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Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie des Gracques

Chapitre 19

  Chapitre 19

[19] Ὡς οὖν ταῦτα τοῖς περὶ αὑτὸν ἐξήγγειλεν Τιβέριος, οὗτοι μὲν εὐθὺς τάς τε τηβέννους περιεζώννυντο, καὶ τὰ τῶν ὑπηρετῶν δόρατα συγκλῶντες οἷς ἀνείργουσι τὸν ὄχλον διελάμβανον, ὡς ἀμυνούμενοι τοῖς κλάσμασι τοὺς (2) ἐπερχομένους. τῶν δ' ἀπωτέρω θαυμαζόντων τὰ γινόμενα καὶ πυνθανομένων, Τιβέριος ἥψατο τῇ χειρὶ τῆς κεφαλῆς, ἐνδεικνύμενος τῇ ὄψει τὸν κίνδυνον, ἐπεὶ τῆς φωνῆς οὐκ (3) ἐπήκουον. οἱ δ' ἐναντίοι τοῦτ' ἰδόντες, ἔθεον πρὸς τὴν βουλὴν ἀπαγγέλλοντες αἰτεῖν διάδημα τὸν Τιβέριον· καὶ τούτου σημεῖον εἶναι τὸ τῆς κεφαλῆς ἐπιθιγγάνειν. πάντες μὲν οὖν ἐθορυβήθησαν· δὲ Νασικᾶς ἠξίου τὸν ὕπατον τῇ (4) πόλει βοηθεῖν καὶ καταλύειν τὸν τύραννον. ἀποκριναμένου δὲ πράως ἐκείνου, βίας μὲν οὐδεμιᾶς ὑπάρξειν οὐδ' ἀναιρήσειν οὐδένα τῶν πολιτῶν ἄκριτον· εἰ μέντοι ψηφίσαιτό τι τῶν παρανόμων δῆμος ὑπὸ τοῦ Τιβερίου (5) πεισθεὶς βιασθείς, τοῦτο κύριον μὴ φυλάξειν, ἀναπηδήσας Νασικᾶς "ἐπεὶ τοίνυν" ἔφη "προδίδωσιν ἄρχων τὴν πόλιν, οἱ βουλόμενοι τοῖς νόμοις βοηθεῖν ἀκολουθεῖτε." καὶ ταῦτα λέγων ἅμα καὶ τὸ κράσπεδον τοῦ ἱματίου θέμενος ἐπὶ τῆς κεφαλῆς, ἐχώρει πρὸς τὸ (6) Καπετώλιον. ἕκαστος δὲ τῶν ἑπομένων αὐτῷ τῇ χειρὶ τὴν τήβεννον περιελίξας ἐώθει τοὺς ἐμποδών, οὐδενὸς ἐνισταμένου πρὸς τὸ ἀξίωμα τῶν ἀνδρῶν, ἀλλὰ φευγόντων καὶ πατούντων ἀλλήλους. οἱ μὲν οὖν περὶ αὐτοὺς (8) ῥόπαλα καὶ σκυτάλας ἐκόμιζον οἴκοθεν· αὐτοὶ δὲ τῶν δίφρων καταγνυμένων ὑπὸ τοῦ φεύγοντος ὄχλου τὰ κλάσματα καὶ τοὺς πόδας λαμβάνοντες ἀνέβαινον ἐπὶ τὸν (9) Τιβέριον, ἅμα παίοντες τοὺς προτεταγμένους. καὶ τούτων μὲν ἦν τροπὴ καὶ φόνος· αὐτοῦ δὲ τοῦ Τιβερίου φεύγοντος ἀντελάβετό τις τῶν ἱματίων. δὲ τὴν τήβεννον ἀφεὶς καὶ φεύγων ἐν τοῖς χιτῶσιν ἐσφάλη καὶ κατηνέχθη περί τινας (10) τῶν πρὸ αὐτοῦ πεπτωκότας. ἀνιστάμενον δ' αὐτὸν μὲν ἐμφανῶς καὶ πρῶτος εἰς τὴν κεφαλὴν πατάξας ποδὶ δίφρου Πόπλιος ἦν Σατυρήιος εἷς τῶν συναρχόντων· τῆς δὲ δευτέρας ἀντεποιεῖτο πληγῆς Λεύκιος Ῥοῦφος, ὡς ἐπὶ καλῷ τινι σεμνυνόμενος. τῶν δ' ἄλλων ἀπέθανον ὑπὲρ τριακοσίους ξύλοις καὶ λίθοις συγκοπέντες, σιδήρῳ δ' οὐδείς. [19] Tibérius ayant fait part de cet avis à ceux qui l'environnaient, ils ceignirent aussitôt leurs robes, brisèrent les demi-piques avec lesquelles les licteurs écartaient la foule, et en prirent les tronçons, pour se défendre contre ceux qui viendraient les assaillir. Ceux à qui leur éloignement n'avait pas permis d'entendre Tibérius surpris de tout ce qu'ils voyaient, en demandaient la cause. Alors Tibérius porta la main à sa tête, pour faire connaître par ce geste, à ceux qui ne pouvaient pas l'entendre, le danger qui le menaçait. XXIII. Ses ennemis n'eurent pas plutôt vu ce geste, que, courant au sénat, ils annoncèrent que Tibérius demandait le diadème; et ils en donnèrent pour preuve le mouvement qu'il avait fait de porter la main à sa tête. Cette nouvelle causa l'émotion la plus vive dans le sénat. Scipion Nasica requit le consul d'aller au secours de Rome, et d'abattre le tyran. Le consul lui répondit avec douceur qu'il ne donnerait pas l'exemple d'employer la violence, et qu'il ne ferait périr aucun citoyen qui n'aurait pas été jugé dans les formes. Si le peuple, ajouta-t-il, ou gagné ou forcé par Tibérius, rend quelque ordonnance qui soit contraire aux lois, je ne la ratifierai pas. » Alors Nasica s'élançant de sa place : « Puisque le premier magistrat, s'écria-t-il, trahit la république, que ceux qui veulent aller au secours des lois me suivent! En disant ces mots, il se couvre la tête d'un pan de sa robe, et marche au Capitole. Tous ceux dont il est suivi, s'enveloppant le bras de leur robe, poussent tous ceux qui se trouvent devant eux, sans que personne leur oppose la moindre résistance : frappés de la dignité de ces personnages, ils prennent la fuite, et se renversent les uns sur les autres. Les gens de la suite de ces sénateurs étaient armés de massues et de gros bâtons qu'ils avaient pris dans leurs maisons; et leurs maîtres, saisissant les débris et les pieds des bancs que la foule avait rompus dans sa fuite, montaient vers Tibérius, en frappant tous ceux qui lui faisaient un rempart de leur corps; il y en eut plusieurs de tués, et tous les autres prirent la fuite. XXIV. Tibérius ayant pris lui-même le parti de s'enfuir, fut saisi par sa robe; il la laissa entre les mains de celui qui le retenait; et comme il fuyait en simple tunique, il fit un faux pas, et tomba sur ceux qui étaient renversés devant lui. Dans le moment où il se relevait, un de ses collègues, Publius Saturéius, le frappa le premier sur la tête, au vu de tout le monde, avec le pied d'un banc; le second coup lui fut porté par Lucius Rufus, qui s'en vanta depuis comme d'une belle action. Parmi les autres partisans de Tibérius, il y en eut plus de trois cents qui furent assommés à coups de bâtons et de pierres.


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Dernière mise à jour : 6/09/2007