HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Antoine

Chapitre 49

  Chapitre 49

[49] Ἤδη δ' ὑπέλαμπεν ἡμέρα, καὶ τοῦ στρατοῦ κόσμον ἀρχομένου τινὰ λαμβάνειν καὶ ἡσυχίαν, προσέπιπτε τοῖς τελευταίοις τὰ τῶν Πάρθων τοξεύματα, καὶ μάχης σημεῖον ἐδόθη τοῖς ψιλοῖς. οἱ δ' ὁπλῖται πάλιν ὁμοίως κατερέψαντες ἀλλήλους τοῖς θυρεοῖς, ὑπέμενον τοὺς βάλλοντας, (2) ἐγγὺς οὐ τολμῶντας συνελθεῖν. ὑπαγόντων δὲ κατὰ μικρὸν οὕτως τῶν πρώτων, ποταμὸς ἐφάνη, καὶ τοὺς ἱππεῖς ἐπ' αὐτῷ παρατάξας Ἀντώνιος ἐναντίους τοῖς πολεμίοις, διεβίβαζε τοὺς ἀσθενεῖς πρώτους. ἤδη δὲ καὶ τοῖς μαχομένοις (3) ἄδεια καὶ ῥᾳστώνη τοῦ πιεῖν ἦν. ὡς γὰρ εἶδον οἱ Πάρθοι τὸν ποταμόν, τάς τε νευρὰς ἀνῆκαν καὶ θαρροῦντας ἐκέλευον διαπερᾶν τοὺς Ῥωμαίους, πολλὰ τὴν ἀρετὴν αὐτῶν ἐγκωμιάζοντες. διαβάντες οὖν καθ' ἡσυχίαν αὑτοὺς ἀνελάμβανον, εἶθ' ὥδευον οὐ πάνυ τι τοῖς Πάρθοις πιστεύοντες. (4) Ἕκτῃ δ' ἡμέρᾳ μετὰ τὴν τελευταίαν μάχην ἐπὶ τὸν Ἀράξην ποταμὸν ἧκον, ὁρίζοντα Μηδίαν καὶ Ἀρμενίαν. ἐφάνη δὲ καὶ βάθει καὶ τραχύτητι χαλεπός, καὶ λόγος διῆλθεν ἐνεδρεύοντας αὐτόθι τοὺς πολεμίους ἐπιθήσεσθαι (5) διαβαίνουσιν αὐτοῖς. ἐπεὶ δ' ἀσφαλῶς διαπεράσαντες ἐπέβησαν τῆς Ἀρμενίας, ὥσπερ ἄρτι γῆν ἐκείνην ἰδόντες ἐκ πελάγους, προσεκύνουν καὶ πρὸς δάκρυα καὶ (6) περιβολὰς ἀλλήλων ὑπὸ χαρᾶς ἐτρέποντο. προϊόντες δὲ διὰ χώρας εὐδαίμονος καὶ χρώμενοι πᾶσιν ἀνέδην ἐκ πολλῆς ἀπορίας, ὑδερικοῖς καὶ κοιλιακοῖς περιέπιπτον ἀρρωστήμασιν. [49] LIII. Le jour commençait à paraître, et l'armée reprenait son ordre et sa tranquillité, lorsque l'arrière-garde se sentit assaillie par les flèches des Parthes. Aussitôt Antoine fait donner aux troupes légères le signal du combat; et le corps de l'infanterie se couvrant de ses boucliers, comme il avait fait auparavant, reçoit sans danger les flèches des ennemis, qui n'osent plus les approcher. Ceux qui formaient les premiers rangs, avançant ainsi peu à peu, aperçoivent bientôt la rivière; et Antoine, plaçant la cavalerie sur le bord pour tenir tête à l'ennemi, fait d'abord passer les malades. Bientôt ceux qui soutenaient l'attaque des ennemis eurent la facilité de boire sans inquiétude; car les Parthes n'eurent pas plutôt vu la rivière, que, débandant leurs arcs, ils exhortèrent les Romains à la passer paisiblement, et donnèrent de grands éloges à leur valeur. Quand les Romains l'eurent passée sans obstacle; et qu'ils eurent repris haleine, ils continuèrent leur marche, mais sans trop se fier aux Parthes. Enfin, le sixième jour depuis le dernier combat, ils arrivèrent aux bords de l'Araxe, qui sépare la Médie de l'Arménie, et qui leur parut difficile a traverser par sa profondeur et sa rapidité; d'ailleurs, il courut un bruit dans l'armée que les ennemis étaient en embuscade dans les environs, pour les charger au passage. Mais après l'avoir passé en sûreté, ils entrèrent dans l'Arménie; et alors, comme s'ils revoyaient la terre après une longue navigation, ils l'adorèrent; ensuite, fondant en larmes et éprouvant la plus douce joie, ils s'embrassèrent mutuellement. Comme ils traversaient un pays riche et fertile, où, après une grande disette, ils trouvaient une nourriture abondante et variée, ils mangèrent avec excès, et se donnèrent des hydropisies et des coliques violentes.


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Dernière mise à jour : 6/09/2007