HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie de Caton

Chapitre 1

  Chapitre 1

[0] ΜΑΡΚΟΣ ΚΑΤΩΝ [0] M. CATON (234-149 av. J.-C.)
[1] Μάρκῳ δὲ Κάτωνί φασιν ἀπὸ Τούσκλου τὸ γένος εἶναι, δίαιταν δὲ καὶ βίον ἔχειν πρὸ τῶν στρατειῶν καὶ τῆς πολιτείας ἐν χωρίοις πατρῴοις περὶ τοὺς Σαβίνους. τῶν δὲ προγόνων παντάπασιν ἀγνώστων γεγονέναι δοκούντων αὐτὸς Κάτων καὶ τὸν πατέρα Μᾶρκον ὡς ἀγαθὸν ἄνδρα καὶ στρατιωτικὸν ἐπαινεῖ, καὶ Κάτωνα τὸν πρόπαππον ἀριστείων πολλάκις τυχεῖν φησι καὶ πέντε πολεμιστὰς ἵππους ἐν μάχαις ἀποβαλόντα τὴν τιμὴν ἀπολαβεῖν ἐκ τοῦ δημοσίου δι´ ἀνδραγαθίαν. εἰωθότων δὲ τῶν Ῥωμαίων τοὺς ἀπὸ γένους μὲν δόξαν οὐκ ἔχοντας, ἀρχομένους δὲ γνωρίζεσθαι δι´ αὑτῶν, καινοὺς προσαγορεύειν ἀνθρώπους, ὥσπερ καὶ τὸν Κάτωνα προσηγόρευον, αὐτὸς ἔλεγε καινὸς εἶναι πρὸς ἀρχὴν καὶ δόξαν, ἔργοις δὲ προγόνων καὶ ἀρεταῖς παμπάλαιος. ἐκαλεῖτο δὲ τῷ τρίτῳ τῶν ὀνομάτων πρότερον οὐ Κάτων, ἀλλὰ Πρῖσκος, ὕστερον δὲ τὸν Κάτωνα τῆς δυνάμεως ἐπώνυμον ἔσχε· Ῥωμαῖοι γὰρ τὸν ἔμπειρον κάτον ὀνομάζουσιν. ἦν δὲ τὸ μὲν εἶδος ὑπόπυρρος καὶ γλαυκός, ὡς ποιήσας τὸ ἐπιγραμμάτιον οὐκ εὐμενῶς παρεμφαίνει· πυρρόν, πανδακέτην, γλαυκόμματον, οὐδὲ θανόντα Πόρκιον εἰς ἀίδην Φερσεφόνη δέχεται. τὴν δὲ τοῦ σώματος ἕξιν, αὐτουργίᾳ καὶ διαίτῃ σώφρονι καὶ στρατείαις ἀπ´ ἀρχῆς συντρόφου γεγονότος, πάνυ χρηστικὴν εἶχε καὶ πρὸς ἰσχὺν καὶ πρὸς ὑγίειαν ὁμαλῶς συνεστῶσαν. τὸν δὲ λόγον ὥσπερ δεύτερον σῶμα καὶ τῶν καλῶν μονονοὺκ ἀναγκαῖον ὄργανον ἀνδρὶ μὴ ταπεινῶς βιωσομένῳ μηδ´ ἀπράκτως ἐξηρτύετο καὶ παρεσκεύαζεν, ἐν ταῖς περιοικίσι κώμαις καὶ τοῖς πολιχνίοις ἑκάστοτε συνδικῶν τοῖς δεομένοις καὶ πρῶτον ἀγωνιστὴς εἶναι δοκῶν πρόθυμος, εἶτα καὶ ῥήτωρ ἱκανός. Ἐκ δὲ τούτου μᾶλλον τοῖς χρωμένοις κατεφαίνετο βάρος τι καὶ φρόνημα περὶ αὐτὸν ἤθους, πραγμάτων μεγάλων καὶ πολιτείας δεόμενον ἡγεμονικῆς. οὐ γὰρ μόνον ὡς ἔοικε μισθαρνίας καθαρὸν αὑτὸν ἐπὶ τὰς δίκας καὶ τοὺς ἀγῶνας παρεῖχεν, ἀλλ´ οὐδὲ τὴν δόξαν ὡς μέγιστον ἀγαπῶν ἐφαίνετο τὴν ἀπὸ τῶν τοιούτων ἀγώνων, πολὺ δὲ μᾶλλον ἐν ταῖς μάχαις ταῖς πρὸς τοὺς πολεμίους καὶ ταῖς στρατείαις βουλόμενος εὐδοκιμεῖν, ἔτι μειράκιον ὢν τραυμάτων τὸ σῶμα μεστὸν ἐναντίων εἶχε. φησὶ γὰρ αὐτὸς ἑπτακαίδεκα γεγονὼς ἔτη τὴν πρώτην στρατεύσασθαι στρατείαν, περὶ ὃν Ἀννίβας χρόνον εὐτυχῶν ἐπέφλεγε τὴν Ἰταλίαν. παρεῖχε δ´ αὑτὸν ἐν ταῖς μάχαις τῇ μὲν χειρὶ πλήκτην, τῷ δὲ ποδὶ μόνιμον καὶ βέβαιον, γαῦρον δὲ τῷ προσώπῳ· λόγου δ´ ἀπειλῇ καὶ τραχύτητι φωνῆς πρὸς τοὺς πολεμίους ἐχρῆτο, ὀρθῶς καὶ διανοούμενος καὶ διδάσκων ὅτι πολλάκις τὰ τοιαῦτα τοῦ ξίφους μᾶλλον καταπλήττεται τὸν ἐναντίον. ἐν δὲ ταῖς πορείαις αὐτὸς ἐβάδιζε φέρων τὰ ὅπλα, καὶ θεράπων εἷς εἵπετο τὰ πρὸς τὴν δίαιταν αὐτῷ κομίζων, λέγεται μηδέποτε δυσκολᾶναι μηδὲ μέμψασθαι παραθέντος ἄριστον δεῖπνον, ἀλλὰ καὶ συλλαμβάνειν αὐτὸς τὰ πλεῖστα καὶ συμπαρασκευάζειν ἀπὸ τῶν στρατιωτικῶν γενόμενος ἔργων. ὕδωρ δ´ ἔπινεν ἐπὶ στρατείας, πλὴν εἴποτε διψήσας περιφλεγῶς ὄξος αἰτήσειεν τῆς ἰσχύος ἐνδιδούσης ἐπιλάβοι μικρὸν οἰνάριον. [1] I. M. Caton était, dit-on, originaire de Tusculum, mais il eut sa résidence et vécut, avant ses campagnes et sa carrière politique, dans les propriétés de son père en Sabine. Ses aïeux passaient pour absolument inconnus; Caton lui-même vante cependant son père Marcus comme un homme de bien et un brave soldat; de plus, il affirme que son bisaïeul Caton obtint plusieurs fois le prix du courage et qu'ayant perdu cinq chevaux de guerre dans les combats, il en reçut la valeur sur le trésor public, en récompense de sa bravoure. Les Romains ayant coutume d'appeler hommes nouveaux ceux qui, sans devoir de renom à leur naissance, commençaient à se faire connaître par eux-mêmes, ils donnaient aussi ce nom à Caton. Lui, toutefois, disait qu'il était personnellement nouveau quant à l'exercice des magistratures et à la gloire, mais que, par les exploits et les vertus de ses ancêtres, il était tout à fait ancien. Il s'appelait autrefois, du troisième de ses noms, Priscus, et non Caton; mais, par la suite, il dut le surnom de Caton à son talent, car les Romains appellent l'homme habile "catus". Pour son extérieur, ses cheveux tiraient sur le roux, et il avait les yeux bleus, comme le fait voir avec malveillance l'auteur de cette épigramme : « Ce roux, qui mord tout le monde et qui a les yeux bleus, Porcius, même quand il est mort, Proserpine ne l'admet pas dans le Tartare. » Sa constitution, affermie dès les débuts par le travail, un régime tempéré et les campagnes, se prêtait à toute espèce d'activité et n'avait pas plus à désirer sous le rapport de la force que de la santé. Quant à son éloquence, qu'il regardait comme un second corps, instrument du bien, et pas seulement du nécessaire, pour un homme qui ne voulait pas vivre dans la bassesse ni dans l'inaction, il l'exerçait et s'y entraînait dans les bourgades et les petites villes voisines. Il assistait chaque fois en justice ceux qui le lui demandaient, et il se fit ainsi connaître d'abord comme plaideur zélé, puis comme orateur capable. Cette activité faisait éclater davantage, aux yeux des bénéficiaires de son appui, la gravité et l'élévation de son caractère, qui exigeaient, pour être mises dans tout leur jour, de grandes affaires et un rôle de chef. Car non seulement, à ce que l'on sait, il se montrait désintéressé matériellement dans les procès et les débats; mais on voyait bien que même la gloire de ce genre de luttes, il ne l'escomptait pas comme un très grand avantage; il voulait plutôt s'illustrer dans les combats contre l'ennemi et les expéditions; aussi, étant encore adolescent, il avait le corps criblé de blessures reçues en face. Car il dit lui-même avoir fait sa première campagne à dix-sept ans, au temps où les succès d'Hannibal embrasaient l'Italie. Il se montrait, dans les combats, habile à frapper de la main, persévérant et solide sur ses pieds, imposant par son aspect. Il menaçait les ennemis d'un ton tranchant, jugeant avec raison et prouvant par son exemple que souvent les procédés de ce genre abattent l'adversaire mieux que l'épée. Dans les marches il allait, portant lui-même ses armes et suivi d'un seul serviteur, chargé de ses provisions. Jamais, dit-on, il ne se fâcha contre cet homme ou ne lui fit de reproches sur le déjeuner ou le dîner servi; même, il partageait avec lui la plupart des besognes et des préparatifs, une fois débarrassé des travaux militaires. Il buvait de l'eau en campagne, sauf qu'il lui arriva parfois, dévoré par la soif, de réclamer du vinaigre, ou, si la force lui manquait, un petit vin.


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Dernière mise à jour : 1/09/2006