| [39] 18. Οὗτος μέντοι πρῶτος ἐξουσίᾳ δικτάτορος ἐν
ὑπατείᾳ χρησάμενος, καὶ κατακτείνας ἀκρίτους ἐπὶ τρισχιλίοις
πολίταις Γάϊον Γράγχον καὶ Φούλβιον Φλάκκον, ὧν ὁ μὲν ἦν
ὑπατικὸς καὶ θριαμβικός, ὁ δὲ τῆς καθ' αὑτὸν ἡλικίας ἀρετῇ καὶ
δόξῃ πεπρωτευκώς, οὐκ ἀπέσχετο κλοπῆς, ἀλλὰ πεμφθεὶς ὡς
Ἰουγούρθαν τὸν Νομάδα (2) πρεσβευτής, διεφθάρη χρήμασιν
ὑπ' αὐτοῦ· καὶ δίκην ὀφλὼν αἰσχίστην δωροδοκίας, ἐν ἀτιμίᾳ
κατεγήρασε, μισούμενος καὶ προπηλακιζόμενος ὑπὸ τοῦ
δήμου, παρ' αὐτὰ μὲν τὰ πραχθέντα ταπεινοῦ γενομένου καὶ
συσταλέντος, ὀλίγῳ δ' ὕστερον ἐκφήναντος, ὅσον εἶχεν ἱμέρου
(3) καὶ πόθου τῶν Γράγχων. εἰκόνας τε γὰρ αὐτῶν
ἀναδείξαντες ἐν φανερῷ προὐτίθεντο, καὶ τοὺς τόπους ἐν οἷς
ἐφονεύθησαν ἀφιερώσαντες, ἀπήρχοντο μὲν ὧν ὧραι φέρουσι
πάντων, ἔθυον δὲ καθ' ἡμέραν πολλοὶ καὶ προσέπιπτον, ὥσπερ
θεῶν ἱεροῖς ἐπιφοιτῶντες.
| [39] Opimius fut le premier Romain qui porta dans le consulat
toute l'autorité de la dictature, en faisant mourir, sans aucune des
formalités de la justice, trois mille citoyens, et avec eux Caïus Gracchus et Fulvius :
l'un, personnage consulaire, honoré du triomphe; l'autre, jeune encore, et supérieur
à tous ceux de son âge par sa gloire et par sa vertu. Mais Opimius finit lui-même par
prévariquer : envoyé en ambassade vers Jugurtha, il se laissa corrompre à prix
d'argent; et, condamné pour ce crime par la sentence la plus flétrissante, il vieillit
dans l'ignominie, objet de la haine et du mépris du peuple, que la cruauté de ce
consul avait jeté dans l'abattement et dans la consternation. LI. Mais le peùple ne
tarda pas à faire connaître tout le regret que lui causait la mort des Gracques; il leur
fit faire des statues qui furent exposées publiquement; il consacra les lieux où ils
avaient péri, et il allait y porter les prémices des fruits de chaque saison. Un grand
nombre même d'entre eux y offraient chaque jour des sacrifices, et s'y acquittaient
des mêmes devoirs religieux que dans les temples.
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