| [29] 8. Ἐπὶ τούτοις τοῦ δήμου μεγαλύνοντος αὐτὸν καὶ πᾶν
ὁτιοῦν ἑτοίμως ἔχοντος ἐνδείκνυσθαι πρὸς εὔνοιαν, ἔφη ποτὲ
δημηγορῶν αὐτὸς αἰτήσειν χάριν, ἣν λαβὼν μὲν ἀντὶ παντὸς
ἕξειν, εἰ δ' ἀποτύχοι, μηδὲν ἐκείνοις μεμψιμοιρήσειν. τοῦτο
ῥηθὲν ἔδοξεν αἴτησις ὑπατείας εἶναι, καὶ προσδοκίαν πᾶσιν ὡς
ἅμα μὲν ὑπα(2)τείαν, ἅμα δὲ δημαρχίαν μετιὼν παρέσχεν.
ἐνστάντων δὲ τῶν ὑπατικῶν ἀρχαιρεσιῶν καὶ μετεώρων ὄντων
ἁπάντων, ὤφθη Γάιον Φάννιον κατάγων εἰς τὸ πεδίον καὶ
συναρχαιρεσιάζων ἐκείνῳ μετὰ τῶν φίλων. τοῦτο ῥοπὴν
ἤνεγκε τῷ Φαννίῳ μεγάλην, κἀκεῖνος μὲν ὕπατος, Γάιος δὲ
δήμαρχος ἀπεδείχθη τὸ δεύτερον, οὐ παραγγέλλων οὐδὲ
μετιών, ἀλλὰ τοῦ δήμου (3) σπουδάσαντος. ἐπεὶ δ' ἑώρα τὴν μὲν
σύγκλητον ἐχθρὰν ἄντικρυς, ἀμβλὺν δὲ τῇ πρὸς αὐτὸν εὐνοίᾳ
τὸν Φάννιον, αὖθις ἑτέροις νόμοις ἀπηρτήσατο τὸ πλῆθος,
ἀποικίας μὲν εἰς Τάραντα καὶ Καπύην πέμπεσθαι γράφων,
καλῶν δ' ἐπὶ κοινωνίᾳ πολιτείας τοὺς Λατίνους.
(4) Ἡ δὲ βουλὴ δείσασα μὴ παντάπασιν ἄμαχος γένηται,
καινὴν καὶ ἀσυνήθη πεῖραν ἐπῆγε τοῖς πολλοῖς ἀποτροπῆς,
ἀντιδημαγωγοῦσα καὶ χαριζομένη παρὰ τὸ βέλτι(5)στον. ἦν
γὰρ εἷς τῶν τοῦ Γαΐου συναρχόντων Λίβιος Δροῦσος, ἀνὴρ οὔτε
γεγονώς τινος Ῥωμαίων οὔτε τεθραμμένος χεῖρον, ἤθει δὲ καὶ
λόγῳ καὶ πλούτῳ (ἐν) τοῖς μάλιστα τιμωμένοις καὶ δυναμένοις
ἀπὸ τούτων (6) ἐνάμιλλος. ἐπὶ τοῦτον (μὲν) οὖν οἱ
γνωριμώτατοι τρέπονται, καὶ παρεκάλουν αὐτὸν ἅψασθαι τοῦ
Γαΐου καὶ μετ' αὐτῶν ἐπὶ τὸν ἄνδρα συστῆναι, μὴ βιαζόμενον
μηδ' ἀντικρούοντα τοῖς πολλοῖς, ἀλλὰ πρὸς ἡδονὴν ἄρχοντα
καὶ χαριζόμενον ὑπὲρ ὧν καὶ ἀπεχθάνεσθαι καλῶς εἶχεν.
| [29] XXXVII. Comme il vit que le peuple le comblait de louange pour tous ces travaux,
et paraissait disposé à lui donner toutes les preuves de bienveillance qu'il pourrait
désirer, il dit un jour, dans une de ses harangues publiques, qu'il avait à demander
au peuple une seule grâce, dont l'obtention lui tiendrait lieu de tout, et dont le refus
n'exciterait de sa part aucune plainte. Tout le monde crut qu'il allait demander le
consulat; on imagina même qu'il voulait le réunir avec la charge de tribun : mais le
jour des comices consulaires, au milieu de l'attente générale il parut au Champ de
Mars, menant Fannius par la main, et, secondé de tous ses amis, il sollicita pour lui
le consulat. Cette brigue emporta la grande pluralité des suffrages; Fannius fut élu
consul, et Caïus nommé tribun du peuple pour la seconde fois, sans, l'avoir ni
sollicité ni demandé, et par le seul effet de l'affection du peuple. Mais voyant que le
sénat ne dissimulait plus sa haine contre lui, que le consul Fannius lui-même se
refroidissait à son égard, il rechercha de nouveau, par d'autres lois, la faveur du
peuple : il proposa d'envoyer des colonies à Tarente et à Capoue, et d'étendre à tous
les peuples latins le droit de bourgeoisie. XXXVIII. Le sénat, craignant qu'il n'acquît
enfin un pouvoir qui le rendait invincible, essaya un moyen nouveau, et jusqu'alors
sans exemple, de détourner la faveur du pepple : ce fut de flatter à son tour la
multitude et de chercher à lui complaire dans les choses même les moins justes.
Parmi les collègues de Caïus était Livius Drusus, qui, par la bonté de son naturel et
l'excellente éducation qu'il avait reçue, n'était inférieur à aucun des Romains, et qui,
par son éloquence et par ses richesses, pouvait le disputer aux plus puissants et aux
plus estimés d'entre eux. Les principaux de Rome, s'adressant à lui, le conjurent de
s'opposer à Caïus, et de s'unir avec eux contre lui, non en cherchant à forcer
l'inclination du peuple ou en résistant à ses volontés, mais en employant toute
l'autorité de sa charge à lui complaire, à lui accorder des choses dont le refus aurait
pu attirer la haine à celui qui l'aurait fait, mais eût été bien plus honorable pour lui.
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