| [33] (6) Ἣν τοίνυν πλείστοις ὁ Κάτων κεκόσμηκε καὶ
καλλίστοις ἐπαίνοις ἀεὶ σωφροσύνην, Ἀριστείδης μὲν ἄθικτον
ὡς ἀληθῶς καὶ καθαρὰν ἐτήρησεν, αὐτοῦ δὲ τοῦ
Κάτωνος ὁ παρ´ ἀξίαν ἅμα καὶ παρ´ ὥραν γάμος οὐ
μικρὰν οὐδὲ φαύλην εἰς τοῦτο διαβολὴν κατεσκέδασε.
πρεσβύτην γὰρ ἤδη τοσοῦτον ἐνηλίκῳ παιδὶ καὶ γυναικὶ
νύμφῃ παιδὸς ἐπιγῆμαι κόρην ὑπηρέτου καὶ δημοσιεύοντος
ἐπὶ μισθῷ πατρὸς οὐδαμῇ καλόν, ἀλλ´ εἴτε πρὸς
ἡδονὴν ταῦτ´ ἔπραξεν, εἴτ´ ὀργῇ διὰ τὴν ἑταίραν ἀμυνόμενος
τὸν υἱόν, αἰσχύνην ἔχει καὶ τὸ ἔργον καὶ ἡ πρόφασις.
ᾧ δ´ αὐτὸς ἐχρήσατο λόγῳ κατειρωνευόμενος τὸ
μειράκιον, οὐκ ἦν ἀληθής. εἰ γὰρ ἐβούλετο παῖδας ἀγαθοὺς
ὁμοίως τεκνῶσαι, γάμον ἔδει λαβεῖν γενναῖον ἐξ
ἀρχῆς σκεψάμενον, οὐχ ἕως μὲν ἐλάνθανεν ἀνεγγύῳ γυναικὶ
καὶ κοινῇ συγκοιμώμενος ἀγαπᾶν, ἐπεὶ δ´ ἐφωράθη,
ποιήσασθαι πενθερὸν ὃν ῥᾷστα πείσειν, οὐχ ᾧ κάλλιστα
κηδεύσειν ἔμελλεν.
| [33] VI. Quant à la retenue, que Caton a toujours comblée
des plus beaux éloges, Aristide l'a gardée réellement sans
atteinte et sans mélange. Mais le mariage de Caton,
disproportionné à son rang et à son âge, l'a rendu fort
suspect, et non sans raison, d'avoir manqué à cette
vertu. En effet, de la part d'un vieillard, donner pour
belle-mère à son fils, homme fait, et à la jeune femme de
celui-ci, la fille d'un domestique, d'un salarié du public,
cela n'est pas beau du tout. Qu'il l'ait fait par sensualité
ou par irritation contre son fils, après l'incident de la
concubine, l'acte en soi et son mobile sont honteux. La
raison qu'il donna ironiquement au jeune homme n'était
pas la bonne. Car, s'il voulait avoir des enfants qui
valussent son fils, il devait contracter un beau mariage
après y avoir réfléchi dès le début, et non pas se contenter,
tant que la dissimulation fut possible, d'avoir commerce
avec une femme illégitime et sans moeurs, pour arriver,
une fois pris en flagrant délit, à faire son beau-père de
l'homme dont le consentement était le plus facile à
obtenir, mais non l'alliance la plus honorable.
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