| [3] Ἐπεὶ δὲ Γαβίνιος ἀνὴρ ὑπατικὸς εἰς Συρίαν πλέων
ἀνέπειθεν αὐτὸν ὁρμῆσαι πρὸς τὴν στρατείαν, ἰδιώτης μὲν οὐκ
ἂν ἔφη συνεξελθεῖν, ἀποδειχθεὶς δὲ τῶν ἱππέων (2) ἄρχων
συνεστράτευε. καὶ πρῶτον μὲν ἐπ' Ἀριστόβουλον Ἰουδαίους
ἀφιστάντα πεμφθείς, αὐτὸς μὲν ἐπέβη τοῦ μεγίστου τῶν
ἐρυμάτων πρῶτος, ἐκεῖνον δὲ πάντων (3) ἐξήλασεν· εἶτα μάχην
συνάψας, καὶ τρεψάμενος ὀλίγοις τοῖς σὺν αὑτῷ τοὺς ἐκείνου
πολλαπλασίους ὄντας, ἀπέκτεινε πλὴν ὀλίγων ἅπαντας· αὐτὸς
δὲ μετὰ τοῦ παιδὸς (4) Ἀριστόβουλος ἥλω. μετὰ ταῦτα Γαβίνιον
ἐπὶ μυρίοις ταλάντοις Πτολεμαίου πείθοντος εἰς Αἴγυπτον ἅμα
συνεμβαλεῖν αὐτῷ καὶ τὴν βασιλείαν ἀναλαβεῖν, οἱ μὲν
πλεῖστοι τῶν ἡγεμόνων ἠναντιοῦντο, καὶ Γαβίνιον δ' ὄκνος τις
εἶχε τοῦ πολέμου, καίπερ ἐξηνδραποδισμένον (5) κομιδῇ τοῖς
μυρίοις ταλάντοις, Ἀντώνιος δὲ καὶ πράξεων μεγάλων
ἐφιέμενος καὶ τῷ Πτολεμαίῳ χαριζόμενος δεομένῳ, συνέπεισε
μὲν καὶ συνεξώρμησεν ἐπὶ τὴν (6) στρατείαν τὸν Γαβίνιον· ἐπεὶ
δὲ τοῦ πολέμου μᾶλλον ἐφοβοῦντο τὴν ἐπὶ τὸ Πηλούσιον ὁδόν,
ἅτε δὴ διὰ ψάμμου βαθείας καὶ ἀνύδρου παρὰ τὸ Ἔκρηγμα καὶ
τὰ τῆς Σερβωνίδος ἕλη γινομένης αὐτοῖς τῆς πορείας, ἃς
Τυφῶνος μὲν ἐκπνοὰς Αἰγύπτιοι καλοῦσι, τῆς δ' Ἐρυθρᾶς
θαλάσσης ὑπονόστησις εἶναι δοκεῖ καὶ διήθησις, ᾗ βραχυτάτῳ
(7) διορίζεται πρὸς τὴν ἐντὸς θάλασσαν ἰσθμῷ, πεμφθεὶς μετὰ
τῶν ἱππέων ὁ Ἀντώνιος οὐ μόνον τὰ στενὰ κατέσχεν, ἀλλὰ καὶ
Πηλούσιον ἑλών, πόλιν μεγάλην, καὶ τῶν ἐν αὐτῷ φρουρῶν
κρατήσας, ἅμα καὶ τὴν ὁδὸν ἀσφαλῆ τῷ στρατεύματι καὶ τὴν
ἐλπίδα τῆς νίκης ἐποίησε τῷ (8) στρατηγῷ βέβαιον. ἀπέλαυσαν
δὲ τῆς φιλοτιμίας αὐτοῦ καὶ οἱ πολέμιοι· Πτολεμαίου γὰρ ἅμα
τῷ παρελθεῖν εἰς τὸ Πηλούσιον ὑπ' ὀργῆς καὶ μίσους
ὡρμημένου φονεύειν (9) τοὺς Αἰγυπτίους, ἐνέστη καὶ
διεκώλυσεν. ἐν δὲ ταῖς μάχαις καὶ τοῖς ἀγῶσι μεγάλοις καὶ
συχνοῖς γενομένοις πολλὰ καὶ τόλμης ἔργα καὶ προνοίας
ἡγεμονικῆς ἀποδειξάμενος, ἐμφανέστατα δὲ τῷ κυκλώσασθαι
καὶ περιβαλεῖν κατόπιν τοὺς πολεμίους τὴν νίκην τοῖς κατὰ
στόμα (10) παρασχών, ἀριστεῖα καὶ τιμὰς ἔλαβε πρεπούσας. οὐ
διέλαθε δὲ τοὺς πολλοὺς οὐδ' ἡ πρὸς Ἀρχέλαον αὐτοῦ
τεθνηκότα φιλανθρωπία· γεγονὼς γὰρ αὐτῷ συνήθης καὶ
ξένος, ἐπολέμει μὲν ἀναγκαίως ζῶντι, τὸ δὲ σῶμα (11)
πεσόντος ἐξευρὼν καὶ κοσμήσας βασιλικῶς ἐκήδευσεν. ἐπὶ
τούτοις Ἀλεξανδρεῦσί τε πλεῖστον αὑτοῦ λόγον κατέλιπε, καὶ
Ῥωμαίων τοῖς στρατευομένοις ἀνὴρ ἔδοξε λαμπρότατος εἶναι.
| [3] Gabinius, homme consulaire, faisant voile pour la Syrie, passa par la Grèce, et lui
proposa de l'accompagner à cette expédition. Antoine lui ayant répondu qu'il
n'irait pas à l'armée comme simple particulier, Gabinius le nomma commandant de
sa cavalerie, et l'emmena avec lui. Envoyé d'abord contre Aristobule, qui avait fait
révolter les Juifs, Antoine monta le premier sur la muraille d'une des places les plus
fortes qu'il assiégeait, chassa Aristobule de toutes ses forteresses; et lui ayant livré
bataille, malgré l'infériorité de ses troupes, il le défit, tailla en pièces presque toute
son armée, et le fit prisonnier avec son fils. Dans ce même temps, Ptolémée, étant
allé trouver Gabinius, lui offrit dix mille talents pour l'engager à entrer avec lui en
Égypte à la tête de son armée, et à le rétablir dans ses États. La plupart des officiers
de Gabinius voulaient qu'il le refusât; et Gabinius lui-même, quoique presque
asservi par ces dix mille talents, balançait à entreprendre cette expédition. Mais
Antoine, qui cherchait de grandes occasions de se signaler, et qui voulait d'ailleurs
obliger le roi d'Égypte, dont les sollicitations l'avaient intéressé en sa faveur,
détermina Gabinius à cette entreprise. On craignait moins la guerre en elle-même
que le chemin qu'il fallait suivre pour aller à Péluse, à travers des sables profonds et
arides, le long de l'embouchure par laquelle le marais Serbonide se décharge dans
la mer. Les Égyptiens l'appellent le soupirail de Typhon; mais il paraît être plutôt un
écoulement de la mer Rouge, qui, après avoir traversé sous terre la partie la plus
étroite de l'isthme, qui la sépare de la mer intérieure, forme le regorgement qui
produit ce lac. IV. Antoine, à qui Gabinius avait fait prendre les devants avec sa
cavalerie, après s'être saisi des passages, se rendit maître de Péluse, ville
considérable, dont il fit la garnison prisonnière, assura le chemin au reste de l'armée,
et donna au général la plus ferme espérance de la victoire. Le désir qu'il avait
d'acquérir de la réputation fut utile aux ennemis eux-mêmes : Ptolémée, en entrant
dans Péluse, voulait, aveuglé par la haine et la colère, en massacrer tous les habitants;
Antoine s'y opposa, et arrêta les effets de sa vengeance. Dans les batailles
importantes et dans les combats fréquents qui eurent lieu pendant cette expédition,
il donna des preuves d'un courage extraordinaire, et de la sage prévoyance qui
convient à un général. Il la montra surtout avec éclat, lorsqu'il sut si bien envelopper
et charger les ennemis par derrière, qu'il rendit la victoire facile à ceux qui les
attaquaient de front; et ce succès lui mérita les honneurs et les récompenses qu'on
décernait à la valeur. Les Égyptiens lui surent gré de l'humanité dont il usa envers
Archélaüs, qui avait été son ami et son hôte : obligé nécessairement de le combattre,
il trouva son corps sur le champ de bataille, et lui fit des obsèques magnifiques. Par
cette conduite il laissa de lui l'opinion la plus favorable dans Alexandrie, et s'acquit,
auprès des Romains qui servaient avec lui, la réputation la plus brillante.
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