τῶν ἀκρωτηρίων ἀναπέπηγεν;“ [3,23] Comme ils s'entretenaient ainsi, le messager vint dire à Iarchas que le roi viendrait vers la première heure du soir leur parler de ses affaires. « Qu'il vienne, dit Iarchas; il se peut fort bien qu'il s'en retourne meilleur, après avoir fait la connaissance d'un Grec. » Et aussitôt il reprit son précédent propos. « Apollonius, dit-il, nous direz-vous qui vous étiez auparavant? — Mon ancien état ayant été sans gloire, je m'en souviens peu. — Comment, sans gloire? Est-ce ainsi que vous parlez de la condition de pilote d'un vaisseau égyptien. Car, je le vois, c'est ce que vous étiez. —Vous ne vous trompez pas, Iarchas, j'étais pilote. Or, je dis que non seulement c'est une condition sans gloire, mais qu'elle est décriée. Ce n'est pas qu'un pilote ne doive être estimé des hommes autant qu'un magistrat ou qu'un général; mais c'est un état qui est en mauvaise réputation par la faute des gens de mer. Aussi la plus belle action que j'aie jamais faite n'a-t-elle pas obtenu un seul éloge.— Et quelle peut bien être cette belle action? Est-ce d'avoir doublé le cap Malée ou le cap Sunium, en arrêtant la marche rapide de votre vaisseau; d'avoir bien prévu d'où viendraient les vents, du côté de la proue ou du côté de la poupe; d'avoir conduit heureusement votre navire sut les côtes de l'Eubée, à travers les brisants dont la mer est semée en cet endroit?
[3,24] δὲ Ἀπολλώνιοςἐπεί μεεἶπενἐς κυβερνητικὸν ἐμβιβάζεις λόγον, ἄκουε, δοκῶ μοι τότε ὑγιῶς πρᾶξαι· τὴν θάλαττάν ποτε τῶν Φοινίκων λῃσταὶ ὑπεκάθηντο καὶ ἐφοίτων περὶ τὰς πόλεις ἀναμανθάνοντες τίς τί ἄγοι. κατιδόντες οὖν ἐμπορίαν λαμπρὰν τῆς νεὼς οἱ τῶν λῃστῶν πρόξενοι διελέγοντό μοι ἀπολαβόντες με, πόσον τι μεθέξοιμι τοῦ ναύλου, ἐγὼ δὲ χιλίων ἔφην, ἐπειδὴ τέτταρες ἐκυβέρνων τὴν ναῦν. „οἰκία δὲἔφασανἔστι σοι;“ „καλύβη πονηρὰἔφηνπερὶ τὴν νῆσον τὴν Φάρον, οὗ πάλαι ποτὲ Πρωτεὺς ᾤκει.“ „βούλοιο ἂν οὖνἤροντό μεγενέσθαι σοι γῆν μὲν ἀντὶ θαλάττης, οἰκίαν δὲ ἀντὶ τῆς καλύβης, τὸ δὲ ναῦλον δεκάκις τοῦτο κακῶν τε ἐξελθεῖν μυρίων, ἀπὸ τῆς θαλάττης ἀνοιδούσης ἐγχρίπτει τοῖς κυβερνῶσιν;“ βούλεσθαι μὲν εἶπον, οὐ μὴν ἁρπαγῶν γε ἐμαυτὸν ἀξιοῦν, ὁπότε σοφώτερος ἐμαυτοῦ γέγονα καὶ στεφάνων ἠξίωμαι παρὰ τῆς τέχνης. προϊόντων δ´ αὐτῶν καὶ βαλάντιά μοι δραχμῶν μυρίων δώσειν φασκόντων, εἰ γενοίμην αὐτοῖς, ἐβούλοντο, λέγειν ἤδη παρεκελευσάμην ὡς μηδὲν ἐλλείψων τοῦ πᾶς ἀνὴρ γενέσθαι σφίσι· λέγουσι δὴ μελεδωνοὶ μὲν εἶναι λῃστῶν, δεῖσθαι δέ μου μὴ ἀφελέσθαι αὐτοὺς τὸ τὴν ναῦν ἑλεῖν, μηδὲ ἐς ἄστυ ἐκπλεῦσαι, ὁπότε ἐκεῖθεν ἄραιμι, ἀλλ´ ὑφορμίσασθαι τῷ ἀκρωτηρίῳ, τὰς ναῦς γὰρ τὰς λῃστρικὰς ἐν περιβολῇ ἑστάναι, καὶ ὀμνύναι μοι ἐβούλοντο μήτ´ αὐτόν με ἀποκτενεῖν καὶ ἀνήσειν δὲ τὸν θάνατον οἷς ἂν ἐγὼ παραιτῶμαι. ἐγὼ δὲ νουθετεῖν μὲν αὐτοὺς οὐκ ἀσφαλὲς ἐμαυτῷ ἡγούμην δείσας μὴ ἀπογνόντες ἐμβάλωσι μετεώρῳ τῇ νηὶ καὶ ἀπολώμεθά που τοῦ πελάγους, ὡς δὲ ὑπουργῆσαι (ὑπεσχόμην), ἐβούλοντο, ὀμνύναι ἔφην αὐτοὺς δεῖν μὴν ἀληθεύσειν ταῦτα. ὀμοσάντων τοίνυν, καὶ γὰρ ἐν ἱερῷ διελέγοντο, „χωρεῖτεἔφηνἐπὶ τὰ τῶν λῃστῶν πλοῖα, ἡμεῖς γὰρ νύκτωρ ἀφήσομεν.“ καὶ πιθανώτερος ἐδόκουν ἔτι περὶ τοῦ νομίσματος διαλεγόμενος, ὡς δόκιμον ἀπαριθμηθείη μοι καὶ μὴ πρότερον τὴν ναῦν ἕλωσιν. οἱ μὲν δὴ ἐχώρουν, ἐγὼ δὲ ἧκα ἐς τὸ πέλαγος ὑπεράρας τοῦ ἀκρωτηρίου.“ „ταῦτ´ οὖν,“ εἶπεν ἸάρχαςἈπολλώνιε, δικαιοσύνης ἡγῇ ἔργα;“ „καὶ πρός γεἔφηφιλανθρωπίας, τὸ γὰρ μὴ ἀποδόσθαι ψυχὰς ἀνθρώπων, μηδ´ ἀπεμπολῆσαι τὰ τῶν ἐμπόρων, χρημάτων τε κρείττω γενέσθαι ναύτην ὄντα πολλὰς ἀρετὰς οἶμαι ξυνειληφέναι.“ [3,24] Puisque vous m'embarquez, dit Apollonius, dans un discours sur la navigation, je vais vous dire, Iarchas, ce que je crois avoir fait de bien. La mer était infestée de pirates phéniciens, qui se tenaient autour des ports pour s'enquérir des vaisseaux qui allaient partir et de leur chargement. Voyant mon vaisseau chargé de marchandises précieuses, leurs émissaires me prirent à part et me demandèrent quelle serait ma part de bénéfice pour la navigation que j'allais entreprendre. « Mille drachmes, répondis-je, car j'ai avec moi trois autres pilotes. — Avez-vous une maison? me demandèrent-ils encore. — J'ai une mauvaise cabane dans file de Pharos, où habitait autrefois Protée. — Eh bien ! voulez-vous changer la mer contre la terre, votre cabane contre une maison? voulez-vous que votre navigation vous rapporte dix fois plus? voulez-vous échapper à tous les maux auxquels les tempêtes exposent les pilotes?— Je ne demanderais pas mieux, répondis-je. Mais je n'irai pas me faire brigand, quand je suis un pilote habile, et que mon art me vaut des couronnes. » Mes gens s'enhardirent : ils me promirent dix mille drachmes si je voulais faire ce qu'ils me diraient. Je les engageai à parler, et leur donnai à entendre que je serais tout à eux. Ils me déclarèrent alors qu'ils étaient les agents des corsaires ; ils me prièrent de ne pas empêcher ceux-ci de s'emparer de mon vaisseau, de ne pas rentrer en ville après avoir mis à la voile, mais de jeter l'ancre près du cap, les embarcations des pirates se tenant dans les environs. Ils m'offrirent de me garantir par serment ma propre vie et celle des hommes pour qui je la demanderais. Je crus qu'il était peu sûr de leur faire des observations, dans la crainte qu'ils ne changeassent d'avis, ne nous attaquassent quand nous serions au large, et ne nous fissent périr en quelque endroit de la haute mer. Je promis donc tout ce qu'ils voulurent, et leur fis jurer qu'ils me tiendraient parole. Ils prêtèrent serment devant les autels, car c'était dans un temple que se tenait notre conversation, et je leur dis : « Allez trouver les pirates; nous partirons cette nuit. » Pour écarter tout soupçon, je leur dis que j'entendais être payé en bonnes espèces, bien entendu quand ils seraient maîtres du vaisseau. Ils s'en allèrent : je gagnai le large, laissant le cap bien loin derrière moi. — Pensez-vous, Apollonius, demanda Iarchas, avoir fait là un acte de justice?— Oui, et d'humanité. Ne pas livrer des hommes à la mort, ne pas faire prendre aux maîtres du vaisseau leurs marchandises, ne pas succomber à l'amour des richesses, quand on est pilote, voilà, je vous assure, plus d'un mérite. »


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Dernière mise à jour : 20/12/2006