| [4] Προσῆν δὲ καὶ μορφῆς ἐλευθέριον ἀξίωμα, καὶ πώγων
τις οὐκ ἀγεννὴς καὶ πλάτος μετώπου καὶ γρυπότης μυκτῆρος
ἐδόκει τοῖς γραφομένοις καὶ πλαττομένοις (2) Ἡρακλέους
προσώποις ἐμφερὲς ἔχειν τὸ ἀρρενωπόν. ἦν δὲ καὶ λόγος
παλαιὸς Ἡρακλείδας εἶναι τοὺς Ἀντωνίους, (3) ἀπ' Ἄντωνος
παιδὸς Ἡρακλέους γεγονότας. καὶ τοῦτον ᾤετο τὸν λόγον τῇ τε
μορφῇ τοῦ σώματος ὥσπερ εἴρηται καὶ τῇ στολῇ βεβαιοῦν· ἀεὶ
γὰρ ὅτε μέλλοι πλείοσιν ὁρᾶσθαι, χιτῶνα εἰς μηρὸν ἔζωστο καὶ
μάχαιρα μεγάλη (4) παρήρτητο, καὶ σάγος περιέκειτο τῶν
στερεῶν. οὐ μὴν ἀλλὰ καὶ τὰ τοῖς ἄλλοις φορτικὰ δοκοῦντα,
μεγαλαυχία καὶ σκῶμμα καὶ κώθων ἐμφανὴς καὶ καθίσαι παρὰ
τὸν ἐσθίοντα καὶ φαγεῖν ἐπιστάντα τραπέζῃ στρατιωτικῇ,
θαυμαστὸν ὅσον εὐνοίας καὶ πόθου πρὸς αὐτὸν ἐνεποίει (5)
τοῖς στρατιώταις. ἦν δέ που καὶ τὸ ἐρωτικὸν οὐκ ἀναφρόδιτον,
ἀλλὰ καὶ τούτῳ πολλοὺς ἐδημαγώγει, συμπράττων τε τοῖς
ἐρῶσι καὶ σκωπτόμενος οὐκ ἀηδῶς εἰς (6) τοὺς ἰδίους ἔρωτας. ἡ
δ' ἐλευθεριότης καὶ τὸ μηδὲν ὀλίγῃ χειρὶ μηδὲ φειδομένῃ
χαρίζεσθαι στρατιώταις καὶ φίλοις ἀρχήν τε λαμπρὰν ἐπὶ τὸ
ἰσχύειν αὐτῷ παρέσχε, καὶ μεγάλου γενομένου τὴν δύναμιν ἐπὶ
πλεῖον ἐπῆρεν, (7) ἐκ μυρίων ἄλλων ἁμαρτημάτων
ἀνατρεπομένην. ἓν δέ τι τοῦ μεγαλοδώρου παράδειγμα
διηγήσομαι. τῶν φίλων τινὶ μυριάδας ἐκέλευσε πέντε καὶ εἴκοσι
δοθῆναι· τοῦτο (8) Ῥωμαῖοι δεκίης καλοῦσι. τοῦ δ' ἐπιτρόπου
θαυμάσαντος, καὶ ἵνα δείξῃ τὸ πλῆθος αὐτῷ καταβαλόντος ἐν
μέσῳ (9) τὸ ἀργύριον, ἠρώτησε παριὼν ὅ τι δὴ τοῦτ' εἴη. τοῦ δ'
ἐπιτρόπου φήσαντος ὡς ὃ κελεύσειε δοθῆναι, συμβαλὼν αὐτοῦ
τὴν κακοήθειαν ὁ Ἀντώνιος "ἐγὼ πλεῖον ᾤμην" ἔφη "τὸ δεκίης
εἶναι· τοῦτο δὲ μικρόν ἐστιν· ὥστ' ἄλλο πρόσθες αὐτῷ τοσοῦτον."
| [4] V. La dignité et la noblesse de sa figure annonçaient un homme d'une grande naissance;
sa barbe épaisse, son front large, son nez aquilin, et un air mâle répandu sur toute sa
personne, lui donnaient beaucoup de ressemblance avec les statues et les portraits
d'Hercule. Aussi était-ce une tradition ancienne, que les Antoniens étaient une
famille d'Héraclides, descendus d'Antéon, fils d'Hercule. Il semblait justifier cette
opinion d'abord par sa figure, comme je viens de le dire; ensuite par sa manière de
s'habiller : car toutes les fois qu'il devait paraître en public, il serrait sa tunique fort
bas avec sa ceinture; une large épée pendait à son côté, et il avait par-dessus une
cape d'une étoffe grossière. Mais les honnêtes gens ne pouvaient lui passer
l'habitude de se vanter à tout propos, de dire des railleries, de boire en public, et de
s'asseoir avec les soldats qu'il trouvait à table. Il est vrai que ces manières familières
lui attiraient une affection et un intérêt singuliers de la part des soldats. Il avait aussi
de la grâce et de la gaieté dans ses amours ; il se fit beaucoup de partisans, en
servant les passions des autres, en souffrant volontiers les plaisanteries qu'on lui
faisait sur ses attachements. Ses libéralités, ses largesses sans bornes aux soldats et à
ses amis, lui ouvrirent une route brillante aux plus grands honneurs, et accrurent de
plus en plus une puissance, qu'il détruisait d'ailleurs à mesure par des fautes sans
nombre. Je rapporterai ici un exemple de sa prodigalité. Il avait ordonné qu'on
donnât à un de ses amis deux cent cinquante mille drachmes, somme que les
Romains expriment par un million de sesterces. Son intendant, surpris d'un don si
considérable, et voulant qu'il put en juger lui-même, étala tout cet argent sur son
passage. Antoine ayant demandé ce que c'était : « C'est, lui répondit l'intendant,
l'argent que vous m'avez commandé de donner. — Je croyais, lui dit Antoine, qui
s'aperçut de sa malice, qu'un million de sesterces faisait une bien plus grande
somme; c'est si peu de chose, que vous en ajouterez encore autant. »
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