| [9] Οὐ μὴν ἀλλὰ τότε δημαρχῶν Δολοβέλλας, νέος ἀνὴρ καὶ
νέων πραγμάτων ὀρεγόμενος, εἰσηγεῖτο χρεῶν ἀποκοπάς, καὶ
τὸν Ἀντώνιον αὐτῷ τε φίλον ὄντα καὶ βουλόμενον ἀεὶ τοῖς
πολλοῖς ἀρέσκειν ἔπειθε συμπράττειν (2) καὶ κοινωνεῖν τοῦ
πολιτεύματος. Ἀσινίου δὲ καὶ Τρεβελλίου τἀναντία
παρακαλούντων, ὑπόνοια δεινὴ κατὰ τύχην τῷ Ἀντωνίῳ
προσέπεσεν ὡς ἀδικουμένῳ περὶ τὸν γάμον ὑπὸ (3) τοῦ
Δολοβέλλα. καὶ τὸ πρᾶγμα βαρέως ἐνεγκών, τήν τε γυναῖκα
τῆς οἰκίας ἐξήλασεν ἀνεψιὰν οὖσαν αὐτοῦ -- θυγάτηρ γὰρ ἦν
Γαΐου Ἀντωνίου τοῦ Κικέρωνι συνυπατεύσαντος -- καὶ τοὺς
περὶ Ἀσίνιον δεξάμενος ἐπολέμει τῷ (4) Δολοβέλλᾳ. κατέλαβε
γὰρ τὴν ἀγορὰν ἐκεῖνος ὡς βίᾳ κυρώσων τὸν νόμον. Ἀντώνιος
δέ, καὶ τῆς βουλῆς ψηφισαμένης ὅπλων δεῖν ἐπὶ τὸν
Δολοβέλλαν, ἐπελθὼν καὶ μάχην συνάψας ἀπέκτεινέ τέ τινας
τῶν ἐκείνου καὶ τῶν ἰδίων (5) ἀπέβαλε. τοῖς μὲν οὖν πολλοῖς ἐκ
τούτων ἀπηχθάνετο, τοῖς δὲ χρηστοῖς καὶ σώφροσι διὰ τὸν
ἄλλον βίον οὐκ ἦν ἀρεστός, ὡς Κικέρων φησίν, ἀλλ' ἐμισεῖτο,
βδελυττομένων αὐτοῦ μέθας ἀώρους καὶ δαπάνας ἐπαχθεῖς καὶ
κυλινδήσεις ἐν γυναίοις, καὶ μεθ' ἡμέραν μὲν ὕπνους καὶ
περιπάτους ἀλύοντος καὶ κραιπαλῶντος, νύκτωρ δὲ κώμους καὶ
θέατρα καὶ διατριβὰς ἐν γάμοις μίμων καὶ (6) γελωτοποιῶν.
λέγεται γοῦν, ὡς Ἱππίου ποτὲ τοῦ μίμου γάμους ἑστιαθεὶς καὶ
πιὼν διὰ νυκτός, εἶτα πρῲ τοῦ δήμου καλοῦντος εἰς ἀγορὰν
προελθὼν ἔτι τροφῆς μεστὸς (7) ἐμέσειε, τῶν φίλων τινὸς
ὑποσχόντος τὸ ἱμάτιον. ἦν δὲ καὶ Σέργιος ὁ μῖμος τῶν μέγιστον
παρ' αὐτῷ δυναμένων, καὶ Κυθηρὶς ἀπὸ τῆς αὐτῆς παλαίστρας
γύναιον ἀγαπώμενον, ὃ δὴ καὶ τὰς πόλεις ἐπιὼν ἐν φορείῳ
περιήγετο, καὶ τὸ φορεῖον οὐκ ἐλάττους ἢ τὸ τῆς μητρὸς αὐτοῦ
(8) περιέποντες ἠκολούθουν. ἐλύπουν δὲ καὶ χρυσῶν
ἐκπωμάτων ὥσπερ ἐν πομπαῖς ταῖς ἀποδημίαις διαφερομένων
ὄψεις, καὶ στάσεις ἐνόδιοι σκηνῶν καὶ πρὸς ἄλσεσι καὶ
ποταμοῖς ἀρίστων πολυτελῶν διαθέσεις, καὶ λέοντες ἅρμασιν
ὑπεζευγμένοι, καὶ σωφρόνων ἀνδρῶν καὶ γυναικῶν οἰκίαι
χαμαιτύπαις καὶ σαμβυκιστρίαις (9) ἐπισταθμευόμεναι. δεινὸν
γὰρ ἐποιοῦντο Καίσαρα μὲν αὐτὸν ἔξω τῆς Ἰταλίας θυραυλεῖν,
τὰ περιόντα τοῦ πολέμου μεγάλοις πόνοις καὶ κινδύνοις
ἀνακαθαιρόμενον, ἑτέρους δὲ δι' ἐκεῖνον τρυφᾶν τοῖς πολίταις
ἐνυβρίζοντας.
| [9] Cependant Dolabella, alors tribun du peuple,
jeune et avide de nouveautés, proposait une abolition de dettes ; et voyant
qu'Antoine, dont il était l'ami, cherchait en tout à plaire au peuple, il voulut lui
persuader de s'unir à lui pour faire passer la loi : Asinius et Trébellius s'efforçaient
de l'en détourner, lorsque tout à coup, on ne sait trop pourquoi, Antoine eut un
violent soupçon que Dolabella l'avait déshonoré dans la personne de sa femme, qui,
fille de Caïus Antonius, collègue de Cicéron dans le consulat, était aussi sa cousine
germaine. Antoine, ne pouvant supporter cet affront, répudia sa femme; et,
s'unissant avec Asinius, il fit une guerre ouverte à Dolabella, qui, résolu de faire
passer la loi de force, s'était emparé de la place publique. Antoine, d'après le décret
du sénat qui ordonnait qu'on prendrait les armes contre lui, alla l'attaquer sur la
place; il lui tua beaucoup de monde, et perdit lui même quelques-uns des siens. XI.
Cette action le rendit odieux à la multitude ; et le reste de sa conduite le fit mépriser
et haïr des gens sages et honnêtes, qui détestaient ses débauches de table à des
heures indues, ses dépenses excessives, ses dissolutions dans les lieux les plus
infâmes, son sommeil en plein jour, ses promenades dans un état d'ivresse, ses repas
continués bien avant dans la nuit, ses comédies et ses festins pour célébrer les noces
de farceurs et de bouffons. On dit qu'à la noce du mime Hippias il passa la nuit à
boire, et que le lendemain, ayant convoqué l'assemblée du peuple, il s'y rendit si
gorgé de viandes et de vin, qu'il vomit publiquement, et qu'un de ses amis tendit sa
robe devant lui. Un autre mime, nommé Sergius, avait sur lui le plus grand crédit;
et la courtisane Cythéris, sortie de la même école, lui avait inspiré la plus violente
passion . Quand il parcourait les villes, il la menait avec lui dans une litière, qui avait
un cortége aussi nombreux que celle de sa mère. On ne pouvait voir sans
indignation la quantité de vaisselle d'or et d'argent qu'il faisait porter dans ses
voyages, qui ressemblaient à des pompes triomphales; les haltes qu'il faisait dans les
chemins, et dans lesquelles on tendait ses pavillons sur les bords des rivières ou
dans des bois épais; les dîners somptueux qu'on y servait; ses chars attelés de lions;
le choix qu'on faisait, dans les villes où il séjournait, des maisons habitées par les
hommes les plus honnêtes, par les femmes les plus respectables, pour y loger des
courtisanes et des ménétrières. On était surtout révolté que lorsque César passait les
nuits dans un camp, hors de l'Italie, pour éteindre, au milieu de tant de peines et de
dangers, les restes d'une guerre si importante, d'autres, abusant de son autorité,
insultassent à leurs concitoyens par le luxe le plus insolent.
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