| [1] Μάρκῳ δὲ Κάτωνί φασιν ἀπὸ Τούσκλου τὸ γένος
εἶναι, δίαιταν δὲ καὶ βίον ἔχειν πρὸ τῶν στρατειῶν καὶ
τῆς πολιτείας ἐν χωρίοις πατρῴοις περὶ τοὺς Σαβίνους.
τῶν δὲ προγόνων παντάπασιν ἀγνώστων γεγονέναι δοκούντων
αὐτὸς ὁ Κάτων καὶ τὸν πατέρα Μᾶρκον ὡς
ἀγαθὸν ἄνδρα καὶ στρατιωτικὸν ἐπαινεῖ, καὶ Κάτωνα
τὸν πρόπαππον ἀριστείων πολλάκις τυχεῖν φησι καὶ πέντε
πολεμιστὰς ἵππους ἐν μάχαις ἀποβαλόντα τὴν τιμὴν
ἀπολαβεῖν ἐκ τοῦ δημοσίου δι´ ἀνδραγαθίαν. εἰωθότων
δὲ τῶν Ῥωμαίων τοὺς ἀπὸ γένους μὲν δόξαν οὐκ ἔχοντας,
ἀρχομένους δὲ γνωρίζεσθαι δι´ αὑτῶν, καινοὺς προσαγορεύειν
ἀνθρώπους, ὥσπερ καὶ τὸν Κάτωνα προσηγόρευον,
αὐτὸς ἔλεγε καινὸς εἶναι πρὸς ἀρχὴν καὶ δόξαν,
ἔργοις δὲ προγόνων καὶ ἀρεταῖς παμπάλαιος. ἐκαλεῖτο
δὲ τῷ τρίτῳ τῶν ὀνομάτων πρότερον οὐ Κάτων,
ἀλλὰ Πρῖσκος, ὕστερον δὲ τὸν Κάτωνα τῆς δυνάμεως
ἐπώνυμον ἔσχε· Ῥωμαῖοι γὰρ τὸν ἔμπειρον κάτον ὀνομάζουσιν.
ἦν δὲ τὸ μὲν εἶδος ὑπόπυρρος καὶ γλαυκός,
ὡς ὁ ποιήσας τὸ ἐπιγραμμάτιον οὐκ εὐμενῶς παρεμφαίνει·
πυρρόν, πανδακέτην, γλαυκόμματον, οὐδὲ θανόντα
Πόρκιον εἰς ἀίδην Φερσεφόνη δέχεται.
τὴν δὲ τοῦ σώματος ἕξιν, αὐτουργίᾳ καὶ διαίτῃ σώφρονι
καὶ στρατείαις ἀπ´ ἀρχῆς συντρόφου γεγονότος, πάνυ
χρηστικὴν εἶχε καὶ πρὸς ἰσχὺν καὶ πρὸς ὑγίειαν ὁμαλῶς
συνεστῶσαν. τὸν δὲ λόγον ὥσπερ δεύτερον σῶμα καὶ
τῶν καλῶν μονονοὺκ ἀναγκαῖον ὄργανον ἀνδρὶ μὴ ταπεινῶς
βιωσομένῳ μηδ´ ἀπράκτως ἐξηρτύετο καὶ παρεσκεύαζεν,
ἐν ταῖς περιοικίσι κώμαις καὶ τοῖς πολιχνίοις
ἑκάστοτε συνδικῶν τοῖς δεομένοις καὶ πρῶτον ἀγωνιστὴς
εἶναι δοκῶν πρόθυμος, εἶτα καὶ ῥήτωρ ἱκανός.
Ἐκ δὲ τούτου μᾶλλον τοῖς χρωμένοις κατεφαίνετο βάρος
τι καὶ φρόνημα περὶ αὐτὸν ἤθους, πραγμάτων μεγάλων
καὶ πολιτείας δεόμενον ἡγεμονικῆς. οὐ γὰρ μόνον
ὡς ἔοικε μισθαρνίας καθαρὸν αὑτὸν ἐπὶ τὰς δίκας καὶ
τοὺς ἀγῶνας παρεῖχεν, ἀλλ´ οὐδὲ τὴν δόξαν ὡς μέγιστον
ἀγαπῶν ἐφαίνετο τὴν ἀπὸ τῶν τοιούτων ἀγώνων, πολὺ
δὲ μᾶλλον ἐν ταῖς μάχαις ταῖς πρὸς τοὺς πολεμίους καὶ
ταῖς στρατείαις βουλόμενος εὐδοκιμεῖν, ἔτι μειράκιον ὢν
τραυμάτων τὸ σῶμα μεστὸν ἐναντίων εἶχε. φησὶ γὰρ αὐτὸς
ἑπτακαίδεκα γεγονὼς ἔτη τὴν πρώτην στρατεύσασθαι
στρατείαν, περὶ ὃν Ἀννίβας χρόνον εὐτυχῶν ἐπέφλεγε
τὴν Ἰταλίαν. παρεῖχε δ´ αὑτὸν ἐν ταῖς μάχαις τῇ
μὲν χειρὶ πλήκτην, τῷ δὲ ποδὶ μόνιμον καὶ βέβαιον,
γαῦρον δὲ τῷ προσώπῳ· λόγου δ´ ἀπειλῇ καὶ τραχύτητι
φωνῆς πρὸς τοὺς πολεμίους ἐχρῆτο, ὀρθῶς καὶ διανοούμενος
καὶ διδάσκων ὅτι πολλάκις τὰ τοιαῦτα τοῦ ξίφους
μᾶλλον καταπλήττεται τὸν ἐναντίον. ἐν δὲ ταῖς πορείαις
αὐτὸς ἐβάδιζε φέρων τὰ ὅπλα, καὶ θεράπων εἷς εἵπετο
τὰ πρὸς τὴν δίαιταν αὐτῷ κομίζων, ᾧ λέγεται μηδέποτε
δυσκολᾶναι μηδὲ μέμψασθαι παραθέντος ἄριστον ἢ δεῖπνον,
ἀλλὰ καὶ συλλαμβάνειν αὐτὸς τὰ πλεῖστα καὶ συμπαρασκευάζειν
ἀπὸ τῶν στρατιωτικῶν γενόμενος ἔργων.
ὕδωρ δ´ ἔπινεν ἐπὶ στρατείας, πλὴν εἴποτε διψήσας περιφλεγῶς
ὄξος αἰτήσειεν ἢ τῆς ἰσχύος ἐνδιδούσης ἐπιλάβοι
μικρὸν οἰνάριον.
| [1] I. M. Caton était, dit-on, originaire de Tusculum,
mais il eut sa résidence et vécut, avant ses campagnes
et sa carrière politique, dans les propriétés de son père
en Sabine. Ses aïeux passaient pour absolument inconnus;
Caton lui-même vante cependant son père Marcus comme
un homme de bien et un brave soldat; de plus, il affirme
que son bisaïeul Caton obtint plusieurs fois le prix du
courage et qu'ayant perdu cinq chevaux de guerre dans
les combats, il en reçut la valeur sur le trésor public, en
récompense de sa bravoure. Les Romains ayant coutume
d'appeler hommes nouveaux ceux qui, sans devoir de
renom à leur naissance, commençaient à se faire connaître
par eux-mêmes, ils donnaient aussi ce nom à Caton. Lui,
toutefois, disait qu'il était personnellement nouveau
quant à l'exercice des magistratures et à la gloire, mais
que, par les exploits et les vertus de ses ancêtres, il était
tout à fait ancien. Il s'appelait autrefois, du troisième
de ses noms, Priscus, et non Caton; mais, par la suite, il
dut le surnom de Caton à son talent, car les Romains
appellent l'homme habile "catus". Pour son extérieur, ses
cheveux tiraient sur le roux, et il avait les yeux bleus,
comme le fait voir avec malveillance l'auteur de cette
épigramme : « Ce roux, qui mord tout le monde et qui a
les yeux bleus, Porcius, même quand il est mort, Proserpine
ne l'admet pas dans le Tartare. » Sa constitution,
affermie dès les débuts par le travail, un régime tempéré
et les campagnes, se prêtait à toute espèce d'activité et
n'avait pas plus à désirer sous le rapport de la force que
de la santé. Quant à son éloquence, qu'il regardait comme
un second corps, instrument du bien, et pas seulement du
nécessaire, pour un homme qui ne voulait pas vivre dans
la bassesse ni dans l'inaction, il l'exerçait et s'y entraînait
dans les bourgades et les petites villes voisines. Il assistait
chaque fois en justice ceux qui le lui demandaient, et il
se fit ainsi connaître d'abord comme plaideur zélé, puis
comme orateur capable. Cette activité faisait éclater
davantage, aux yeux des bénéficiaires de son appui, la
gravité et l'élévation de son caractère, qui exigeaient,
pour être mises dans tout leur jour, de grandes affaires
et un rôle de chef. Car non seulement, à ce que l'on sait,
il se montrait désintéressé matériellement dans les
procès et les débats; mais on voyait bien que même la
gloire de ce genre de luttes, il ne l'escomptait pas comme
un très grand avantage; il voulait plutôt s'illustrer dans
les combats contre l'ennemi et les expéditions; aussi,
étant encore adolescent, il avait le corps criblé de blessures
reçues en face. Car il dit lui-même avoir fait sa
première campagne à dix-sept ans, au temps où les
succès d'Hannibal embrasaient l'Italie. Il se montrait,
dans les combats, habile à frapper de la main, persévérant
et solide sur ses pieds, imposant par son aspect. Il menaçait
les ennemis d'un ton tranchant, jugeant avec raison
et prouvant par son exemple que souvent les procédés
de ce genre abattent l'adversaire mieux que l'épée. Dans
les marches il allait, portant lui-même ses armes et suivi
d'un seul serviteur, chargé de ses provisions. Jamais,
dit-on, il ne se fâcha contre cet homme ou ne lui fit
de reproches sur le déjeuner ou le dîner servi; même, il
partageait avec lui la plupart des besognes et des préparatifs,
une fois débarrassé des travaux militaires. Il
buvait de l'eau en campagne, sauf qu'il lui arriva parfois,
dévoré par la soif, de réclamer du vinaigre, ou, si la
force lui manquait, un petit vin.
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