HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie de Caton

Chapitre 3

  Chapitre 3

[3] Ἦν δέ τις ἀνὴρ εὐπατρίδης μὲν ἐν τοῖς μάλιστα Ῥωμαίων καὶ δυνατός, ἀρετὴν δὲ φυομένην μὲν αἰσθάνεσθαι δεινός, εὐμενὴς δὲ καὶ θρέψαι καὶ προαγαγεῖν εἰς δόξαν, Οὐαλέριος Φλάκκος. οὗτος εἶχεν ὁμοροῦντα χωρία τοῖς Κάτωνος, πυνθανόμενος δὲ τὴν αὐτουργίαν καὶ δίαιταν αὐτοῦ παρὰ τῶν οἰκετῶν καὶ θαυμάσας ἐξηγουμένων ὅτι πρωὶ μὲν εἰς ἀγορὰν βαδίζει καὶ παρίσταται τοῖς δεομένοις, ἐπανελθὼν δ´ εἰς τὸ χωρίον, ἂν μὲν χειμὼν ἐξωμίδα λαβών, θέρους δὲ γυμνὸς ἐργασάμενος μετὰ τῶν οἰκετῶν ἐσθίει τὸν αὐτὸν ἄρτον ὁμοῦ καθήμενος καὶ πίνει τὸν αὐτὸν οἶνον, ἄλλην τε πολλὴν ἐπιείκειαν αὐτοῦ καὶ μετριότητα καί τινας καὶ λόγους ἀποφθεγματικοὺς διαμνημονευόντων, ἐκέλευσε κληθῆναι πρὸς τὸ δεῖπνον. ἐκ δὲ τούτου χρώμενος καὶ κατανοῶν ἥμερον καὶ ἀστεῖον ἦθος, ὥσπερ φυτὸν ἀσκήσεως καὶ χώρας ἐπιφανοῦς δεόμενον, προετρέψατο καὶ συνέπεισεν ἅψασθαι τῆς ἐν Ῥώμῃ πολιτείας. κατελθὼν οὖν εὐθὺς τοὺς μὲν αὐτὸς ἐκτᾶτο θαυμαστὰς καὶ φίλους διὰ τῶν συνηγοριῶν, πολλὴν δὲ τοῦ Οὐαλερίου τιμήν τε καὶ δύναμιν αὐτῷ προστιθέντος, χιλιαρχίας ἔτυχε πρῶτον, εἶτ´ ἐταμίευσεν. ἐκ τούτου δὲ λαμπρὸς ὢν ἤδη καὶ περιφανής, αὐτῷ τῷ Οὐαλερίῳ πρὸς τὰς μεγίστας συνεξέδραμεν ἀρχάς, ὕπατός τε μετ´ ἐκείνου καὶ πάλιν τιμητὴς γενόμενος. Τῶν δὲ πρεσβυτέρων πολιτῶν Μαξίμῳ Φαβίῳ προσένειμεν ἑαυτόν, ἐνδοξοτάτῳ μὲν ὄντι καὶ μεγίστην ἔχοντι δύναμιν, μᾶλλον δὲ τὸν τρόπον αὐτοῦ καὶ τὸν βίον ὡς κάλλιστα παραδείγματα προθέμενος. διὸ καὶ Σκιπίωνι τῷ μεγάλῳ, νέῳ μὲν ὄντι τότε, πρὸς δὲ τὴν Φαβίου δύναμιν ἀνταίροντι καὶ φθονεῖσθαι δοκοῦντι, παρ´ οὐδὲν ἐποιήσατο γενέσθαι διάφορος, ἀλλὰ καὶ ταμίας αὐτῷ πρὸς τὸν ἐν Λιβύῃ συνεκπεμφθεὶς πόλεμον, ὡς ἑώρα τῇ συνήθει πολυτελείᾳ χρώμενον τὸν ἄνδρα καὶ καταχορηγοῦντα τοῖς στρατεύμασιν ἀφειδῶς τῶν χρημάτων, ἐπαρρησιάζετο πρὸς αὐτόν, οὐ τὸ τῆς δαπάνης μέγιστον εἶναι φάσκων, ἀλλ´ ὅτι διαφθείρει τὴν πάτριον εὐτέλειαν τῶν στρατιωτῶν, εἰς ἡδονὰς καὶ τρυφὰς τῷ περιόντι τῆς χρείας τρεπομένων. εἰπόντος δὲ τοῦ Σκιπίωνος ὡς οὐδὲν δέοιτο ταμίου λίαν ἀκριβοῦς πλησίστιος ἐπὶ τὸν πόλεμον φερόμενος, πράξεων γάρ, οὐ χρημάτων, τῇ πόλει λόγον ὀφείλειν, ἀπῆλθεν Κάτων ἐκ Σικελίας, καὶ μετὰ τοῦ Φαβίου καταβοῶν ἐν τῷ συνεδρίῳ φθοράν τε χρημάτων ἀμύθητον ὑπὸ τοῦ Σκιπίωνος καὶ διατριβὰς αὐτοῦ μειρακιώδεις ἐν παλαίστραις καὶ θεάτροις, ὥσπερ οὐ στρατηγοῦντος, ἀλλὰ πανηγυρίζοντος, ἐξειργάσατο πεμφθῆναι δημάρχους ἐπ´ αὐτὸν ἄξοντας εἰς Ῥώμην, ἄνπερ ἀληθεῖς αἱ κατηγορίαι φανῶσιν. μὲν οὖν Σκιπίων ἐν τῇ παρασκευῇ τοῦ πολέμου τὴν νίκην ἐπιδειξάμενος, καὶ φανεὶς ἡδὺς μὲν ἐπὶ σχολῆς συνεῖναι φίλοις, οὐδαμῇ δὲ τῷ φιλανθρώπῳ τῆς διαίτης εἰς τὰ σπουδαῖα καὶ μεγάλα ῥᾴθυμος, ἐξέπλευσεν ἐπὶ τὸν πόλεμον. [3] III. Or il y avait un patricien, l'un des mieux nés de Rome, et influent, qui savait reconnaître le mérite à ses débuts et montrait du zèle pour le mettre en état de se développer et de conduire à la gloire. Il s'appelait Valérius Flaccus. Il avait des propriétés contiguës à celles de Caton. Il apprit, par les serviteurs de celui-ci, son activité et son genre de vie. Il s'étonna de leur entendre expliquer que, le matin, Caton allait au Forum prêter son concours à ceux qui le demandaient, et que, de retour dans sa terre, il labourait, en période de mauvais temps, vêtu d'une simple tunique, et, en été, nu; qu'il mangeait le même pain et buvait le même vin que ses esclaves, assis à la même table. Il recueillit encore de leur bouche beaucoup d'autres exemples de sa tempérance et de sa modération, beaucoup de ses maximes. Il le fit inviter à dîner; ce fut l'origine de leurs relations. Il reconnut en lui un caractère doux et poli, qui, comme une plante, avait besoin de culture et du grand air. Il l'engagea donc à se mêler de la politique romaine et parvint à le convaincre. Dès que Caton fut à Rome, il s'y acquit des admirateurs et des amis par ses plaidoyers; mais, l'appui de Valérius lui valant un surcroît de considération et de crédit, il obtint d'abord le tribunat militaire; puis il fut questeur. Par la suite, étant désormais un personnage important et fort en vue, il brigua, avec Valérius lui-même, les plus hautes magistratures; il fut consul avec lui, et aussi censeur. Parmi les citoyens les plus âgés, il s'attacha à Fabius Maximus, qui était très illustre et avait une très grande influence; mais Caton appréciait surtout son caractère et sa vie, où il voyait de très beaux exemples; aussi n'hésita-t-il même pas à entrer en conflit avec le grand Scipion, qui, jeune alors, contre-carrait l'action de Fabius et paraissait l'envier. Même, envoyé comme questeur sous lui dans la guerre d'Afrique, lorsqu'il le voyait déployer son faste accoutumé et prodiguer l'argent à ses troupes, il ne se gênait pas pour l'en blâmer : « Ton plus grand tort, lui affirmait-il, n'est point de dépenser, mais de gâter la simplicité traditionnelle des soldats qui s'adonnent au plaisir et au luxe par suite de leur surabondance de ressources. » — « Je n'ai pas besoin, répondit Scipion, d'un questeur trop exact quand j'entre à toutes voiles dans la guerre; car je dois compte à l'État de mes actes, et non de mes dépenses. » Caton partit alors de Sicile; et, de concert avec Fabius, il se mit à crier contre les gaspillages incalculables de Scipion et ses passe-temps puérils, l'accusant de s'attarder dans les palestres et les théâtres comme un homme qui, au lieu d'exercer le commandement, ferait la fête. Il obtint, de la sorte, qu'on envoyât à Scipion des tribuns de la plèbe, chargés de le ramener à Rome si les accusations se vérifiaient. Dans ces conditions, Scipion leur fit voir que la victoire dépendait des préparatifs de guerre; et ils purent constater que si, aux heures de loisir, il était d'un commerce agréable pour ses amis, la bonne grâce de sa vie privée ne lui ôtait pas son énergie dans la conduite des affaires grandes et sérieuses; on le laissa donc partir {de Sicile} pour son expédition.


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Dernière mise à jour : 1/09/2006