| [7] Οὐ μὴν ἀλλ' ἐπανελθὼν ὁ Καῖσαρ ἐκ τῆς Ἰβηρίας τὰ μὲν
ἐγκλήματα παρεῖδεν αὐτοῦ, πρὸς δὲ τὸν πόλεμον ὡς ἐνεργῷ
καὶ ἀνδρείῳ καὶ ἡγεμονικῷ χρώμενος (2) οὐδαμῇ διήμαρτεν.
αὐτὸς μὲν οὖν μετ' ὀλίγων ἀπὸ Βρεντεσίου διαπεράσας τὸν
Ἰόνιον, ἔπεμψεν ὀπίσω τὰ πλοῖα Γαβινίῳ καὶ Ἀντωνίῳ, τὰς
δυνάμεις ἐμβιβάζειν καὶ περαιοῦν κατὰ τάχος εἰς Μακεδονίαν
ἐπιστείλας. (3) Γαβινίου δὲ πρὸς τὸν πλοῦν χαλεπὸν ὄντα
χειμῶνος ὥρᾳ καταδειλιάσαντος καὶ πεζῇ μακρὰν ὁδὸν
περιάγοντος τὸν στρατόν, Ἀντώνιος ὑπὲρ Καίσαρος ἐν πολλοῖς
ἀπειλημμένου πολεμίοις φοβηθείς, Λίβωνα μὲν ἐφορμοῦντα τῷ
στόματι τοῦ λιμένος ἀπεκρούσατο, πολλὰ τῶν λεπτῶν ἀκατίων
ταῖς τριήρεσιν αὐτοῦ περιστήσας, ἐμβιβάσας δὲ ταῖς ναυσὶν
ἱππεῖς ὀκτακοσίους καὶ δισμυρίους (4) ὁπλίτας ἀνήχθη. καὶ
γενόμενος καταφανὴς τοῖς πολεμίοις καὶ διωκόμενος, τὸν μὲν
ἐκ τούτων κίνδυνον διέφυγε, λαμπροῦ νότου κῦμα μέγα καὶ
κοίλην θάλατταν ταῖς τριήρεσιν αὐτῶν περιστήσαντος,
ἐκφερόμενος δὲ ταῖς ναυσὶ πρὸς κρημνοὺς καὶ φάραγγας
ἀγχιβαθεῖς, οὐδεμίαν (5) ἐλπίδα σωτηρίας εἶχεν. ἄφνω δὲ τοῦ
κόλπου πολὺν ἐκπνεύσαντος λίβα, καὶ τοῦ κλύδωνος ἀπὸ τῆς
γῆς εἰς τὸ πέλαγος διαχεομένου, μεταβαλόμενος ἀπὸ τῆς γῆς
καὶ πλέων σοβαρῶς ὁρᾷ ναυαγίων περίπλεων τὸν αἰγιαλόν. (6)
ἐνταῦθα γὰρ ἐξέβαλε τὸ πνεῦμα τὰς διωκούσας αὐτὸν τριήρεις,
καὶ διεφθάρησαν οὐκ ὀλίγαι· καὶ σωμάτων πολλῶν καὶ
χρημάτων ἐκράτησεν Ἀντώνιος, καὶ Λίσσον εἷλε, καὶ μέγα
Καίσαρι παρέσχε θάρσος, ἐν καιρῷ μετὰ τηλικαύτης
ἀφικόμενος δυνάμεως.
| [7] Cependant César, à son retour d'Espagne, ne tint aucun compte des plaintes
qu'on fit de lui : connaissant son activité, son courage, et sa capacité
pour le commandement des armées, il s'en servit dans ses guerres; et
Antoine ne démentit pas la bonne opinion que César avait conçue de lui. IX. César
étant parti de Brunduse avec très peu de troupes, et ayant traversé la mer Ionienne,
renvoya ses vaisseaux à Antoine et à Gabinius, avec ordre d'embarquer tout ce qu'ils
avaient de soldats, et de passer sur-le-champ en Macédoine. Gabinius, à qui l'hiver
faisait craindre une navigation dangereuse, ayant fait prendre un long détour par
terre à son armée, Antoine, qui ne vit que le péril de César au milieu de tant
d'ennemis dont il était environné, risqua le passage; il attaqua Libon qui était à
l'ancre devant le port, et, entourant les galères ennemies d'un très grand nombre de
petits bâtiments, il le força de s'éloigner. Il fit alors embarquer vingt mille
hommes de pied avec huit cents chevaux, et mit à la voile. Les ennemis ne l'eurent
pas plutôt aperçu qu'ils se mirent à sa poursuite; mais un vent impétueux du midi
ayant poussé les vagues contre leurs vaisseaux, ils ne purent le joindre, et il échappa
à ce danger. Il est vrai que ce même vent le portait, avec sa flotte, contre des rochers
escarpés et sur des bas-fonds, d'où il ne voyait aucun espoir de se sauver; lorsque
tout à coup il s'éleva du fond du golfe un vent d'Afrique qui, repoussant les flots
vers la haute mer, éloigna sa flotte du rivage, où elle allait se briser. Ayant donc
continué sa route avec assurance, il vit toute la côte couverte des débris des galères
ennemies qui l'avaient poursuivi, et que le vent avait jetées contre le rivage, où la
plupart avaient été fracassées. Antoine fit un grand nombre de prisonniers, s'empara
de sommes considérables, et s'étant rendu maître de la ville de Lissus, il releva
beaucoup l'audace de César, en lui amenant si à propos des renforts considérables.
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