HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Antoine

Chapitre 39

  Chapitre 39

[39] Τοῦτο πάντας μὲν ὡς εἰκὸς ἠνίασε τοὺς περὶ Ἀντώνιον, ἀνελπίστως ἐν ἀρχῇ πληγέντας· δ' Ἀρμένιος Ἀρταουάσδης ἀπογνοὺς τὰ Ῥωμαίων ᾤχετο τὴν αὑτοῦ στρατιὰν ἀναλαβών, καίπερ αἰτιώτατος τοῦ πολέμου γενόμενος. ἐπιφανέντων δὲ λαμπρῶς τοῖς πολιορκοῦσι τῶν (2) Πάρθων καὶ χρωμένων ἀπειλαῖς πρὸς ὕβριν, οὐ βουλόμενος Ἀντώνιος ἡσυχάζοντι τῷ στρατῷ τὸ δυσθυμοῦν καὶ καταπεπληγμένον ἐμμένειν καὶ αὔξεσθαι, δέκα τάγματα λαβὼν καὶ τρεῖς στρατηγίδας σπείρας ὁπλιτῶν, τοὺς δ' ἱππεῖς ἅπαντας, ἐξήγαγε πρὸς σιτολογίαν, ἡγούμενος οὕτως ἂν ἐπισπασθέντων μάλιστα τῶν πολεμίων (3) ἐκ παρατάξεως μάχην γενέσθαι. προελθὼν δὲ μιᾶς ὁδὸν ἡμέρας, ὡς ἑώρα τοὺς Πάρθους κύκλῳ περιχεομένους καὶ προσπεσεῖν καθ' ὁδὸν αὐτῷ ζητοῦντας, ἐξέθηκε μὲν τὸ τῆς μάχης σύμβολον ἐν τῷ στρατοπέδῳ, καθελὼν δὲ τὰς σκηνὰς ὡς οὐ μαχησόμενος, ἀλλ' ἀπάξων, παρημείβετο τῶν βαρβάρων τὴν τάξιν οὖσαν μηνοειδῆ, κελεύσας, ὅταν οἱ πρῶτοι τοῖς ὁπλίταις ἐν ἐφικτῷ δοκῶσιν (4) εἶναι, τοὺς ἱππεῖς ἐναντίους εἰσελαύνειν. τοῖς δὲ Πάρθοις παρακεκριμένοις λόγου κρείττων τάξις ἐφαίνετο τῶν Ῥωμαίων, καὶ κατεθεῶντο παρεξιόντας ἐν διαστήμασιν ἴσοις ἀθορύβως καὶ σιωπῇ τοὺς ὑσσοὺς κραδαίνοντας. (5) ὡς δὲ τὸ σημεῖον ἤρθη καὶ προσεφέροντο μετὰ κραυγῆς ἐπιστρέψαντες οἱ ἱππεῖς, τούτους μὲν ἠμύνοντο δεξάμενοι, καίπερ εὐθὺς ἐντὸς τοξεύματος γενομένους, τῶν δ' ὁπλιτῶν συναπτόντων ἅμα βοῇ καὶ πατάγῳ τῶν ὅπλων, οἵ θ' ἵπποι τοῖς Πάρθοις ἐξίσταντο ταρβοῦντες, (6) καὶ αὐτοὶ πρὶν εἰς χεῖρας ἐλθεῖν ἔφευγον. δ' Ἀντώνιος ἐνέκειτο τῇ διώξει καὶ μεγάλας εἶχεν ἐλπίδας, ὡς τοῦ πολέμου τὸ σύμπαν τὸ πλεῖστον ἐκείνῃ τῇ μάχῃ (7) διαπεπραγμένος. ἐπεὶ δὲ τῆς διώξεως γενομένης τοῖς μὲν πεζοῖς ἐπὶ πεντήκοντα στάδια, τοῖς δ' ἱππεῦσιν ἐπὶ τρὶς τοσαῦτα, τοὺς πεπτωκότας τῶν πολεμίων καὶ τοὺς ἡλωκότας ἐπισκοποῦντες εὗρον αἰχμαλώτους μὲν τριάκοντα, νεκροὺς δ' ὀγδοήκοντα μόνους, ἀπορία καὶ δυσθυμία πᾶσι παρέστη, δεινὸν εἶναι λογιζομένοις, εἰ νικῶντες μὲν οὕτως ὀλίγους κτενοῦσιν, ἡττώμενοι δὲ στερήσονται τοσούτων ὅσους (8) ἀπέβαλον περὶ ταῖς ἁμάξαις. τῇ δ' ὑστεραίᾳ συσκευασάμενοι τὴν ἐπὶ Φραάτων καὶ τοῦ στρατοπέδου προῆγον. ἐντυχόντες δὲ κατὰ τὴν ὁδὸν πρῶτον μὲν ὀλίγοις τῶν πολεμίων, ἔπειτα πλείοσι, τέλος δὲ πᾶσιν ὥσπερ ἀηττήτοις καὶ νεαλέσι, προκαλουμένοις καὶ προσβάλλουσι πανταχόθεν, μοχθηρῶς καὶ πολυπόνως ἀπεσώθησαν εἰς τὸ (9) στρατόπεδον. τῶν δὲ Μήδων ἐκδρομήν τινα ποιησαμένων ἐπὶ τὸ χῶμα καὶ τοὺς προμαχομένους φοβησάντων, ὀργισθεὶς Ἀντώνιος ἐχρήσατο τῇ λεγομένῃ δεκατείᾳ πρὸς τοὺς ἀποδειλιάσαντας· διελὼν γὰρ εἰς δεκάδας τὸ πλῆθος, ἀφ' ἑκάστης ἕνα τὸν λαχόντα κλήρῳ διέφθειρε, τοῖς δ' ἄλλοις ἀντὶ πυρῶν ἐκέλευε κριθὰς μετρεῖσθαι. [39] Cet échec reçu contre toute attente, au commencement de la guerre, affligea vivement les Romains; et le roi d'Arménie, Artavasde, désespérant des affaires d'Antoine, se retira avec ses troupes, quoiqu'il fût le principal auteur de cette guerre. Les Parthes s'étant présentés avec fierté devant les assiégeants avec des bravades menaçantes, Antoine, qui ne voulait pas, en laissant ses troupes dans l'inaction, les abandonner au découragement et à la frayeur, prit avec lui dix légions et trois cohortes prétoriennes pesamment armées, avec toute sa cavalerie, et les mena au fourrage, persuadé que c'était le plus sûr moyen d'attirer les ennemis hors de leurs retranchements et d'en venir à une bataille rangée. Il avait fait une journée de chemin, lorsqu'il vit les Parthes qui, répandus autour de lui, cherchaient à tomber sur ses troupes pendant leur marche. Il éleva d'abord dans son camp le signal de la bataille : mais ensuite il fit plier les tentes, comme s'il eût eu l'intention de ne pas combattre et de ramener ses troupes; il passa devant l'armée des Barbares, qui était disposée en forme de croissant; il avait ordonné à sa cavalerie qu'aussitôt que les premiers rangs des ennemis seraient à portée d'être chargés par l'infanterie romaine, elle fondît sur eux avec impétuosité. Les Parthes, rangés en bataille vis-à-vis des Romains, ne pouvaient assez admirer l'ordonnance de leur armée, qui marchait sans jamais rompre ses intervalles ni ses rangs, et agitait ses javelots dans le plus grand silence. XLI. Le signal du combat était à peine donné, que la cavalerie romaine, tournant bride, chargea vivement les Parthes en poussant de grands cris. Quoiqu'elle eût déjà passé la portée du trait, les Barbares la reçurent avec vigueur : mais l'infanterie les ayant attaqués en même temps, en jetant aussi de grands cris et faisant résonner leurs armes, les chevaux des Parthes, effarouchés de ce double bruit, se cabrèrent, et les cavaliers eux-mêmes, sans attendre qu'on en vînt aux mains, prirent ouvertement la fuite. Antoine s'attacha vivement à leur poursuite, dans l'espérance que ce seul combat terminerait la guerre, ou du moins en avançerait la fin. Après que l'infanterie les eut poursuivis l'espace de cinquante stades, et la cavalerie trois fois autant, les Romains voulurent reconnaître le nombre des morts et des prisonniers ennemis, et ils ne trouvèrent que trente de ces derniers et quatre-vingts des autres. Ce fut alors un découragement et un désespoir général, quand ils virent que dans leur victoire ils avaient tué si peu de monde, et que dans leur défaite, à la prise des batteries, ils avaient perdu un si grand nombre de soldats. Le lendemain, ayant plié bagage, ils reprirent le chemin de la ville de Phraata et de leur camp. Dans la route, ils rencontrèrent d'abord un corps d'ennemis peu considérable, ensuite un plus grand nombre, enfin toute l'armée, qui, comme des troupes fraîches qu'on n'aurait pas mises en déroute, les harcelait de tous côtés et les défiait au combat : ces fréquentes escarmouches rendirent le retour des Romains à leur camp difficile et laborieux. XLII. Cependant les Mèdes qu'on tenait assiégés ayant fait une sortie sur ceux qui gardaient la levée, leur causèrent un tel effroi, qu'ils les mirent en fuite. Antoine, irrité contre eux, employa, pour punir leur lâcheté, l'ancienne peine de la décimation; il les partagea par dizaines, fit mourir de chaque dizaine celui que le sort avait désigné, et ordonna qu'on donnât aux autres de l'orge au lieu de froment pour leur nourriture.


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Dernière mise à jour : 6/09/2007