| [19] Οὐ μὴν ἀλλὰ τῶν ἐγκαλούντων ἐλάχιστα φροντίζων
ὁ Κάτων ἔτι μᾶλλον ἐπέτεινεν, ἀποκόπτων μὲν ὀχετοὺς
οἳ τὸ παραρρέον δημόσιον ὕδωρ ὑπολαμβάνοντες
ἀπῆγον εἰς οἰκίας ἰδίας καὶ κήπους, ἀνατρέπων δὲ καὶ
καταβάλλων ὅσα προὔβαινεν εἰς τὸ δημόσιον οἰκοδομήματα,
συστέλλων δὲ τοῖς μισθοῖς τὰς ἐργολαβίας, τὰ δὲ
τέλη ταῖς πράσεσιν ἐπὶ τὰς ἐσχάτας ἐλαύνων τιμάς.
ἀφ´ ὧν αὐτῷ πολὺ συνήχθη μῖσος. οἱ δὲ περὶ τὸν Τίτον
συστάντες ἐπ´ αὐτὸν ἔν τε τῇ βουλῇ τὰς γεγενημένας
ἐκδόσεις καὶ μισθώσεις τῶν ἱερῶν καὶ δημοσίων ἔργων
ἔλυσαν ὡς γεγενημένας ἀλυσιτελῶς, καὶ τῶν δημάρχων
τοὺς θρασυτάτους παρώξυναν ἐν δήμῳ προσκαλέσασθαι
τὸν Κάτωνα καὶ ζημιῶσαι δυσὶ ταλάντοις. πολλὰ δὲ καὶ
πρὸς τὴν τῆς βασιλικῆς κατασκευὴν ἠναντιώθησαν, ἣν
ἐκεῖνος ἐκ χρημάτων κοινῶν ὑπὸ τὸ βουλευτήριον τῇ
ἀγορᾷ παρέβαλε καὶ Πορκίαν βασιλικὴν προσηγόρευσεν.
Φαίνεται δὲ θαυμαστῶς ἀποδεξάμενος αὐτοῦ τὴν τιμητείαν
ὁ δῆμος. ἀνδριάντα γοῦν ἀναθεὶς ἐν τῷ ναῷ
τῆς Ὑγιείας ἐπέγραψεν οὐ τὰς στρατηγίας οὐδὲ τὸν
θρίαμβον τοῦ Κάτωνος, ἀλλ´ ὡς ἄν τις μεταφράσειε
τὴν ἐπιγραφήν, ‘ὅτι τὴν Ῥωμαίων πολιτείαν ἐγκεκλιμένην
καὶ ῥέπουσαν ἐπὶ τὸ χεῖρον τιμητὴς γενόμενος χρησταῖς
ἀγωγαῖς καὶ σώφροσιν ἐθισμοῖς καὶ διδασκαλίαις
εἰς ὀρθὸν αὖθις ἀποκατέστησε’. καίτοι πρότερον αὐτὸς
κατεγέλα τῶν ἀγαπώντων τὰ τοιαῦτα, καὶ λανθάνειν
αὐτοὺς ἔλεγεν ἐπὶ χαλκέων καὶ ζωγράφων ἔργοις μέγα
φρονοῦντας, αὐτοῦ δὲ καλλίστας εἰκόνας ἐν ταῖς ψυχαῖς
περιφέρειν τοὺς πολίτας· πρὸς δὲ τοὺς θαυμάζοντας, ὅτι
πολλῶν ἀδόξων ἀνδριάντας ἐχόντων ἐκεῖνος οὐκ ἔχει,
‘μᾶλλον γάρ’ ἔφη ‘βούλομαι ζητεῖσθαι, διὰ τί μου ἀνδριὰς
οὐ κεῖται ἢ διὰ τί κεῖται’. τὸ δ´ ὅλον οὐδ´ ἐπαινούμενον
ἠξίου τὸν ἀγαθὸν πολίτην ὑπομένειν, εἰ μὴ
τοῦτο χρησίμως γίνοιτο τῷ κοινῷ. καί τοι πλεῖστα
πάντων ἑαυτὸν ἐγκεκωμίακεν, ὅς γε καὶ τοὺς ἁμαρτάνοντάς
τι περὶ τὸν βίον, εἶτ´ ἐλεγχομένους λέγειν φησίν,
ὡς οὐκ ἄξιον ἐγκαλεῖν αὐτοῖς· οὐ γὰρ Κάτωνές εἰσι·
καὶ τοὺς ἔνια μιμεῖσθαι τῶν ὑπ´ αὐτοῦ πραττομένων οὐκ
ἐμμελῶς ἐπιχειροῦντας ἐπαριστέρους καλεῖσθαι Κάτωνας·
ἀφορᾶν δὲ τὴν βουλὴν πρὸς αὐτὸν ἐν τοῖς ἐπισφαλεστάτοις
καιροῖς ὥσπερ ἐν πλῷ πρὸς κυβερνήτην, καὶ
πολλάκις μὴ παρόντος ὑπερτίθεσθαι τὰ πλείστης ἄξια
σπουδῆς. ἃ δὴ παρὰ τῶν ἄλλων αὐτῷ μαρτυρεῖται· μέγα
γὰρ ἔσχεν ἐν τῇ πόλει καὶ διὰ τὸν βίον καὶ διὰ τὸν λόγον
καὶ διὰ τὸ γῆρας ἀξίωμα.
| [19] XIX. Cependant, sans se soucier des reproches le
moins du monde, Caton déployait encore plus d'énergie,
coupant les conduits qui détournaient l'eau de tout le
monde vers les maisons et les jardins des particuliers,
renversant et démolissant tous les bâtiments qui empiétaient
sur la voie publique, diminuant le bénéfice des
entreprises, poussant au plus haut prix l'adjudication
des fermes de l'État. Tout cela lui attira beaucoup de
haines. Les amis de T. Flamininus se soulevèrent contre
lui. Ils firent annuler par le Sénat les prises à ferme et les
adjudications des travaux relatifs au culte et à l'État,
comme de nul rapport, et ils excitèrent les plus audacieux
des tribuns de la plèbe à citer Caton devant le peuple et à
lui infliger une amende de deux talents. Ils s'opposèrent
aussi vivement à l'érection de la basilique Porcia, que
ce grand homme fit construire, aux frais de l'État, sur
le Forum, au bas de la curie. Mais, de toute évidence, le
peuple fit un accueil merveilleux à cette censure. En tout
cas, élevant une statue à Caton dans le temple d'Hygie,
il n'inscrivit pas sur le piédestal ses campagnes, ni son
triomphe, mais une phrase que l'on pourrait traduire
ainsi : « ...parce que, la république romaine déclinant
et penchant vers la ruine, Caton, nommé censeur, par
son excellente administration, les sages coutumes établies
et ses leçons, l'a redressée. » Et cependant lui-même,
autrefois, raillait les citoyens épris de ce genre d'hommages :
« A leur insu, disait-il, ces gens-là s'enorgueillissent
du travail des ouvriers en bronze et des peintres;
mes plus belles images, à moi, mes compatriotes les
portent dans leur âme. » Si l'on s'étonnait que, beaucoup
d'hommes illustres ayant leurs statues, lui-même n'en
eût pas, il répondait : « J'aime mieux que l'on demande
pourquoi je n'ai pas de statues que pourquoi j'en ai. »
En général, il voulait que le bon citoyen n'acceptât pas
même d'être loué, sauf si l'État tirait profit de ces éloges.
Cependant il se vante au plus haut point. Il affirme même
que les Romains coupables d'écarts de conduite s'excusaient
en disant : « Il n'est pas juste de nous faire des
reproches; car nous ne sommes pas des Caton ». Toujours
d'après lui, ceux qui entreprenaient d'imiter quelque
trait de sa vie mal à propos, étaient surnommés des
Catons gauches. Il dit enfin que le Sénat regardait de
son côté dans les circonstances les plus critiques, comme,
dans une traversée, on regarde le pilote, et que souvent,
en son absence, on remettait la discussion des affaires
qui exigeaient un examen approfondi. C'est d'ailleurs
le témoignage que les autres lui rendent; car il jouissait
d'une grande considération dans la ville à cause de sa
conduite, de son éloquence et de son âge.
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