| [8] Πολλῶν δὲ γινομένων καὶ συνεχῶν ἀγώνων, ἐν πᾶσι μὲν
ἦν διαπρεπής, δὶς δὲ φεύγοντας προτροπάδην τοὺς Καίσαρος
ἀπαντήσας ἀνέστρεψε, καὶ στῆναι καὶ συμβαλεῖν (2) αὖθις τοῖς
διώκουσιν ἀναγκάσας ἐνίκησεν. ἦν οὖν αὐτοῦ μετὰ Καίσαρα
πλεῖστος ἐν τῷ στρατοπέδῳ λόγος. ἐδήλωσε (3) δὲ Καῖσαρ ἣν
ἔχοι περὶ αὐτοῦ δόξαν. ἐπεὶ γὰρ ἔμελλε τὴν τελευταίαν καὶ τὰ
ὅλα κρίνασαν ἐν Φαρσάλῳ μάχην μάχεσθαι, τὸ μὲν δεξιὸν
αὐτὸς εἶχε κέρας, τοῦ δ' εὐωνύμου τὴν ἡγεμονίαν Ἀντωνίῳ
παρέδωκεν ὡς πολεμικωτάτῳ τῶν ὑφ' ἑαυτῷ.
(4) Μετὰ δὲ τὴν νίκην δικτάτωρ ἀναγορευθείς, αὐτὸς μὲν
ἐδίωκε Πομπήιον, Ἀντώνιον δ' ἵππαρχον ἑλόμενος εἰς (5)
Ῥώμην ἔπεμψεν. ἔστι δ' ἡ ἀρχὴ δευτέρα τοῦ δικτάτορος
παρόντος· ἂν δὲ μὴ παρῇ, πρώτη καὶ μόνη σχεδόν· ἡ γὰρ
δημαρχία διαμένει, τὰς δ' ἄλλας καταλύουσι πάσας δικτάτορος
αἱρεθέντος.
| [8] X. Dans les divers combats qui suivirent, Antoine se distingua plus qu'aucun autre
officier. En deux occasions où les troupes de César étaient en pleine déroute, il les
rallia seul, les ramena contre les ennemis qui les poursuivaient; et les ayant forcées
de combattre, il remporta une double victoire. Aussi, après César, il avait dans le
camp la plus grande réputation; et César lui-même fit connaître la haute opinion
qu'il avait d'Antoine, lorsqu'à la bataille de Pharsale, qui devait décider de tout pour
lui, en se réservant le commandement de l'aile droite, il le mit à la tête de l'aile
gauche, comme le meilleur officier qu'il eût sous ses ordres. Lorsque César, après sa
victoire, eut été proclamé dictateur, et qu'il se mit à la poursuite de Pompée, il
envoya Antoine à Rome avec le titre de général de la cavalerie : c'était la seconde
charge de la république, quand le dictateur était présent, et la première ou presque
la seule en son absence; car, à l'exception du tribunat, la nomination d'un dictateur
suspend toutes les autres magistratures.
|