HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie d'Antoine

Chapitre 5

  Chapitre 5

[5] Ταῦτα μὲν οὖν ὕστερον. ἐπεὶ δὲ τὰ Ῥωμαίων πράγματα διέστη, τῶν μὲν ἀριστοκρατικῶν Πομπηίῳ παρόντι προσθεμένων, τῶν δὲ δημοτικῶν Καίσαρα καλούντων ἐκ (2) Γαλατίας ἐν τοῖς ὅπλοις ὄντα, Κουρίων Ἀντωνίου φίλος ἐκ μεταβολῆς θεραπεύων τὰ Καίσαρος Ἀντώνιον προσηγάγετο, καὶ μεγάλην μὲν ἀπὸ τοῦ λέγειν ἐν τοῖς πολλοῖς ἔχων ἰσχύν, χρώμενος δὲ καὶ δαπάναις ἀφειδῶς ἀφ' ὧν Καῖσαρ ἐχορήγει, δήμαρχον ἀπέδειξε τὸν Ἀντώνιον, εἶτα (3) τῶν ἐπ' οἰωνοῖς ἱερέων οὓς Αὔγουρας καλοῦσιν. δ' εὐθὺς εἰς τὴν ἀρχὴν παρελθὼν οὐ μικρὸν ἦν ὄφελος τοῖς (4) πολιτευομένοις ὑπὲρ Καίσαρος. ἀλλὰ πρῶτον μὲν Μαρκέλλου τοῦ ὑπάτου Πομπηίῳ τούς τε συνειλεγμένους ἤδη στρατιώτας παρεγγυῶντος καὶ καταλέγειν ἑτέρους διδόντος, ἐμποδὼν ἔστη διάταγμα γράψας, ὅπως μὲν ἠθροισμένη δύναμις εἰς Συρίαν πλέῃ καὶ Βύβλῳ βοηθῇ πολεμοῦντι Πάρθοις, οὓς δὲ Πομπήιος καταλέγει, μὴ προσέχωσιν (5) αὐτῷ· δεύτερον δὲ τὰς Καίσαρος ἐπιστολὰς οὐ προσιεμένων οὐδ' ἐώντων ἀναγινώσκεσθαι τῶν συγκλητικῶν, αὐτὸς ἰσχύων διὰ τὸ ἄρχειν ἀνέγνω, καὶ πολλοὺς μετέστησε τῇ γνώμῃ, δίκαια καὶ μέτρια Καίσαρος ἀξιοῦν (6) ἀφ' ὧν ἔγραψε δόξαντος. τέλος δὲ δυεῖν ἐρωτήσεων ἐν τῇ βουλῇ γενομένων, τῆς μὲν εἰ δοκεῖ Πομπήιον ἀφεῖναι τὰ στρατεύματα, τῆς δ' εἰ Καίσαρα, καὶ Πομπήιον μὲν ὀλίγων τὰ ὅπλα καταθέσθαι, Καίσαρα δὲ πάντων παρ' ὀλίγους κελευόντων, ἀναστὰς Ἀντώνιος ἠρώτησεν, εἰ δοκεῖ καὶ Πομπήιον ὁμοῦ καὶ Καίσαρα τὰ ὅπλα καταθέσθαι (7) καὶ τὰς δυνάμεις ἀφεῖναι. ταύτην ἐδέξαντο λαμπρῶς τὴν γνώμην ἅπαντες, καὶ μετὰ βοῆς ἐπαινοῦντες τὸν Ἀντώ(8)νιον ἠξίουν ἐπιψηφίζεσθαι. μὴ βουλομένων δὲ τῶν ὑπάτων, αὖθις ἑτέρας οἱ Καίσαρος φίλοι προὔτειναν ἐπιεικεῖς εἶναι δοκούσας ἀξιώσεις, αἷς τε Κάτων ἀντέπιπτε, καὶ (9) Λέντλος ὑπατεύων ἐξέβαλε τῆς βουλῆς τὸν Ἀντώνιον. δὲ πολλὰ μὲν αὐτοῖς ἐξιὼν ἐπηράσατο, λαβὼν δὲ θεράποντος ἐσθῆτα καὶ μισθωσάμενος μετὰ Κασσίου Κοΐντου ζεῦγος, (10) ἐξώρμησε πρὸς Καίσαρα· καὶ κατεβόων εὐθὺς ὀφθέντες ὡς οὐδένα κόσμον ἔτι τῶν ἐν Ῥώμῃ πραγμάτων ἐχόντων, ὅτε μηδὲ δημάρχοις παρρησίας μέτεστιν, ἀλλ' ἐλαύνεται καὶ κινδυνεύει πᾶς φθεγξάμενος ὑπὲρ τῶν δικαίων. [5] Mais cela n'eut lieu que longtemps après. VI. Rome s'était divisée en deux factions : celle des nobles, qui avaient à leur tête Pompée, alors présent à Rome; et celle du peuple, qui rappelait César de la Gaule, où il faisait la guerre. Curion, l'ami d'Antoine, ayant quitté le parti du sénat pour s'attacher à celui de César, le fit embrasser à Antoine. Comme son éloquence lui donnait un grand pouvoir sur la multitude, et que d'ailleurs il répandait avec profusion l'argent que César lui faisait passer, Antoine fut, par son crédit, nommé tribun du peuple, et bientôt après associé au collége des prêtres qui présagent l'avenir par le vol des oiseaux, et que les Romains nomment augures. Antoine, à peine entré en charge, servit puissamment les vues politiques de César. Il s'opposa d'abord au consul Marcellus, qui assignait à Pompée les troupes qui étaient déjà sur pied, et l'autorisait à faire de nouvelles levées. Antoine, au contraire, fit décréter que l'armée qui était déjà rassemblée marcherait en Syrie, pour renforcer celle de Bibulus qui faisait la guerre aux Parthes, et que personne ne pourrait s'enrôler sous Pompée. En second lieu, le sénat ayant refusé de recevoir les lettres de César, et de les lire dans l'assemblée, Antoine, en vertu du pouvoir que lui donnait le tribunat, les lut publiquement, et fit par là changer de sentiment à plusieurs sénateurs, qui virent, dans ces lettres, que César ne demandait rien que de juste et de raisonnable. Enfin, toute l'affaire ayant été réduite à cette double question : « Pompée congédiera-t-il les légions qu'il commande? César licenciera-t-il celles qui sont sous ses ordres? » et très peu de sénateurs ayant opiné que Pompée quittât le commandement, tandis que tous les autres étaient d'avis que César s'en dépouillât, Antoine s'étant levé demanda si l'on ne trouverait pas plus convenable que César et Pompée posassent tous deux les armes, et se démissent ensemble du commandement. VII. Cet avis fut généralement adopté; et tous les sénateurs, ayant à l'envi comblé Antoine de louanges, demandèrent qu'on en dressât le décret. Mais les consuls s'y étant opposés, et les amis de César ayant fait en son nom de nouvelles propositions qui parurent raisonnables, elles furent combattues avec force par Caton, et le consul Lentulus chassa du sénat Antoine, qui, en sortant, chargea les sénateurs d'imprécations, et, après s'être déguisé en esclave, prit, avec Quintus Cassius, une voiture de louage, et se rendit au camp de César. Ils parurent à peine à la vue des soldats, qu'ils s'écrièrent qu'il n'y avait plus aucun ordre dans Rome; que les tribuns eux-mêmes n'y avaient pas la liberté de parler, qu'ils étaient chassés du sénat, et que tout homme qui osait se déclarer pour la justice courait le plus grand danger.


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Dernière mise à jour : 6/09/2007